👨‍👩‍👧 Famille & Civil

Renonciation à une succession

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Modèle de déclaration de renonciation à une succession à adresser au greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture, accompagnant le formulaire Cerfa 15828.

Objet :
Adresser un courrier
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
13 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
Aller directement au modèle de lettre

Renoncer à une succession : dans quels cas et avec quels effets

À l'ouverture d'une succession, chaque héritier dispose d'un droit d'option prévu par l'article 768 du Code civil : il peut accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. La renonciation est le choix le plus protecteur lorsque le passif (dettes, emprunts, impôts impayés) dépasse manifestement l'actif du défunt, ou lorsque l'héritier ne souhaite tout simplement pas recueillir la succession. Elle ne se présume jamais : l'article 804 du Code civil impose une déclaration expresse. On ne devient donc pas renonçant par simple inaction.

L'effet de la renonciation est radical. Selon l'article 805 du Code civil, le renonçant est réputé n'avoir jamais été héritier. Il n'est tenu d'aucune dette ni charge de la succession (article 806 du Code civil) et ne reçoit aucun bien. Sa part revient à ses cohéritiers ou, à défaut, aux héritiers de rang subséquent. Attention toutefois : les enfants du renonçant peuvent venir à la succession par représentation (article 754 du Code civil) ; renoncer ne « purge » donc pas automatiquement la branche familiale, ce qui suppose parfois que chaque descendant renonce à son tour.

La procédure de déclaration

Pour être opposable aux tiers, la renonciation faite par un héritier universel ou à titre universel doit être déclarée au greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession, c'est-à-dire celui du dernier domicile du défunt. Depuis le 1er novembre 2017, elle peut également être reçue par un notaire ; ce dernier en adresse alors une copie au tribunal dans le délai d'un mois (article 1339 du Code de procédure civile).

Le formulaire et les pièces à fournir

Une personne majeure remplit le formulaire Cerfa n° 15828 (référence R2849), « Renonciation à succession par une personne majeure », disponible sur service-public.fr. La déclaration au greffe est gratuite ; un envoi en recommandé avec accusé de réception coûte le prix de l'affranchissement. Les pièces habituellement exigées sont :

  • la copie intégrale de l'acte de décès du défunt ;
  • une copie d'une pièce d'identité en cours de validité du renonçant ;
  • un justificatif du dernier domicile du défunt (afin de déterminer le tribunal compétent).

Le greffe délivre un récépissé attestant du dépôt : il convient de le conserver précieusement, car il fait foi de la renonciation auprès des créanciers et des autres héritiers.

Les délais à respecter

Aucun héritier ne peut être contraint d'opter pendant un délai de quatre mois à compter de l'ouverture de la succession (article 771 du Code civil). Passé ce délai, un créancier de la succession, un cohéritier, un héritier de rang subséquent ou l'État peut sommer l'héritier de prendre parti par acte extrajudiciaire ; celui-ci dispose alors de deux mois pour se décider, faute de quoi il est réputé acceptant pur et simple. En l'absence de toute sommation, le droit d'option se prescrit par dix ans (article 780 du Code civil) : au-delà, l'héritier qui n'a pas opté est réputé renonçant.

Erreurs fréquentes et précautions

  • Avoir accompli un acte d'héritier. Vendre un bien, encaisser un loyer ou prélever sur les comptes du défunt vaut acceptation tacite et interdit ensuite de renoncer. Tant que l'option n'est pas tranchée, il faut s'abstenir de tout acte de disposition sur les biens successoraux.
  • Confondre renonciation et acceptation à concurrence de l'actif net. Si l'on ignore l'ampleur réelle du passif, l'acceptation à concurrence de l'actif net (articles 787 et suivants du Code civil) peut être préférable : elle limite l'obligation aux dettes dans la limite de l'actif recueilli, sans renoncer totalement.
  • Oublier les frais funéraires. Le renonçant peut rester tenu, à proportion de ses moyens, des frais d'obsèques de son ascendant ou descendant (article 806 du Code civil).
  • Négliger la représentation. Comme indiqué, la renonciation peut faire « descendre » la part vers ses propres enfants ; il faut anticiper cette conséquence en famille.

Revenir sur sa décision et recours

La renonciation n'est pas toujours définitive. L'article 807 du Code civil autorise le renonçant à révoquer son choix et à accepter la succession, à deux conditions cumulatives : que la succession n'ait pas déjà été acceptée par un autre héritier, et que le délai de prescription de dix ans ne soit pas expiré. À l'inverse, une renonciation entachée d'un vice du consentement (erreur, dol) ou consentie sous l'effet d'une contrainte peut être contestée devant le tribunal judiciaire. En présence d'un patrimoine complexe, de dettes incertaines ou d'enjeux familiaux (présence de mineurs, indivision, donations antérieures), il est vivement recommandé de consulter un notaire ou un avocat avant de signer : un choix d'option mal évalué est difficile, voire impossible, à corriger une fois les délais écoulés.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse postale complète]
Né(e) le [Votre date de naissance] à [Votre lieu de naissance]

[Tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession]
[Adresse du greffe du tribunal]

À [Ville de signature], le [Date de signature]

Objet : déclaration de renonciation à la succession de [Nom et prénom du défunt]
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur le Greffier,

Par la présente, je déclare renoncer purement et simplement à la succession de [Nom et prénom du défunt], mon parent ([Votre lien de parenté avec le défunt]), décédé(e) le [Date du décès] à [Lieu du décès], et dont le dernier domicile était situé [Dernier domicile du défunt].

Cette renonciation est faite en application des articles 804 et suivants du Code civil. J'ai pris connaissance de ses effets : conformément à l'article 805 du Code civil, je suis réputé(e) n'avoir jamais été héritier(ère) et ne suis donc pas tenu(e) au paiement des dettes et charges de la succession.

Vous trouverez ci-joint le formulaire Cerfa n° 15828 dûment complété et signé, accompagné des pièces justificatives requises : la copie intégrale de l'acte de décès, la copie de ma pièce d'identité en cours de validité et un justificatif du dernier domicile du défunt.

Je vous remercie de bien vouloir enregistrer cette déclaration et de m'adresser le récépissé attestant de son dépôt.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Greffier, l'expression de ma considération distinguée.

[Vos nom et prénom]
Signature

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

⭐ Avis des utilisateurs

Aucun avis pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis sur ce modèle.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Où adresser sa déclaration de renonciation à une succession ?
La déclaration doit être adressée ou déposée au greffe du tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession, c'est-à-dire celui du dernier domicile du défunt. Depuis le 1er novembre 2017, elle peut aussi être reçue par un notaire, qui en transmet une copie au tribunal dans le mois qui suit.
Quel formulaire utiliser pour renoncer à une succession ?
Une personne majeure utilise le formulaire Cerfa n° 15828 (référence R2849), intitulé « Renonciation à succession par une personne majeure ». Il faut y joindre la copie intégrale de l'acte de décès, une copie d'une pièce d'identité en cours de validité et un justificatif du dernier domicile du défunt.
Dans quel délai faut-il renoncer à une succession ?
Aucun héritier ne peut être contraint de choisir pendant les 4 mois suivant le décès (article 771 du Code civil). Passé ce délai, un créancier, un cohéritier ou l'État peut le sommer d'opter ; il dispose alors de 2 mois. À défaut de sommation, le droit d'option se prescrit par 10 ans (article 780 du Code civil).
Peut-on revenir sur une renonciation à une succession ?
Oui, dans certaines limites. En application de l'article 807 du Code civil, l'héritier qui a renoncé peut revenir sur sa décision et accepter la succession, tant qu'elle n'a pas déjà été acceptée par un autre héritier et tant que le délai de 10 ans n'est pas expiré.