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Demande de partage de la succession aux cohéritiers

Adressez à vos cohéritiers une demande amiable de partage d'une succession indivise (art. 815 du Code civil), avec liste des biens, avant toute saisine du tribunal.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Comprendre la demande de partage de la succession

Au décès d'une personne laissant plusieurs héritiers, les biens transmis tombent automatiquement en indivision : chaque cohéritier détient une quote-part abstraite sur l'ensemble du patrimoine, sans qu'aucun bien ne lui soit attribué en propre. Cette situation, prévue par les articles 815 et suivants du Code civil, est par nature provisoire. La demande de partage est la lettre par laquelle un héritier invite officiellement les autres à sortir de l'indivision et à se répartir les biens.

Le principe directeur est posé par l'article 815 du Code civil : « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention. » Tout indivisaire dispose donc d'un droit personnel et imprescriptible à demander le partage, sans avoir à se justifier.

Le cadre légal du partage

Le Code civil distingue deux voies de partage :

  • Le partage amiable (articles 835 à 839) : il suppose l'accord de tous les cohéritiers, qui doivent être majeurs et capables. C'est la voie la plus rapide et la moins coûteuse. La présente lettre s'inscrit dans cette démarche amiable préalable.
  • Le partage judiciaire (articles 840 à 842) : il est ouvert lorsque l'accord est impossible, qu'un héritier est défaillant, mineur ou protégé. Le tribunal judiciaire ordonne alors le partage et désigne le plus souvent un notaire pour y procéder.

La demande amiable n'est pas une formalité imposée par la loi, mais elle est stratégique : elle matérialise votre volonté de partager, fait courir un délai et constitue une preuve précieuse de votre bonne foi devant le juge.

La procédure étape par étape

1. Désigner précisément les biens indivis

Avant d'écrire, dressez l'inventaire des biens composant la succession : immeubles, comptes bancaires, valeurs mobilières, véhicules, meubles meublants. Indiquez aussi le passif (dettes, frais funéraires). Cette désignation rend la demande sérieuse et facilite l'établissement de l'état liquidatif.

2. Adresser la lettre en recommandé avec accusé de réception

Envoyez la demande à chaque cohéritier par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce mode d'envoi date la demande, prouve sa réception et fait courir le délai de réponse que vous fixez (souvent 30 jours).

3. Solliciter le notaire si nécessaire

Dès qu'un bien immobilier est en jeu, le partage doit être constaté par acte notarié et publié au service de la publicité foncière. Le notaire procède à l'évaluation des biens, calcule les quotes-parts et rédige l'acte de partage.

4. À défaut d'accord, saisir le tribunal

Passé le délai sans accord, vous pouvez engager le partage judiciaire devant le tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession, avec l'assistance obligatoire d'un avocat.

Les pièces à joindre ou à préparer

  • L'acte de décès du défunt.
  • L'acte de notoriété établi par le notaire, identifiant les héritiers et leurs droits.
  • Le cas échéant, le testament ou la donation entre époux.
  • L'inventaire ou l'estimation des biens indivis (relevés bancaires, titre de propriété, estimation immobilière).
  • Tout justificatif de votre quote-part (livret de famille, jugement, partage antérieur).

Les erreurs à éviter

  • Rester passif dans l'indivision : l'inaction génère des frais (taxes, entretien) et des conflits. Le droit de provoquer le partage est imprescriptible, mais agir tôt évite la dégradation des relations.
  • Omettre la liste des biens : une demande vague est moins efficace et plus facilement contestée.
  • Négliger le recommandé : sans preuve de réception, le point de départ du délai et la bonne foi sont difficiles à établir.
  • Procéder à un partage amiable malgré un héritier mineur ou protégé : le partage doit alors être autorisé par le juge des tutelles, sous peine de nullité.

Les recours en cas de blocage

Si un cohéritier refuse de coopérer, le partage judiciaire s'impose. Le juge peut ordonner le partage, désigner un notaire et, lorsqu'un bien ne peut être commodément partagé, autoriser sa vente par licitation (vente aux enchères) afin que le prix soit réparti entre les héritiers. L'article 815-17 permet par ailleurs à un créancier personnel d'un indivisaire de provoquer le partage. Enfin, l'indivisaire qui supporte seul les charges peut demander une indemnité, et celui qui occupe un bien indivis peut être redevable d'une indemnité d'occupation. Un avocat ou le notaire de la succession vous orientera vers la solution la plus adaptée à votre situation.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse complète]

[Nom et prénom du cohéritier destinataire]
[Adresse du cohéritier destinataire]

Lettre recommandée avec accusé de réception

À [Ville de rédaction], le [Date de la lettre]

Objet : demande amiable de partage de la succession de [Nom et prénom du défunt]

Madame, Monsieur,

Notre parent, [Nom et prénom du défunt], est décédé le [Date du décès] à [Commune du décès / dernier domicile], laissant une succession qui demeure à ce jour dans l'indivision. J'interviens en ma qualité de [Votre qualité dans la succession], titulaire d'une quote-part de [Votre quote-part dans l'indivision] dans cette indivision dont vous êtes également cohéritier.

Les biens dépendant de la succession et restant à partager sont les suivants : [Désignation des biens indivis à partager].

Aux termes de l'article 815 du Code civil, « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention ». À ce titre, je sollicite expressément, par la présente, l'ouverture du partage amiable de cette succession afin que chacun des cohéritiers reçoive sa part.

Je vous propose en conséquence de nous rapprocher, le cas échéant avec le concours de [Notaire chargé de la succession (le cas échéant)], en vue d'établir l'état liquidatif, de procéder à l'évaluation des biens et de convenir des modalités de leur attribution ou de leur vente.

Je vous remercie de bien vouloir me faire connaître votre position dans un délai de [Délai accordé pour répondre (en jours)] jours à compter de la réception de ce courrier. À défaut d'accord amiable dans ce délai, je me verrai contraint(e) de saisir le tribunal judiciaire afin qu'il ordonne le partage judiciaire, à vos torts pour ce qui concerne les frais de procédure.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Le partage amiable est-il obligatoire avant de saisir le tribunal ?
Non, il n'est pas juridiquement imposé, mais il est fortement recommandé. L'article 840 du Code civil réserve le partage judiciaire aux cas où les cohéritiers ne s'accordent pas. Une demande amiable préalable, formalisée par lettre recommandée, démontre votre bonne foi, peut suffire à débloquer la situation et constitue une preuve utile si vous devez ensuite saisir le tribunal judiciaire.
Que faire si un cohéritier refuse de répondre ou de partager ?
Si, à l'expiration du délai accordé, aucun accord n'est trouvé, vous pouvez engager un partage judiciaire en saisissant le tribunal judiciaire du lieu d'ouverture de la succession, par l'intermédiaire d'un avocat (obligatoire). Le juge peut ordonner le partage, désigner un notaire pour y procéder et, en cas de blocage persistant, autoriser la vente des biens par licitation (vente aux enchères).
Un héritier peut-il bloquer le partage indéfiniment ?
Non. Le principe de l'article 815 est que nul n'est tenu de rester dans l'indivision : un cohéritier ne peut donc pas s'opposer durablement au partage. Le sursis n'est possible que par jugement ou convention d'indivision à durée déterminée. À défaut, tout indivisaire peut provoquer le partage, au besoin par voie judiciaire, sans avoir à justifier d'un motif particulier.
Faut-il passer par un notaire pour partager la succession ?
Le notaire est obligatoire dès que la succession comprend un bien immobilier, car le partage doit alors être constaté par acte authentique et publié au service de la publicité foncière. Pour une succession composée uniquement de biens mobiliers (comptes, meubles, véhicules), un partage amiable sous seing privé entre cohéritiers majeurs et capables est possible, mais le recours au notaire reste vivement conseillé.