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Demande de changement de régime matrimonial au notaire

Modèle de lettre pour demander à votre notaire un changement de régime matrimonial (art. 1397 du Code civil) : communauté universelle, séparation de biens, etc.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Le changement de régime matrimonial est une démarche par laquelle des époux décident, après leur mariage, de modifier les règles qui organisent la propriété et la gestion de leurs biens, tant entre eux qu'à l'égard des tiers. Le régime matrimonial détermine en effet la composition des patrimoines de chacun, le sort des biens acquis avant et pendant l'union, le partage des dettes ainsi que les droits du conjoint survivant en cas de décès. Beaucoup de couples se marient sans contrat et relèvent donc, par défaut, du régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Avec le temps, l'évolution de la situation familiale, professionnelle ou patrimoniale peut rendre ce régime inadapté et justifier une modification. Les motifs d'un tel changement sont nombreux. L'objectif le plus fréquent est la protection du conjoint survivant : l'adoption d'une communauté universelle assortie d'une clause d'attribution intégrale permet, au décès d'un époux, de transmettre l'ensemble du patrimoine commun au survivant sans passer par la succession. À l'inverse, le passage à la séparation de biens est souvent recherché lorsqu'un des époux exerce une activité indépendante ou entrepreneuriale comportant des risques financiers, afin de mettre le patrimoine de l'autre conjoint à l'abri des créanciers professionnels. D'autres couples souhaitent simplement aménager leur régime existant en ajoutant des clauses particulières, comme une clause de préciput permettant au survivant de prélever certains biens avant tout partage, ou une clause de partage inégal de la communauté. Le cadre juridique de cette opération est fixé par l'article 1397 du Code civil. Pendant longtemps, le changement de régime était soumis à des conditions strictes : il fallait notamment que le régime en vigueur ait été appliqué pendant au moins deux ans, et l'homologation par le juge était obligatoire dès lors que le couple avait des enfants mineurs. La loi du 23 mars 2019 de programmation et de réforme pour la justice a profondément assoupli cette procédure. Le délai minimal de deux ans a été purement et simplement supprimé : les époux peuvent désormais modifier leur régime à tout moment, y compris peu de temps après le mariage. De même, l'homologation judiciaire systématique en présence d'enfants mineurs a disparu. Le juge n'intervient plus que de manière exceptionnelle, en cas d'opposition formée par un enfant majeur, un créancier ou une partie au contrat de mariage initial, ou lorsque le notaire, informé d'un risque manifeste pour les intérêts d'un enfant mineur placé sous administration légale, estime devoir saisir le juge des tutelles. Concrètement, la démarche s'organise autour du notaire, qui joue un rôle central. Le couple prend rendez-vous avec son étude pour exposer son projet et les raisons qui le motivent. Le notaire vérifie que le changement répond bien à l'intérêt de la famille, condition de fond toujours exigée, et conseille les époux sur le régime le plus adapté. Il rédige ensuite l'acte notarié portant adoption du nouveau régime. Lorsque le couple détient un patrimoine commun important ou des biens en indivision, un état liquidatif du régime existant peut s'avérer nécessaire afin de faire le point sur la répartition des biens et des récompenses éventuelles. Plusieurs formalités d'information accompagnent le changement. Les enfants majeurs des époux doivent être informés personnellement du projet, et les créanciers en sont avertis par une publicité dans un journal d'annonces légales. Ces personnes disposent d'un délai de trois mois pour former opposition. En l'absence d'opposition, le changement devient définitif. Entre les époux, le nouveau régime prend effet à la date de l'acte ; à l'égard des tiers, il n'est en principe opposable que trois mois après la mention portée en marge de l'acte de mariage. S'agissant du coût, l'opération comprend les émoluments du notaire, des droits fixes d'enregistrement et, le cas échéant, un droit de partage si une liquidation patrimoniale est réalisée. Le montant total varie selon la valeur et la complexité du patrimoine concerné. Il est donc recommandé, dès le premier contact, de demander au notaire un devis précisant les pièces à fournir et le coût prévisionnel. Rédiger une lettre claire à son notaire permet de formaliser la demande, d'exposer le motif et le régime souhaité, et de préparer efficacement le premier rendez-vous.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Faut-il attendre deux ans avant de changer de régime matrimonial ?
Non. Depuis la loi du 23 mars 2019, le délai minimal de deux ans d'application du régime précédent a été supprimé. Les époux peuvent modifier ou changer entièrement leur régime matrimonial à tout moment, dès lors qu'ils sont d'accord et que le changement répond à l'intérêt de la famille (article 1397 du Code civil).
L'homologation par un juge est-elle obligatoire ?
Non, plus systématiquement. Depuis 2019, l'homologation judiciaire n'est plus exigée même en présence d'enfants mineurs. Le juge n'intervient qu'en cas d'opposition d'un enfant majeur, d'un créancier ou d'une partie au contrat de mariage, ou lorsque le notaire estime devoir saisir le juge des tutelles pour protéger un enfant mineur sous administration légale.
Qui doit être informé du changement de régime matrimonial ?
Les enfants majeurs des époux doivent être informés personnellement du changement envisagé, de même que les créanciers, par mention dans un journal d'annonces légales. Ils disposent d'un délai de trois mois pour former opposition à compter de cette information ou publicité.
À partir de quand le nouveau régime produit-il ses effets ?
Entre les époux, le changement prend effet à la date de l'acte notarié. À l'égard des tiers, il n'est opposable que trois mois après la mention portée en marge de l'acte de mariage. En cas de mention immédiate dans l'acte, l'opposabilité aux tiers peut être anticipée.