📊 Commercial & B2BExemple gratuit

Requête en injonction de payer (tribunal de commerce)

Modèle de requête en injonction de payer au greffe du tribunal de commerce pour recouvrer une créance B2B certaine, liquide et exigible, facture et mise en demeure jointes.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

Gratuit Sans inscription À compléter en ligne Impression / PDF 15 champs personnalisables
✏️

Document éditable en ligne

Remplissez les champs du formulaire ci-dessous, l'aperçu se met à jour en temps réel, puis téléchargez votre document personnalisé en un clic.

Aller directement au modèle de lettre

L'injonction de payer devant le tribunal de commerce : cadre et utilité

La requête en injonction de payer est une procédure simplifiée et non contradictoire de recouvrement, régie par les articles 1405 à 1425 du Code de procédure civile. Elle permet à un créancier d'obtenir rapidement, sur simple requête au greffe et sans audience préalable, un titre exécutoire contre un débiteur défaillant. Lorsque la créance est de nature commerciale et oppose deux professionnels, c'est le tribunal de commerce qui est compétent. Cette voie est particulièrement adaptée au recouvrement d'impayés B2B : factures de vente de marchandises, prestations de services ou loyers commerciaux demeurés impayés malgré relances.

Les conditions de fond de la créance

Pour être recouvrée par injonction de payer, la créance doit réunir trois caractères cumulatifs :

  • Certaine : son existence n'est pas sérieusement contestable et repose sur des pièces probantes (bon de commande, contrat, facture acceptée).
  • Liquide : son montant est précisément chiffré et évaluable en argent.
  • Exigible : le terme de paiement est arrivé à échéance et le débiteur est en retard.

L'article 1405 du Code de procédure civile exige en outre que la créance ait une origine contractuelle ou résulte d'une obligation à caractère statutaire, et que son montant soit déterminé. La procédure ne convient donc pas aux litiges présentant une contestation sérieuse (qualité de la prestation contestée, désaccord sur le montant) : dans ce cas, une assignation au fond est préférable, l'injonction de payer risquant de se heurter à une opposition systématique.

La prescription à surveiller

Entre commerçants, l'action en paiement se prescrit en principe par cinq ans, conformément à l'article L. 110-4 du Code de commerce. Ce délai court à compter du jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir, soit en pratique le lendemain de l'échéance de la facture. Il convient d'engager la procédure avant l'expiration de ce délai, faute de quoi la créance ne pourra plus être réclamée en justice. À noter que c'est la signification de l'ordonnance, et non le simple dépôt de la requête, qui interrompt la prescription.

La procédure : compétence, requête et pièces

Le tribunal de commerce territorialement compétent est, sauf clause attributive valable, celui du lieu où demeure le débiteur, c'est-à-dire le siège social de la société débitrice. La demande prend la forme d'une requête écrite, présentée au moyen du formulaire Cerfa n° 12946, qui est spécifique au tribunal de commerce : il ne faut pas le confondre avec le Cerfa n° 12948, réservé aux créances civiles relevant du tribunal judiciaire. Un choix de formulaire erroné expose au rejet de la demande. La requête est déposée ou adressée au greffe de ce tribunal.

La requête doit être accompagnée des justificatifs établissant la réalité et le montant de la créance. Les pièces essentielles à joindre sont :

  • la ou les factures impayées, datées et détaillées ;
  • le bon de commande et le bon de livraison ou le contrat signé ;
  • la mise en demeure de payer et son accusé de réception, démontrant que le débiteur a été invité à régler avant l'action ;
  • le décompte des intérêts et pénalités de retard éventuellement réclamés.

Devant le tribunal de commerce, les frais de greffe sont avancés par le créancier : la provision doit être consignée au greffe au plus tard dans les quinze jours suivant la requête (article 1425 du Code de procédure civile), sous peine de caducité de la demande.

Les suites de la requête et l'opposition

Le juge statue sans convoquer le débiteur. S'il estime la demande justifiée, il rend une ordonnance portant injonction de payer pour la somme qu'il retient. S'il la juge mal fondée, il peut la rejeter, totalement ou partiellement ; ce rejet n'est pas susceptible de recours, mais le créancier conserve la faculté d'agir selon les voies de droit commun.

L'ordonnance doit ensuite être signifiée au débiteur par commissaire de justice dans un délai de six mois, à peine de caducité. Le débiteur dispose alors d'un délai d'un mois à compter de la signification pour former opposition, par déclaration ou lettre recommandée au greffe (article 1412 du Code de procédure civile). L'opposition rouvre un débat contradictoire devant le tribunal.

L'obtention du titre exécutoire

En l'absence d'opposition dans le délai imparti, le créancier demande au greffe l'apposition de la formule exécutoire sur l'ordonnance, dans le mois suivant l'expiration du délai d'opposition. L'ordonnance acquiert alors la force d'un jugement et autorise l'exécution forcée (saisie) par commissaire de justice.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Saisir le tribunal de commerce pour une créance non commerciale ou contre un débiteur non professionnel : la compétence diffère.
  • Utiliser le mauvais formulaire Cerfa (12948 au lieu de 12946), source de rejet de la requête.
  • Omettre la mise en demeure préalable, pièce déterminante pour établir le retard et l'exigibilité.
  • Négliger la consignation des frais dans les quinze jours, qui rend la requête caduque.
  • Laisser passer le délai de six mois pour signifier l'ordonnance, ou celui d'un mois pour demander la formule exécutoire.
  • Engager l'injonction de payer alors qu'une contestation sérieuse est prévisible, ce qui conduit le plus souvent à une opposition et à un renvoi au fond.

Pour des créances importantes ou complexes, il reste recommandé de se faire assister d'un avocat ou d'un commissaire de justice afin de sécuriser la procédure et l'exécution.

À Monsieur le Président du Tribunal de commerce de [Ville du tribunal de commerce compétent]

Requête en injonction de payer (articles 1405 et suivants du Code de procédure civile)

Pour le requérant (créancier) :
La société [Dénomination sociale du créancier (demandeur)], [Forme juridique et capital social du créancier], immatriculée sous le numéro [Numéro SIREN/RCS du créancier], dont le siège social est situé [Adresse du siège social du créancier], prise en la personne de son représentant légal [Représentant légal du créancier (nom et qualité)].

Contre le débiteur :
La société [Dénomination sociale du débiteur (défendeur)], immatriculée sous le numéro [Numéro SIREN/RCS du débiteur], dont le siège social est situé [Adresse du siège social du débiteur].

Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de solliciter de votre juridiction une ordonnance portant injonction de payer à l'encontre de la société débitrice susvisée, sur le fondement des articles 1405 à 1425 du Code de procédure civile.

La créance dont le recouvrement est demandé a pour origine : [Nature et origine de la créance]. Elle est constatée par la facture [Numéro et date de la facture impayée], demeurée impayée à son échéance.

Cette créance présente un caractère certain, liquide et exigible. Son montant en principal s'élève à [Montant principal dû (en euros)] euros, auquel s'ajoutent, le cas échéant, les intérêts et pénalités de retard pour un montant de [Intérêts et pénalités de retard réclamés (en euros)] euros.

Malgré la mise en demeure de payer adressée le [Date de la mise en demeure restée infructueuse], restée sans effet, la société débitrice n'a procédé à aucun règlement.

En conséquence, je vous prie de bien vouloir rendre une ordonnance enjoignant à la société [Dénomination sociale du débiteur (défendeur)] de payer la somme totale due en principal, outre les intérêts, pénalités et dépens.

Sont jointes à la présente requête les pièces justificatives suivantes : la facture impayée [Numéro et date de la facture impayée], le bon de commande et le bon de livraison correspondants, ainsi que la copie de la mise en demeure du [Date de la mise en demeure restée infructueuse] et son accusé de réception.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.

Fait à [Ville du tribunal de commerce compétent], le [Date de la requête]

[Représentant légal du créancier (nom et qualité)]
Pour la société [Dénomination sociale du créancier (demandeur)]

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

⭐ Avis des utilisateurs

Aucun avis pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis sur ce modèle.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelles conditions la créance doit-elle remplir pour une injonction de payer devant le tribunal de commerce ?
La créance doit avoir une origine contractuelle ou résulter d'une obligation à caractère statutaire, et son montant doit être déterminé (article 1405 du Code de procédure civile). Concrètement, elle doit être certaine (son existence n'est pas sérieusement contestable), liquide (son montant est chiffré, par exemple par une facture) et exigible (le délai de paiement est dépassé). La procédure convient au recouvrement d'impayés B2B comme des factures de vente ou de prestations. En cas de contestation sérieuse prévisible, l'injonction de payer n'est pas adaptée et une assignation au fond sera préférable.
Quel tribunal de commerce est compétent et comment déposer la requête ?
Le tribunal de commerce territorialement compétent est en principe celui du lieu où demeure le débiteur, c'est-à-dire le siège social de la société débitrice. La requête, présentée au moyen du formulaire Cerfa n° 12946 (réservé au tribunal de commerce, à ne pas confondre avec le Cerfa n° 12948 du tribunal judiciaire) et accompagnée des pièces justificatives, est déposée ou adressée au greffe de ce tribunal. Devant le tribunal de commerce, les frais de greffe doivent être provisionnés : la consignation est versée au greffe au plus tard dans les quinze jours de la requête, à défaut de quoi celle-ci est caduque (article 1425 du Code de procédure civile).
Que se passe-t-il après le dépôt de la requête au greffe ?
Le juge examine la requête sans débat contradictoire ni convocation du débiteur. S'il estime la demande fondée, il rend une ordonnance portant injonction de payer pour la somme qu'il retient ; il peut aussi la rejeter en tout ou partie, le rejet n'étant pas susceptible de recours mais laissant le créancier libre d'agir au fond. L'ordonnance doit ensuite être signifiée au débiteur par commissaire de justice dans les six mois, faute de quoi elle est non avenue.
Quels recours pour le débiteur et comment rendre l'ordonnance exécutoire ?
Le débiteur dispose d'un délai d'un mois à compter de la signification pour former opposition, par déclaration ou lettre recommandée au greffe (article 1412 du Code de procédure civile). L'opposition renvoie l'affaire devant le tribunal pour un débat contradictoire. À défaut d'opposition dans le délai, le créancier demande au greffe l'apposition de la formule exécutoire sur l'ordonnance, dans le mois qui suit l'expiration du délai d'opposition ; l'ordonnance produit alors les effets d'un jugement et permet l'exécution forcée.