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Demande d'adoption simple — requête au tribunal judiciaire

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Modèle de requête en adoption simple : enfant majeur, beau-fils, beau-fille. Conditions, démarches, effets juridiques et fiscaux.

Objet :
Adresser une demande
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
13 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
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L'adoption simple : un outil juridique souvent méconnu

Contrairement à l'adoption plénière, médiatisée et associée principalement à l'accueil d'enfants jeunes ou venant de l'étranger, l'adoption simple est une procédure souple et accessible qui permet d'établir un lien de filiation sans rompre les liens avec la famille d'origine. Elle est particulièrement adaptée à plusieurs situations familiales contemporaines : adoption de l'enfant du conjoint (familles recomposées), reconnaissance d'un lien fort avec un beau-parent qui a élevé l'enfant, transmission patrimoniale dans le cadre d'une relation de longue date, etc.

Les conditions légales de l'adoption simple

L'article 343 et suivants du Code civil fixent les conditions :

Conditions liées à l'adoptant

  • Âge minimum : 26 ans pour une personne seule. Pour un couple, il suffit de justifier d'une communauté de vie d'au moins un an ou d'être tous deux âgés de plus de 26 ans. Aucune condition d'âge n'est exigée pour adopter l'enfant de son conjoint, partenaire de PACS ou concubin
  • Différence d'âge avec l'adopté : au moins 15 ans, ramenée à 10 ans si l'adopté est l'enfant du conjoint, du partenaire de PACS ou du concubin
  • Intérêt de l'adopté : le tribunal vérifie que l'adoption est conforme à l'intérêt de l'adopté et qu'elle n'est pas détournée de son objet
  • Enfants de l'adoptant : s'il a déjà des descendants, le tribunal vérifie que l'adoption ne compromet pas la vie familiale
  • Qui peut adopter : une personne seule, ou un couple marié, lié par un PACS ou vivant en concubinage (depuis la loi du 21 février 2022)

Conditions liées à l'adopté

  • Pas de limite d'âge (contrairement à l'adoption plénière limitée aux mineurs)
  • Consentement personnel de l'adopté dès lors qu'il a plus de treize ans, donné devant notaire
  • Consentement des parents biologiques si l'adopté est mineur (sauf en cas de désintérêt manifeste)
  • Possibilité d'adopter un majeur : très fréquent en pratique (transmission patrimoniale, reconnaissance d'un lien)

Les effets juridiques de l'adoption simple

Effets familiaux

  • Création d'un lien de filiation entre l'adoptant et l'adopté
  • Maintien des liens avec la famille d'origine (différence majeure avec la plénière)
  • Acquisition de l'autorité parentale pour l'adoptant si l'adopté est mineur (sauf adoption par le conjoint qui partage l'autorité avec l'autre parent)
  • Obligation alimentaire réciproque entre adopté et adoptant

Effets sur le nom

  • Par défaut : nom de l'adoptant ajouté au nom de l'adopté
  • Possibilité de substitution totale (sur demande)
  • Possibilité de conserver uniquement le nom d'origine
  • L'adopté majeur doit consentir à tout changement

Effets successoraux

L'adopté simple cumule les droits successoraux :

  • Famille adoptive : héritier réservataire au même titre qu'un enfant biologique (1/2 pour 1 enfant, etc.)
  • Famille biologique : conserve tous ses droits successoraux d'origine
  • Restrictions fiscales : les droits de succession peuvent être plus élevés (taux entre étrangers) sauf cas particuliers (mineur recueilli pendant 5 ans, etc.)

Adoption de l'enfant du conjoint : cas le plus fréquent

L'adoption simple de l'enfant du conjoint (« beau-fils », « belle-fille ») est la situation la plus courante. Elle permet à un beau-parent qui a élevé l'enfant pendant des années (parfois depuis la petite enfance) de formaliser juridiquement le lien parental, sans rompre le lien avec l'autre parent biologique.

Spécificités :

  • Différence d'âge réduite à 10 ans
  • L'autorité parentale reste exercée par l'autre parent biologique (sauf décision spécifique)
  • L'enfant garde son nom, sauf décision contraire
  • Conséquences successorales importantes : permet à l'enfant d'hériter du beau-parent au même titre qu'un enfant biologique

Adoption d'un majeur : motifs et conditions

L'adoption d'un majeur (souvent appelée « adoption simple d'adulte ») est légale et fréquente. Motifs courants :

  • Reconnaissance officielle d'un lien éducatif fort avec un beau-parent ou un mentor
  • Transmission patrimoniale à une personne sans enfants biologiques
  • Régularisation d'une situation familiale complexe
  • Création de droits successoraux dans une relation atypique

Le consentement écrit et notarié du majeur adopté est obligatoire. Le tribunal vérifie l'absence de motifs frauduleux (fiscalité, immigration).

La procédure judiciaire

  1. Constitution du dossier : actes d'état civil, consentements, justificatifs du lien
  2. Dépôt de la requête au tribunal judiciaire du lieu de résidence du requérant, par avocat — ou auprès du procureur de la République lorsque l'adopté a été recueilli avant l'âge de quinze ans
  3. Instruction par le procureur de la République (vérifications)
  4. Audience devant le tribunal (juge unique en chambre du conseil)
  5. Jugement rendu sous 1 à 6 mois
  6. Transcription sur les registres d'état civil

Coûts et délais

  • Avocat : obligatoire, sauf lorsque l'adopté a été recueilli au foyer du requérant avant l'âge de quinze ans. Dans ce cas seulement, le requérant peut déposer lui-même sa requête, en l'adressant au procureur de la République, qui la transmet au tribunal
  • Frais de justice : la procédure d'adoption ne donne lieu à aucun droit de timbre ; restent les honoraires d'avocat et, le cas échéant, les frais de notaire pour le recueil des consentements
  • Délai total : 3 à 12 mois selon les tribunaux
  • Aide juridictionnelle disponible sous conditions de ressources

Refus et révocation

Refus du tribunal

Le tribunal peut refuser si :

  • Conditions légales non remplies
  • Adoption manifestement contraire à l'intérêt de l'enfant (cas du mineur)
  • Motifs frauduleux suspectés
  • Absence de consentement valable

Recours : l'appel est possible dans le délai indiqué par l'acte de notification du jugement.

Révocation de l'adoption simple

Possible pour motifs graves, par décision du tribunal. Lorsque l'adopté est majeur, la révocation peut être demandée par l'adoptant ou par l'adopté ; lorsqu'il est mineur, seul le ministère public peut la demander. Effets : disparition des effets juridiques de l'adoption pour l'avenir, sans rétroactivité.

Comparaison synthétique adoption simple / plénière

AspectAdoption simpleAdoption plénière
Liens avec famille d'origineMaintenusRompus
Âge de l'adoptéSans limiteMineur de moins de 15 ans (sauf exceptions)
CaractèreRévocableIrrévocable
FiliationDouble (origine + adoptive)Unique (adoptive)
ProcédureTribunal judiciaireTribunal judiciaire, instruction plus longue

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal et ville]
[Téléphone]
[Email]

[Tribunal judiciaire compétent]
[Adresse du tribunal]

[Lieu et date]

Objet : Requête en adoption simple
Personne à adopter : [Nom et prénom de la personne à adopter]
Lettre recommandée avec accusé de réception

Monsieur le Procureur de la République,

J'ai l'honneur de vous adresser, afin que vous la transmettiez au tribunal judiciaire, une requête en adoption simple à l'égard de [Nom et prénom de la personne à adopter], né(e) le [Date de naissance de l'adopté], domicilié(e) [Adresse actuelle de l'adopté], avec qui j'entretiens le lien suivant : [Nature du lien avec l'adopté].

Conformément aux articles 360 et suivants du Code civil, je sollicite que soit prononcée l'adoption simple permettant l'établissement d'un lien de filiation tout en conservant à l'adopté ses liens avec sa famille d'origine.

Motivation :
[Motivations détaillées]

Je certifie sur l'honneur :

  • Être âgé(e) de plus de 26 ans, ou adopter l'enfant de mon conjoint, partenaire de PACS ou concubin
  • Avoir une différence d'âge avec l'adopté d'au moins 15 ans (ou 10 ans s'il s'agit de l'enfant de mon conjoint, partenaire ou concubin) ; avoir recueilli l'adopté à mon foyer avant l'âge de quinze ans, ce qui m'autorise à présenter moi-même la présente requête
  • Que toutes les parties ont donné leur consentement éclairé (consentement de l'adopté majeur, consentement des parents biologiques le cas échéant)

Je joins à la présente requête :

  • Copie intégrale de mon acte de naissance et de celui de l'adopté
  • Justificatif du lien existant (livret de famille, jugement, etc.)
  • Consentement écrit et notarié de l'adopté (s'il est majeur)
  • Consentement écrit des parents biologiques (si l'adopté est mineur)
  • Extrait de casier judiciaire (B3) du requérant
  • Justificatifs de revenus et de situation familiale
  • Tout autre document utile (lettres, photos, témoignages illustrant le lien)

Je sollicite respectueusement la transmission de la présente requête au tribunal judiciaire et la fixation d'une audience.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur de la République, l'expression de ma haute considération.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelle différence entre adoption simple et plénière ?
Adoption simple : maintien des liens avec la famille d'origine, l'adopté a deux familles juridiques. Adoption plénière : rupture totale des liens avec la famille d'origine (sauf interdictions à mariage), l'adopté a une seule filiation (l'adoptive). La plénière est réservée principalement aux enfants mineurs et a un caractère irrévocable.
L'adopté simple peut-il garder son nom ?
Par défaut, le nom de l'adoptant s'ajoute au nom de l'adopté. Possibilité de demander la substitution totale, ou inversement de garder uniquement le nom d'origine, à préciser dans la requête. L'adopté majeur doit donner son consentement à tout changement.
Quels sont les effets successoraux ?
L'adopté simple hérite à la fois de sa famille d'origine et de sa famille adoptive (sauf restrictions). Côté adoptif : héritier réservataire au même titre qu'un enfant biologique. Côté origine : conserve tous ses droits successoraux. Fiscalement : les droits de succession entre adopté simple et adoptant sont les mêmes qu'entre enfant biologique et parent biologique uniquement si l'adopté est un mineur recueilli ou si certaines conditions sont remplies.
L'adoption simple est-elle révocable ?
Oui, pour motifs graves, par décision du tribunal judiciaire. Si l'adopté est majeur, la demande peut émaner de l'adoptant ou de l'adopté ; s'il est mineur, seul le ministère public peut la présenter. La révocation fait cesser les effets de l'adoption pour l'avenir.