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Lettre d'intention de cession de fonds de commerce

Modèle de lettre d'intention de cession de fonds de commerce : formalisez votre offre de prix, vos conditions et engagements. Exemple à personnaliser.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Pourquoi rédiger une lettre d'intention avant de céder un fonds de commerce

La cession d'un fonds de commerce est une opération complexe qui ne se conclut pas en un seul acte. Avant la signature du compromis puis de l'acte définitif, les parties éprouvent le besoin de formaliser leur volonté commune de négocier. La lettre d'intention (parfois appelée « LOI », pour letter of intent) remplit cette fonction : elle pose les bases de la discussion, fixe un prix indicatif, énonce les conditions essentielles et engage les parties à négocier de bonne foi, sans pour autant constituer une vente définitive.

Pour le candidat acquéreur, ce document permet de réserver l'affaire et d'obtenir l'accès aux informations comptables. Pour le cédant, il sécurise le sérieux du repreneur et cadre le calendrier. Bien rédigée, elle évite les malentendus et limite le risque de rupture abusive des pourparlers, sanctionnée sur le fondement de la responsabilité délictuelle.

Le cadre légal de la cession de fonds de commerce

La cession d'un fonds de commerce est encadrée par les articles L. 141-1 et suivants du Code de commerce. Bien que l'obligation de mentions formelles de l'ancien article L. 141-1 ait été allégée, l'acquéreur dispose d'un droit à l'information renforcé par la jurisprudence sur le dol et le vice du consentement. Concrètement, le cédant doit communiquer les éléments essentiels permettant d'apprécier la valeur du fonds.

Les informations à communiquer

  • l'origine de propriété du fonds (création ou acquisitions successives) ;
  • le chiffre d'affaires et les résultats d'exploitation des trois derniers exercices comptables ;
  • l'état des privilèges et nantissements grevant le fonds ;
  • les conditions du bail commercial : date, durée, montant du loyer, identité du bailleur ;
  • les contrats transférés de plein droit, notamment les contrats de travail (article L. 1224-1 du Code du travail).

L'information préalable des salariés

Les articles L. 141-23 à L. 141-32 du Code de commerce, issus de la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire (dite « loi Hamon »), imposent dans les entreprises de moins de cinquante salariés d'informer le personnel d'un projet de cession, afin qu'il puisse présenter une offre de reprise. Initialement fixé à deux mois, ce délai minimal a été ramené à un mois avant la conclusion de la vente par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 relative à la simplification de la vie économique. Le défaut d'information n'entraîne pas la nullité de la cession, mais peut donner lieu à une amende civile, dont le plafond a été abaissé de 2 % à 0,5 % du montant de la vente par cette même loi.

La procédure étape par étape

  • Étape 1 : émission de la lettre d'intention, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception, fixant prix indicatif et conditions ;
  • Étape 2 : audit du fonds (comptable, juridique, fiscal) et accès aux documents par l'acquéreur ;
  • Étape 3 : information préalable des salariés et purge du délai légal ;
  • Étape 4 : signature du compromis ou de la promesse, sous conditions suspensives (financement, accord du bailleur, droit de préemption éventuel de la commune) ;
  • Étape 5 : signature de l'acte définitif, enregistrement auprès du service des impôts et paiement des droits de mutation ;
  • Étape 6 : publicité légale (BODACC et journal d'annonces légales) ouvrant le délai d'opposition des créanciers ;
  • Étape 7 : consignation du prix chez un séquestre jusqu'à l'expiration des délais d'opposition et de solidarité fiscale.

Les pièces à réunir

  • les trois derniers bilans et comptes de résultat ;
  • le bail commercial et ses avenants ;
  • l'extrait Kbis et les statuts éventuels ;
  • l'inventaire du matériel et des agencements ;
  • les contrats de travail et le registre du personnel ;
  • les attestations relatives aux normes (sécurité, accessibilité, licence d'exploitation le cas échéant).

Les erreurs fréquentes à éviter

  • rédiger une lettre trop précise qui se transforme involontairement en avant-contrat engageant : il faut mentionner expressément l'absence d'engagement ferme et les conditions suspensives ;
  • omettre l'information préalable des salariés, qui expose le cédant à une amende civile ;
  • négliger la consignation du prix et payer directement le vendeur, au risque de devoir payer deux fois face aux créanciers ;
  • oublier de vérifier l'existence d'un droit de préemption commercial de la commune ;
  • sous-estimer la solidarité fiscale, qui peut rendre l'acquéreur redevable des impôts du cédant pendant 90 jours à compter du dépôt de la déclaration de résultats.

Les recours en cas de litige

Si les pourparlers sont rompus abusivement, la partie lésée peut engager la responsabilité de l'autre sur le fondement de l'article 1240 du Code civil et obtenir réparation des frais engagés. En cas de dissimulation d'informations déterminantes (chiffre d'affaires surévalué, dettes cachées), l'acquéreur peut invoquer le dol et solliciter l'annulation de la vente ou une réduction du prix devant le tribunal de commerce. Il est vivement recommandé de faire intervenir un notaire ou un avocat rédacteur pour sécuriser chaque étape de l'opération.

[Nom et prénom (ou raison sociale) de l'émetteur]
[Adresse de l'émetteur]

[Nom et prénom (ou raison sociale) du destinataire]
[Adresse du destinataire]

À [Ville de signature], le [Date de la lettre]

Objet : Lettre d'intention relative à la cession du fonds de commerce « [Désignation et activité du fonds de commerce] »
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

En qualité de [Qualité de l'émetteur], je vous adresse la présente lettre d'intention afin de formaliser notre volonté de poursuivre les négociations en vue de la cession du fonds de commerce [Désignation et activité du fonds de commerce], exploité au [Adresse d'exploitation du fonds].

Cette opération porterait sur l'ensemble des éléments incorporels et corporels du fonds, notamment la clientèle, l'achalandage, le nom commercial, l'enseigne, le droit au bail, ainsi que le matériel et les agencements affectés à son exploitation, à l'exclusion du stock de marchandises qui ferait l'objet d'une évaluation contradictoire distincte.

Au vu des éléments comptables communiqués, faisant état d'un chiffre d'affaires de [Chiffre d'affaires du dernier exercice (€)] et d'un bénéfice de [Bénéfice du dernier exercice (€)] au titre du dernier exercice clos, le prix de cession envisagé s'établit à [Prix proposé pour le fonds (€)].

Cette intention est formulée sous réserve de la réalisation d'un audit des éléments juridiques, comptables et fiscaux du fonds, de l'obtention des financements nécessaires, et de l'accomplissement préalable de l'information des salariés prévue aux articles L. 141-23 et suivants du Code de commerce. Le prix sera, le cas échéant, consigné entre les mains d'un séquestre jusqu'à l'expiration des délais d'opposition des créanciers.

La présente lettre, qui ne vaut pas engagement définitif de céder ou d'acquérir, demeure valable pendant [Durée de validité de l'offre]. Elle a vocation à être suivie de la signature d'un compromis détaillant l'ensemble des conditions de l'opération.

Dans l'attente de votre retour, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Nom et prénom (ou raison sociale) de l'émetteur]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Une lettre d'intention de cession de fonds de commerce engage-t-elle juridiquement ?
Une lettre d'intention exprime la volonté de poursuivre les négociations sans constituer un engagement ferme de vendre ou d'acheter. Sa portée dépend de sa rédaction : selon qu'elle prévoit des conditions suspensives, une exclusivité ou un accord déjà ferme sur la chose et le prix, le juge peut y voir un simple document préparatoire ou un avant-contrat engageant. Il est donc essentiel d'y indiquer clairement qu'elle ne vaut pas engagement définitif.
Faut-il informer les salariés avant la cession du fonds ?
Oui, dans les entreprises de moins de cinquante salariés. Les articles L. 141-23 et suivants du Code de commerce, issus de la loi Hamon du 31 juillet 2014, imposent d'informer le personnel du projet de cession afin qu'il puisse présenter une offre de reprise. Depuis la loi de simplification du 26 mai 2026, ce délai minimal est ramené à un mois avant la conclusion de la vente. Le défaut d'information n'entraîne plus la nullité mais expose le cédant à une amende civile.
Quelles mentions obligatoires figurent dans l'acte de cession définitif ?
L'acte de cession de fonds de commerce doit comporter les éléments permettant à l'acquéreur d'apprécier la consistance du fonds. Sont notamment communiqués l'origine de propriété, le chiffre d'affaires et les résultats des derniers exercices, l'état des inscriptions de privilèges et de nantissements, ainsi que les éléments relatifs au bail (date, durée, nom et adresse du bailleur). Ces informations doivent figurer dès la lettre d'intention pour éclairer le consentement.
Pourquoi le prix de vente est-il consigné chez un séquestre ?
La cession fait l'objet d'une publicité (BODACC, journal d'annonces légales) qui ouvre aux créanciers du vendeur un délai d'opposition de dix jours. Pendant ce délai, puis pendant celui de la solidarité fiscale, le prix est indisponible et confié à un séquestre, le plus souvent le notaire ou l'avocat rédacteur. Cette consignation protège l'acquéreur, qui pourrait sinon être tenu de payer une seconde fois si le vendeur ne réglait pas ses créanciers privilégiés.