⚖️ Administratif & JuridiqueExemple gratuit

Requête au tribunal administratif (recours en annulation)

Modèle de requête pour saisir le tribunal administratif après le rejet d'un recours : délai de 2 mois, télérecours citoyens, moyens et conclusions à indiquer.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

Gratuit Sans inscription À compléter en ligne Impression / PDF 23 champs personnalisables
✏️

Document éditable en ligne

Remplissez les champs du formulaire ci-dessous, l'aperçu se met à jour en temps réel, puis téléchargez votre document personnalisé en un clic.

Aller directement au modèle de lettre

Quand utiliser cette lettre ?

Cette requête permet de saisir le tribunal administratif lorsqu'un litige vous oppose à une administration (État, préfecture, mairie, rectorat, organisme de sécurité sociale, université, etc.) et que vous souhaitez faire annuler une décision que vous estimez illégale. Elle est particulièrement adaptée après le rejet d'un recours administratif préalable (recours gracieux ou hiérarchique), qu'il soit explicite ou implicite. Il s'agit ici d'un recours pour excès de pouvoir, c'est-à-dire un recours qui tend uniquement à l'annulation de la décision, sans demande de somme d'argent. Exemples : refus de titre de séjour, refus de permis de construire, sanction disciplinaire, refus d'une aide ou d'une prestation, décision individuelle défavorable.

Cadre légal

La procédure est régie par le code de justice administrative (CJA) :

  • Article R. 411-1 CJA : la juridiction est saisie par requête ; celle-ci indique les nom et domicile des parties, contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. Une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut être régularisée que jusqu'à l'expiration du délai de recours.
  • Article R. 421-1 CJA : la juridiction administrative doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision attaquée.
  • Article R. 421-5 CJA : ce délai n'est opposable qu'à la condition d'avoir été mentionné, avec les voies de recours, dans la notification de la décision.
  • Articles R. 431-2 et R. 431-3 CJA : l'avocat n'est pas obligatoire pour un recours pour excès de pouvoir ; la représentation par avocat n'est exigée que lorsque les conclusions tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou réduction de sommes réclamées, ou au règlement d'un litige né de l'exécution d'un contrat.

Le code des relations entre le public et l'administration (CRPA) encadre le silence de l'administration : en principe, le silence gardé pendant deux mois vaut acceptation (article L. 231-1), mais de nombreuses exceptions font que ce silence vaut rejet (article L. 231-4), notamment pour les demandes à caractère financier, les réclamations et recours administratifs, ou les relations entre l'administration et ses agents. Une décision implicite de rejet peut donc ouvrir le délai de recours contentieux.

La requête et les pièces peuvent être déposées via le téléservice Télérecours citoyens (telerecours.fr), accessible avec FranceConnect, par voie postale (recommandé avec accusé de réception conseillé) ou directement au greffe du tribunal.

La procédure étape par étape

  1. Identifiez la décision attaquée et sa date de notification : le délai de deux mois commence à courir à cette date.
  2. Vérifiez le préalable : certains contentieux imposent un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) ou une médiation avant de saisir le juge. Un recours gracieux ou hiérarchique formé dans le délai de deux mois proroge le délai de recours contentieux.
  3. Déterminez le tribunal compétent : en règle générale, celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la décision a son siège (des règles particulières existent selon la matière).
  4. Rédigez la requête : faits, moyens de droit (illégalités invoquées) et conclusions précises. Sans moyen, la requête est irrecevable.
  5. Joignez les pièces : copie de la décision attaquée, justificatifs et bordereau des pièces.
  6. Déposez la requête avant l'expiration du délai, de préférence via Télérecours citoyens, ou par courrier recommandé, ou au greffe.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Dépasser le délai de deux mois : une requête tardive est systématiquement rejetée comme irrecevable. Le cachet de la poste ou l'horodatage de Télérecours fait foi.
  • Ne présenter aucun moyen : se contenter d'exprimer un désaccord ne suffit pas ; il faut invoquer une ou plusieurs illégalités (incompétence, vice de forme ou de procédure, défaut de motivation, erreur de droit ou de fait, erreur manifeste d'appréciation, détournement de pouvoir).
  • Oublier de joindre la décision attaquée et l'inventaire des pièces, ce qui fragilise la recevabilité.
  • Se tromper de recours : demander une indemnisation (somme d'argent) sans avocat et sans décision préalable de l'administration, alors que ces conditions sont requises pour le plein contentieux.

Que faire en cas de refus ou d'absence de réponse ?

Si le tribunal administratif rejette votre requête, vous pouvez, selon les cas, faire appel devant la cour administrative d'appel dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, ou former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État lorsque l'appel n'est pas ouvert. Si votre demande présente une urgence, vous pouvez également, parallèlement à la requête au fond, saisir le juge des référés (référé-suspension, référé-liberté ou référé conservatoire) pour obtenir une mesure provisoire. En cas de doute sur la procédure ou la compétence, l'accompagnement d'un avocat spécialisé en droit public reste vivement conseillé, même lorsqu'il n'est pas obligatoire.

[Votre prénom] [Votre nom]
[Votre adresse]
[Votre code postal] [Votre ville de résidence]
Téléphone : [Votre téléphone]
Courriel : [Votre adresse e-mail]

[Tribunal administratif compétent]
[Adresse du tribunal administratif]
[Code postal du tribunal] [Ville du tribunal]

[Ville de rédaction de la requête], le [Date de la requête]

Envoi recommandé avec accusé de réception
(ou dépôt dématérialisé via Télérecours citoyens)

Objet : Requête en annulation — recours pour excès de pouvoir

Requérant : [Votre prénom] [Votre nom], demeurant [Votre adresse], [Votre code postal] [Votre ville de résidence].
Décision attaquée : [Nature de la décision attaquée] (référence [Référence ou numéro de la décision]), prise par [Administration ou autorité auteur de la décision] le [Date de la décision attaquée].

Madame la Présidente, Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de saisir votre juridiction, par la présente requête, d'une demande tendant à l'annulation de la décision désignée ci-dessus, conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative qui dispose que la juridiction est saisie par requête contenant l'exposé des faits et moyens ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge.

I. Sur la recevabilité de la requête

La décision contestée m'a été notifiée le [Date de notification (réception) de la décision]. La présente requête est en conséquence introduite dans le délai de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative, lequel court à compter de la notification ou de la publication de la décision attaquée.

[Recours administratif préalable éventuel (gracieux ou hiérarchique) et son rejet]

S'agissant d'un recours pour excès de pouvoir tendant exclusivement à l'annulation d'une décision administrative, le ministère d'avocat n'est pas obligatoire, conformément à l'article R. 431-3 du code de justice administrative, l'obligation de représentation prévue à l'article R. 431-2 étant réservée aux conclusions tendant au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou réduction de sommes réclamées, ou au règlement d'un litige né de l'exécution d'un contrat.

II. Exposé des faits

[Exposé des faits]

III. Discussion — moyens invoqués à l'appui de la requête

[Moyens de droit (illégalités invoquées)]

IV. Conclusions

Par ces motifs, et tous autres à produire, déduire ou suppléer, au besoin d'office, je conclus à ce qu'il plaise au tribunal administratif de :

[Conclusions (ce que vous demandez au juge)]

Bordereau des pièces jointes à la requête :

[Bordereau des pièces jointes]

Je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération.

Fait à [Ville de rédaction de la requête], le [Date de la requête].

[Votre prénom] [Votre nom]
(signature)

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

⭐ Avis des utilisateurs

Aucun avis pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis sur ce modèle.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Ai-je besoin d'un avocat pour saisir le tribunal administratif ?
Non, pour un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision, l'avocat n'est pas obligatoire (article R. 431-3 du code de justice administrative). L'avocat devient obligatoire lorsque vous demandez le paiement d'une somme d'argent, la décharge de sommes réclamées ou le règlement d'un litige contractuel (article R. 431-2). Même dispensé, un avocat spécialisé en droit public reste utile pour sécuriser la rédaction des moyens.
Quel est le délai pour déposer ma requête ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision attaquée (article R. 421-1 du code de justice administrative). Passé ce délai, la requête est irrecevable. Attention : si la décision ne mentionne pas les voies et délais de recours, le délai ne vous est pas opposable (article R. 421-5).
Comment déposer concrètement ma requête ?
Trois voies sont possibles : en ligne via le téléservice Télérecours citoyens (telerecours.fr), accessible avec FranceConnect ; par courrier, de préférence en recommandé avec accusé de réception ; ou directement au greffe du tribunal. Vous devez joindre la copie de la décision attaquée, vos pièces justificatives et un bordereau les récapitulant.
Que se passe-t-il si l'administration ne répond pas à mon recours préalable ?
Le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut, dans de nombreux cas, décision implicite de rejet (article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration), notamment pour les réclamations, les recours administratifs et les demandes à caractère financier. Cette décision implicite fait courir le délai de recours contentieux et vous permet de saisir le tribunal administratif.