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Exercice du droit de retrait pour danger grave et imminent

Modèle de lettre pour notifier à votre employeur l'exercice du droit de retrait face à un danger grave et imminent (art. L4131-1 et L4131-3 du Code du travail).

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Le droit de retrait : un droit individuel protecteur

Le droit de retrait permet à tout salarié de cesser son activité et de quitter son poste lorsqu'il a un motif raisonnable de penser qu'il est exposé à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Ce droit, prévu par l'article L4131-1 du Code du travail, est le pendant de l'obligation de sécurité qui pèse sur l'employeur (article L4121-1). Il s'exerce sans autorisation préalable et de manière immédiate : le salarié n'a pas à attendre l'accord de sa hiérarchie pour se mettre en sécurité.

Les conditions à réunir

Pour être légitime, le retrait suppose deux éléments cumulatifs appréciés au moment des faits :

  • Un danger grave : il doit menacer sérieusement l'intégrité physique du salarié (accident, blessure, maladie grave, voire décès). Un simple inconfort ou une gêne ne suffit pas.
  • Un danger imminent : il doit être susceptible de se réaliser dans un délai rapproché, de façon soudaine ou progressive mais prochaine.

La loi exige seulement que le salarié ait un motif raisonnable de croire au danger. La jurisprudence apprécie donc la situation subjectivement, du point de vue du salarié au moment où il se retire, et non rétrospectivement. Exemples admis : absence de garde-corps en hauteur, machine sans dispositif de sécurité, fuite de gaz, exposition à l'amiante, risque d'agression, conditions climatiques extrêmes non protégées.

La procédure : alerter puis se retirer

L'article L4131-1 prévoit que le salarié signale immédiatement la situation à l'employeur ou à son représentant, puis se retire. L'alerte peut être verbale, mais une confirmation écrite est fortement conseillée. Si un représentant du personnel au CSE constate le danger, il déclenche le droit d'alerte de l'article L4131-2 et consigne le signalement sur un registre spécial.

Ce que doit contenir la notification

  • La date et l'heure précises de constatation du danger ;
  • Le lieu et la description circonstanciée de la situation dangereuse ;
  • L'indication de la personne alertée (supérieur, CSE) ;
  • Le rappel des articles L4131-1 et L4131-3 du Code du travail ;
  • Votre disponibilité pour reprendre le travail une fois le danger écarté.

Pièces utiles à conserver

  • Photographies ou vidéos de la situation dangereuse ;
  • Témoignages écrits de collègues ;
  • Copie du registre des dangers graves et imminents du CSE ;
  • Échanges écrits (mails, SMS) avec la hiérarchie ;
  • L'accusé de réception de votre lettre recommandée.

Les effets et la protection du salarié

L'article L4131-3 est la clé de voûte du dispositif : aucune sanction ni retenue de salaire ne peut frapper un salarié qui s'est retiré légitimement. L'employeur ne peut pas exiger la reprise du travail tant que le danger persiste (article L4131-4). En cas de désaccord sur la réalité du danger avec un membre du CSE, l'employeur réunit le comité d'urgence et, à défaut d'accord, saisit l'inspecteur du travail qui peut diligenter une enquête ou une mise en demeure.

Les erreurs à éviter

  • Confondre droit de retrait et grève : le retrait est individuel et lié à un danger précis, pas à une revendication collective.
  • Ne pas alerter l'employeur : le signalement préalable (même verbal) est une condition de légitimité.
  • Rester sur place sans se mettre en sécurité : le but est de se soustraire au danger.
  • Abuser du droit : un retrait manifestement injustifié expose à une retenue de salaire, voire à une sanction disciplinaire.
  • Négliger la preuve : sans écrit ni élément matériel, la légitimité du retrait sera difficile à établir.

Les recours en cas de litige

Si l'employeur conteste la légitimité du retrait ou prononce une sanction, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes, le cas échéant en référé, pour faire annuler la mesure et obtenir le paiement du salaire retenu. L'inspection du travail peut être alertée à tout moment et constater l'infraction à l'obligation de sécurité. Enfin, le CSE et le médecin du travail constituent des relais précieux pour documenter le danger et imposer des mesures correctives.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal] [Ville]
Poste occupé : [Votre poste / fonction]

[Nom de l'employeur / société]
[Adresse de l'employeur]
[Code postal et ville de l'employeur]

[Ville], le [Date du courrier]

Objet : Exercice de mon droit de retrait pour danger grave et imminent
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous informe que j'ai exercé mon droit de retrait, conformément aux articles L4131-1 et L4131-3 du Code du travail, en raison d'une situation présentant pour ma vie ou ma santé un motif raisonnable de penser qu'elle constituait un danger grave et imminent.

J'ai constaté ce danger [Date et heure de constatation du danger], sur mon lieu de travail situé : [Lieu précis du danger]. La situation se caractérise de la manière suivante : [Description du danger grave et imminent].

Estimant que la poursuite de mon activité m'exposait à un risque sérieux et immédiat pour mon intégrité physique, je me suis retiré(e) de cette situation de travail après en avoir alerté [Personne alertée (supérieur, CSE...)]. Je vous rappelle qu'aucune sanction ni retenue sur rémunération ne peut être prononcée à mon encontre lorsque le droit de retrait est exercé de manière légitime (article L4131-3 du Code du travail).

Je reste à votre disposition pour reprendre mon poste dès que les mesures nécessaires auront été prises pour faire cesser ce danger et garantir des conditions de travail conformes à votre obligation de sécurité (article L4121-1 du Code du travail). Je vous remercie de bien vouloir me confirmer par écrit les dispositions retenues.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Qu'est-ce qu'un danger grave et imminent justifiant le droit de retrait ?
Le danger doit être grave (susceptible d'entraîner une atteinte sérieuse à l'intégrité physique : blessure, maladie, décès) et imminent (susceptible de se réaliser dans un délai très proche). Le salarié doit avoir un motif raisonnable de penser que la situation le menace : machine sans protection, échafaudage instable, absence d'équipement de protection, exposition à un produit toxique, agression... L'appréciation se fait au regard de ce que le salarié pouvait raisonnablement percevoir au moment des faits.
Mon employeur peut-il me sanctionner ou réduire mon salaire ?
Non, si le droit de retrait a été exercé de façon légitime. L'article L4131-3 du Code du travail interdit toute sanction et toute retenue de salaire lorsque le salarié s'est retiré d'une situation de danger grave et imminent qu'il pouvait raisonnablement croire réelle. En revanche, en cas d'usage manifestement abusif ou injustifié, l'employeur peut opérer une retenue sur salaire, voire engager une procédure disciplinaire.
Dois-je obligatoirement écrire à mon employeur ?
La loi n'impose pas d'écrit : l'alerte peut être verbale et le retrait immédiat. Toutefois, une notification écrite, de préférence en lettre recommandée avec accusé de réception, est vivement recommandée. Elle date les faits, prouve que vous avez alerté l'employeur et décrit précisément le danger, ce qui sera déterminant en cas de litige sur la légitimité du retrait.
Que se passe-t-il après l'exercice du droit de retrait ?
L'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour faire cesser le danger et ne peut demander la reprise du travail tant qu'il persiste (article L4131-4). En cas de désaccord avec un membre du CSE sur la réalité du danger, l'employeur doit réunir le comité et, à défaut d'accord, saisir l'inspecteur du travail. Vous pouvez aussi alerter directement l'inspection du travail. En cas de sanction injustifiée, le conseil de prud'hommes peut être saisi.