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Mise en demeure de supprimer une vue illégale (fenêtre/balcon)

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Mettez en demeure un voisin dont la fenêtre ou le balcon crée une vue trop proche : 1,90 m minimum en droite, 0,60 m en oblique (articles 678 et 679 du code civil).

Objet :
Mettre en demeure
Mode d'envoi conseillé :
Recommandé avec accusé de réception — seule preuve d'une date de réception opposable
Personnalisation :
24 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF

Comprendre la lettre recommandée avec accusé de réception — valeur juridique, tarifs et délais.

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Ce que le code civil impose vraiment

Les articles 678 et 679 du code civil fixent deux distances minimales entre une ouverture et la limite du terrain voisin : 1,90 mètre pour une vue droite, celle par laquelle on regarde le fonds voisin sans tourner la tête, et 0,60 mètre pour une vue oblique, celle que l’on n’obtient qu’en se penchant ou en regardant de côté. L’article 680 précise le point de départ de la mesure : le parement extérieur du mur, ou la ligne extérieure du balcon, de la terrasse ou de toute autre saillie.

Sont visées les fenêtres, portes-fenêtres, baies vitrées, lucarnes ouvrantes, balcons et terrasses surélevées. En revanche, un jour de souffrance — ouverture pratiquée dans un mur non mitoyen, garnie d’un verre dormant et d’un treillis de fer, et placée en hauteur — reste autorisé dans les conditions des articles 676 et 677 du code civil. Dans un mur mitoyen, aucune ouverture ne peut être percée sans l’accord du voisin, même à verre dormant (article 675 du code civil).

Trois vérifications avant d’écrire

  • La mesure, prise perpendiculairement à la limite séparative. Si l’emplacement exact de cette limite est incertain, un bornage ou l’intervention d’un géomètre-expert évite de fonder la demande sur un chiffre contestable.
  • L’ancienneté de l’ouverture. Une vue est une servitude continue et apparente : elle s’acquiert par titre ou par une possession de trente ans (article 690 du code civil). Au-delà, la suppression ne peut plus être obtenue.
  • Le statut des deux logements. Entre deux lots d’une même copropriété, ce sont le règlement de copropriété et le syndic qui tranchent, et non les articles 678 et 679, qui visent des fonds voisins distincts.

À qui, quand et comment l’envoyer

La lettre s’adresse au propriétaire du fonds voisin, jamais au seul locataire : lui seul peut faire modifier la construction. L’envoi se fait en recommandé avec accusé de réception, qui date la demande et prouve la démarche amiable devant le juge. Mieux vaut réagir vite après les travaux : la possession paisible et prolongée du voisin est alors plus difficile à établir.

Pièces utiles à joindre, sans que cette liste soit limitative : photographies datées prises depuis votre terrain, extrait de plan cadastral, copie de votre titre de propriété, procès-verbal de constat d’un commissaire de justice si la mesure risque d’être discutée, et copie de l’autorisation d’urbanisme affichée le cas échéant.

Réponse, refus ou silence

Aucun texte n’impose de délai de réponse au voisin. En pratique, quinze à trente jours sont accordés pour se manifester, et un délai plus long, souvent deux mois, pour réaliser les travaux.

Sans accord, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est exigée à peine d’irrecevabilité dans les cas énumérés par l’article 750-1 du code de procédure civile, rétabli par le décret n° 2023-357 du 11 mai 2023 : demandes n’excédant pas 5 000 euros et certains conflits de voisinage limitativement listés. Une demande de suppression de vue n’y entre pas systématiquement ; le greffe du tribunal judiciaire ou un point-justice confirmera si votre demande en relève. Dans tous les cas, la conciliation est gratuite, se demande en mairie ou au point-justice, et le juge apprécie favorablement cette tentative.

Vient ensuite le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble, une chambre de proximité pouvant être désignée selon l’organisation locale. Le juge ordonne le plus souvent la suppression ou l’obturation de la vue sous astreinte ; selon les situations, il se limite à imposer un vitrage fixe et opaque plutôt qu’une démolition, et peut allouer des dommages et intérêts. Si l’ouverture résulte d’un permis de construire, une contestation devant le tribunal administratif reste possible dans les deux mois suivant l’affichage sur le terrain, avec notification obligatoire du recours à l’auteur de la décision et au bénéficiaire (articles R. 600-1 et R. 600-2 du code de l’urbanisme). Pensez enfin à la garantie protection juridique de votre assurance habitation, qui couvre souvent ces frais.

[Votre civilité] [Vos nom et prénom]
[Votre adresse (numéro et rue)]
[Votre code postal] [Votre ville]
Téléphone : [Votre téléphone (la lettre invite le voisin à vous joindre)]

[Nom du voisin propriétaire]
[Adresse du voisin (numéro et rue)]
[Code postal du voisin] [Ville du voisin]

Lettre recommandée avec accusé de réception

[Ville où vous écrivez la lettre], le [Date de la lettre]

Objet : mise en demeure de supprimer une vue irrégulière sur ma propriété — articles 678 et 679 du code civil

Madame, Monsieur,

Je suis propriétaire du bien situé [Adresse de votre propriété concernée], cadastré [Références cadastrales de votre parcelle, section et numéro (indiquées sur votre avis de taxe foncière ou sur le site du cadastre)], dont le fonds jouxte directement le vôtre.

Depuis le [Date d’apparition de l’ouverture ou de fin des travaux], je constate que votre construction comporte, au [Niveau où se trouve l’ouverture], [Type d’ouverture en cause] qui donne directement sur ma propriété. Il s’agit d’une vue [Nature de la vue : droite si l’on voit chez vous de face, oblique s’il faut se pencher ou regarder de côté] au sens des articles 678 et 679 du code civil.

[Décrivez la situation (emplacement, orientation, ce sur quoi la vue donne)]

Mesurée depuis le parement extérieur du mur, ou depuis la ligne extérieure de la saillie s’il s’agit d’un balcon, jusqu’à la ligne séparative de nos deux fonds, comme le prévoit l’article 680 du code civil, cette distance n’est que de [Distance mesurée entre l’ouverture et la limite séparative, en centimètres] centimètres. Elle est donc inférieure au minimum légal applicable, fixé à 1,90 mètre pour une vue droite par l’article 678 et à 0,60 mètre pour une vue oblique par l’article 679.

À ma connaissance, aucun titre ni aucune servitude acquise par une possession trentenaire ne vient autoriser cette ouverture. L’existence éventuelle d’une autorisation d’urbanisme ne modifie pas ce constat : un permis de construire ou une déclaration préalable est délivré sous réserve du droit des tiers et ne couvre jamais la méconnaissance d’une règle du code civil.

[Décrivez les conséquences pour vous (perte d’intimité, pièces exposées…)]

Je vous ai déjà fait part de cette difficulté le [Date de votre première démarche amiable auprès du voisin (échange oral, courriel ou courrier)], sans qu’aucune suite y ait été donnée.

En conséquence, je vous mets en demeure de réaliser [Ce que vous exigez du voisin], dans un délai de [Délai accordé pour s’exécuter (en jours)] jours à compter de la première présentation de ce courrier.

À défaut de régularisation dans ce délai, je saisirai un conciliateur de justice puis, si aucun accord n’est trouvé, le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble, afin d’obtenir sous astreinte la suppression de cette vue ainsi que la réparation du trouble subi.

Je demeure toutefois à votre disposition pour rechercher une solution amiable et vous invite à me joindre au numéro figurant en tête de ce courrier.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Mon voisin a obtenu un permis de construire : sa fenêtre est-elle régulière pour autant ?
Non. Un permis de construire ou une déclaration préalable est délivré sous réserve du droit des tiers : l’administration vérifie le respect des règles d’urbanisme, pas celui du code civil. Une ouverture parfaitement conforme au plan local d’urbanisme peut donc violer les articles 678 et 679 et être supprimée par le juge judiciaire. Les deux contentieux sont indépendants et peuvent être menés en parallèle.
Au bout de combien de temps une vue irrégulière devient-elle un droit acquis ?
Trente ans de possession continue, paisible, publique et non équivoque suffisent à transformer la vue en servitude, une vue étant une servitude continue et apparente au sens de l’article 690 du code civil. Le point de départ est la création de l’ouverture, qu’il faut pouvoir dater : photographies anciennes, dossier de permis, attestations de voisins. Passé ce délai, la suppression ne peut plus être obtenue, sauf à démontrer que la possession n’a pas réuni ces quatre caractères.
Comment se mesure exactement la distance de 1,90 mètre ?
Depuis le parement extérieur du mur où l’ouverture est percée — ou depuis la ligne extérieure du balcon, de la terrasse ou de la saillie — jusqu’à la ligne séparative des deux propriétés, perpendiculairement à celle-ci (article 680 du code civil). L’épaisseur du mur n’entre donc pas dans le calcul. Quand la limite elle-même est incertaine, mieux vaut faire borner le terrain ou faire constater la mesure par un commissaire de justice avant d’engager quoi que ce soit.
Mon voisin ne répond pas : quelle est l’étape suivante ?
La saisine d’un conciliateur de justice, gratuite et sans avocat, en mairie ou au point-justice le plus proche. Cette tentative de conciliation est même exigée avant le juge dans les cas prévus par l’article 750-1 du code de procédure civile : le greffe du tribunal judiciaire vous dira si votre demande en relève. Si la conciliation échoue, le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble peut ordonner la suppression ou l’occultation de la vue sous astreinte et accorder des dommages et intérêts.