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Mise en demeure d'élaguer les arbres débordant chez le voisin

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Mise en demeure pour exiger d'un voisin l'élagage des branches qui dépassent sur votre terrain, fondée sur l'article 673 du Code civil.

Objet :
Mettre en demeure
Mode d'envoi conseillé :
Recommandé avec accusé de réception — seule preuve d'une date de réception opposable
Personnalisation :
12 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF

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Quand utiliser cette mise en demeure d'élagage ?

Les branches d'un arbre, d'un arbuste ou d'un arbrisseau planté chez votre voisin débordent sur votre terrain : elles surplombent votre jardin, votre terrasse ou votre toiture, vous privent de lumière, encombrent vos gouttières ou menacent une construction. Après une demande amiable restée sans effet, cette mise en demeure formalise votre exigence d'élagage et constitue une étape préalable indispensable avant toute action en justice.

Le cadre légal : l'article 673 du Code civil

Le droit d'exiger l'élagage repose sur l'article 673 du Code civil, dont la rédaction est sans ambiguïté :

  • Vous pouvez contraindre votre voisin à couper les branches qui avancent sur votre propriété. C'est lui, propriétaire des plantations, qui doit réaliser l'élagage.
  • Vous ne pouvez pas couper les branches vous-même. La loi réserve cette opération au propriétaire de l'arbre ; agir à sa place vous exposerait à devoir réparer le dommage causé à la plantation.
  • Vous pouvez en revanche couper vous-même les racines, ronces et brindilles qui s'avancent jusqu'à la limite séparative, à condition de le faire exactement à l'aplomb de cette ligne.
  • Les fruits tombés naturellement des branches débordantes vous appartiennent (mais vous ne pouvez pas cueillir ceux restés sur l'arbre).
  • Ce droit est imprescriptible. Même si les branches débordent depuis des décennies, votre voisin ne peut jamais invoquer une prescription pour refuser l'élagage.

Les articles complémentaires sur les distances de plantation

L'élagage de l'article 673 vise les branches qui dépassent, indépendamment de la distance de plantation. Mais si l'arbre lui-même a été planté trop près de la limite, d'autres textes peuvent jouer :

  • Article 671 du Code civil : sauf usage local ou règlement particulier, les plantations de plus de 2 mètres de haut doivent être à au moins 2 mètres de la limite séparative ; les plantations d'une hauteur inférieure ou égale à 2 mètres, à au moins 0,50 mètre.
  • Article 672 du Code civil : si ces distances ne sont pas respectées, vous pouvez exiger l'arrachage de l'arbre ou sa réduction à la hauteur légale, sauf si le voisin justifie d'un titre, d'une destination du père de famille ou d'une prescription trentenaire.

La procédure, étape par étape

Avant la mise en demeure

  • Privilégiez d'abord un échange direct : beaucoup de litiges se règlent par une simple discussion ou un courrier amiable.
  • Constituez un dossier de preuves : photographies datées du débordement, plan ou cadastre situant la limite, échanges écrits antérieurs.
  • En cas de doute sur l'emplacement exact de la limite, un bornage (amiable ou judiciaire, par un géomètre-expert) peut être nécessaire.

L'envoi de la mise en demeure

  • Forme : lettre recommandée avec accusé de réception, qui date la demande et constitue une preuve.
  • Contenu : identification précise des plantations, description du débordement, rappel de l'article 673, délai raisonnable d'exécution (souvent 15 à 30 jours) et annonce des suites judiciaires.
  • Conservez une copie du courrier et l'avis de réception.

La conciliation préalable obligatoire

Pour les litiges de voisinage dont le montant n'excède pas 5 000 €, l'article 750-1 du Code de procédure civile impose une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative avant de saisir le juge. Le recours au conciliateur de justice est gratuit (mairie ou plateforme officielle) ; sans cette démarche, l'action peut être déclarée irrecevable.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Couper soi-même les branches : c'est interdit et cela peut se retourner contre vous, alors que les racines et ronces, elles, peuvent être coupées à la limite.
  • Croire que l'inaction prolongée vous prive de vos droits : le droit à l'élagage est imprescriptible.
  • Sauter la conciliation pour un petit litige : le tribunal écartera la demande.
  • Confondre élagage et arrachage : l'article 673 ne permet d'exiger que la coupe des branches débordantes, pas la suppression de l'arbre (qui relève de l'article 672 en cas de non-respect des distances).
  • Omettre de dater la demande : sans LRAR, il sera difficile de prouver le point de départ du délai.

Quels recours si le débordement persiste ?

  1. Saisir le conciliateur de justice (gratuit, obligatoire avant le tribunal pour les litiges jusqu'à 5 000 €).
  2. Engager une action devant le tribunal judiciaire, le cas échéant en référé, pour faire ordonner l'élagage, au besoin sous astreinte (somme due par jour de retard).
  3. Demander des dommages et intérêts si le débordement vous a causé un préjudice (dégâts, perte de jouissance, frais engagés).
  4. En cas de danger imminent (branche menaçant de tomber sur une personne ou un bien), signaler la situation et envisager le référé d'urgence.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Votre code postal et ville]
[Votre téléphone]
[Votre email]

[Nom du voisin (destinataire)]
[Adresse du voisin]
[Code postal et ville du voisin]

[Lieu et date de rédaction]

Objet : Mise en demeure d'élaguer les plantations débordant sur ma propriété
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Je suis propriétaire du bien situé [Votre adresse], à [Votre code postal et ville], contigu à votre propriété. Je me permets de vous écrire au sujet de plantations dont les branches débordent sur mon terrain.

Les plantations concernées sont les suivantes : [Nature et emplacement des plantations concernées].

Je constate en effet le débordement suivant : [Description du débordement et de la gêne occasionnée]. Cette situation excède ce que je suis tenu de supporter et appelle un élagage de votre part.

Je vous rappelle qu'aux termes de l'article 673 du Code civil, « celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les couper ». Ce droit est expressément qualifié d'imprescriptible par le même article : il ne saurait être perdu par le seul écoulement du temps. Il vous appartient donc, en votre qualité de propriétaire des plantations, de procéder à l'élagage des branches qui dépassent la limite séparative de nos deux fonds.

Bien que la loi m'autorise à couper moi-même les racines, ronces et brindilles qui s'avancent jusqu'à la ligne séparative, je ne suis en revanche pas autorisé à couper les branches : cette obligation pèse exclusivement sur vous.

Par la présente, je vous mets donc en demeure de procéder à l'élagage complet des branches débordant sur ma propriété dans un délai de [Délai accordé pour l'élagage (en jours)] jours à compter de la réception de ce courrier.

À défaut d'exécution dans ce délai, je me verrai contraint de saisir le tribunal judiciaire, le cas échéant après tentative de conciliation préalable, afin d'obtenir votre condamnation à l'élagage, au besoin sous astreinte, ainsi que la réparation du préjudice subi.

Je reste naturellement à votre disposition pour convenir d'un rendez-vous et privilégier une issue amiable.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Puis-je couper moi-même les branches qui dépassent chez moi ?
Non. L'article 673 du Code civil ne vous autorise pas à couper vous-même les branches : vous pouvez seulement contraindre le voisin à le faire. Couper les branches sans son accord engagerait votre responsabilité. En revanche, vous avez le droit de couper vous-même les racines, ronces et brindilles qui avancent jusqu'à la ligne séparative.
Mon voisin peut-il invoquer la prescription pour refuser d'élaguer ?
Non. Le dernier alinéa de l'article 673 du Code civil précise que le droit de faire couper les branches est imprescriptible. Peu importe depuis combien d'années les branches débordent : votre voisin ne peut jamais opposer une prescription pour échapper à son obligation d'élagage.
À qui appartiennent les fruits tombés des branches débordantes ?
Les fruits qui tombent naturellement des branches surplombant votre terrain vous appartiennent, en application de l'article 673 du Code civil. En revanche, vous ne pouvez pas cueillir les fruits encore accrochés aux branches : seuls ceux tombés d'eux-mêmes deviennent les vôtres.
Que faire si le voisin ne réagit pas après la mise en demeure ?
Pour un litige de voisinage dont l'enjeu n'excède pas 5 000 €, vous devez d'abord tenter une conciliation (conciliateur de justice, gratuit), obligatoire avant la saisine du juge selon l'article 750-1 du Code de procédure civile. À défaut d'accord, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour faire ordonner l'élagage, au besoin sous astreinte par jour de retard.