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Mise en demeure de remboursement

Modèle de lettre de mise en demeure pour obtenir le remboursement d'une somme due par un professionnel : délai, intérêts de retard et envoi en recommandé.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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À quoi sert une mise en demeure de remboursement ?

La mise en demeure de remboursement est le courrier que vous adressez à un professionnel pour le sommer, de façon ferme et datée, de vous restituer une somme qu'il vous doit. Elle intervient lorsque les relances amiables (e-mails, appels, message au service client) sont restées sans effet. Contrairement à une simple réclamation, elle a une portée juridique : elle marque le point de départ des intérêts de retard et constitue la dernière étape avant une action contentieuse. Elle s'applique aussi bien à un remboursement après exercice du droit de rétractation, à l'annulation d'une commande ou d'un contrat, qu'à la restitution d'un trop-perçu ou d'un double prélèvement.

Le cadre légal exact

Plusieurs textes encadrent cette démarche. Il est utile de citer les bons articles dans votre lettre pour la rendre plus convaincante.

  • Article 1344 du Code civil : le débiteur est mis en demeure de payer soit par une sommation, soit par un acte portant interpellation suffisante. Votre lettre joue ce rôle.
  • Article 1344-1 du Code civil : la mise en demeure de payer une obligation de somme d'argent fait courir l'intérêt moratoire au taux légal, sans que le créancier soit tenu de justifier d'un préjudice.
  • Article 1231-6 du Code civil : précise les dommages-intérêts dus en cas de retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent.
  • Article L221-24 du Code de la consommation : en cas de rétractation lors d'une vente à distance, le professionnel doit rembourser la totalité des sommes versées, frais de livraison compris, au plus tard 14 jours après avoir été informé de la décision de rétractation.
  • Article L242-4 du Code de la consommation : sanctionne le retard de remboursement en matière de rétractation par une majoration progressive de la somme due (taux légal, puis 5 %, 10 %, 20 % et jusqu'à 50 % selon la durée du retard).

Le taux d'intérêt légal est révisé chaque semestre par arrêté ministériel ; il est nettement plus élevé lorsque le créancier est un particulier. Pour le premier semestre 2026, il s'établit à 6,67 % pour les créances dues à un particulier, contre 2,62 % entre professionnels. Il n'existe pas de formulaire Cerfa pour ce courrier : c'est une lettre libre, mais elle doit comporter des mentions précises pour produire ses effets.

La procédure pas à pas

1. Vérifier que la créance est exigible

Assurez-vous que la somme est réellement due et que le délai éventuel laissé au professionnel est dépassé. Pour une rétractation à distance, attendez l'expiration du délai de 14 jours imposé au vendeur avant d'envoyer la mise en demeure.

2. Rédiger la lettre avec les mentions obligatoires

Le courrier doit impérativement contenir le terme « mise en demeure » dans l'objet, l'identité complète des deux parties, la référence du dossier, le montant réclamé, le motif, un délai de paiement précis (15 jours est un standard raisonnable) et la mention des conséquences en cas de non-paiement. Visez l'article 1344 du Code civil.

3. Envoyer en recommandé avec accusé de réception

L'envoi en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) est essentiel : il prouve la date de réception, qui sert de point de départ au délai et aux intérêts. Conservez le récépissé de dépôt et l'avis de réception signé.

4. Attendre l'expiration du délai, puis agir

Si le professionnel ne réagit pas, vous pouvez engager les recours décrits plus bas.

Les pièces à joindre

  • Copie du bon de commande ou du contrat ;
  • Facture ou preuve de paiement (relevé bancaire, ticket) ;
  • Justificatif de votre demande initiale et des relances ;
  • Le cas échéant, l'attestation de retour du produit ou la confirmation de rétractation.

Joignez des copies, jamais les originaux, que vous garderez en cas de procédure.

Les erreurs à éviter

  • Envoyer un simple e-mail sans valeur probante équivalente : privilégiez la LRAR ou la lettre recommandée électronique qualifiée.
  • Oublier de fixer un délai clair, ce qui rend la mise en demeure inopérante.
  • Réclamer un montant erroné ou non justifié par les pièces.
  • Menacer de sanctions disproportionnées ou de procédures inexistantes.
  • Ne pas conserver l'accusé de réception, indispensable comme preuve.

Les recours en cas d'échec

Si la mise en demeure reste sans réponse, plusieurs voies s'ouvrent à vous. Vous pouvez d'abord saisir gratuitement le médiateur de la consommation dont dépend le professionnel, dont les coordonnées figurent sur son site ou ses conditions générales. En parallèle, signaler le litige sur la plateforme SignalConso de la DGCCRF peut faire pression. Si le désaccord persiste, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire : pour les litiges dont l'enjeu n'excède pas 5 000 euros, une tentative préalable de conciliation ou de médiation est en principe obligatoire depuis le 1er octobre 2023, sous peine d'irrecevabilité, et un conciliateur de justice intervient gratuitement. La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances, menée par un commissaire de justice, est une alternative rapide pour les sommes incontestées. Pensez enfin à respecter les délais de prescription : l'action d'un consommateur contre un professionnel se prescrit généralement par cinq ans.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

La mise en demeure est-elle obligatoire avant d'agir en justice ?
Elle n'est pas toujours imposée par la loi, mais elle est fortement recommandée. La mise en demeure constitue la preuve formelle de votre réclamation et fait courir les intérêts de retard au taux légal à compter de sa réception, en application de l'article 1344-1 du Code civil. Pour les litiges dont l'enjeu n'excède pas 5 000 euros, une tentative préalable de conciliation ou de médiation est par ailleurs obligatoire avant de saisir le juge, sous peine d'irrecevabilité de la demande.
À partir de quand court le délai pour rembourser ?
Le délai que vous fixez (par exemple 15 jours) court à compter de la réception de la lettre par le professionnel, et non de son envoi. C'est précisément l'intérêt de la lettre recommandée avec accusé de réception : l'avis signé prouve la date de réception. Pour une rétractation en vente à distance, le professionnel dispose en outre d'un délai légal de 14 jours pour rembourser à compter de la notification de votre rétractation (article L221-24 du Code de la consommation).
Puis-je réclamer des intérêts de retard et des frais ?
Oui. À l'expiration du délai, la somme due porte intérêt au taux légal sans que vous ayez à justifier d'un préjudice (article 1344-1 du Code civil) ; pour le premier semestre 2026, ce taux est de 6,67 % lorsque le créancier est un particulier. En matière de rétractation à distance, l'article L242-4 du Code de la consommation majore la somme due de façon progressive (taux légal, puis 5 %, 10 %, 20 % et jusqu'à 50 %) selon la durée du retard. Entre professionnels (B2B), s'ajoutent une indemnité forfaitaire de 40 euros et des pénalités prévues à l'article L441-10 du Code de commerce.
Que faire si le professionnel ne rembourse pas après la mise en demeure ?
Vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de la consommation dont relève le professionnel, puis, si nécessaire, le tribunal. Pour les litiges jusqu'à 5 000 euros, la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances par commissaire de justice ou la saisine du tribunal de proximité sont adaptées, après une tentative de règlement amiable obligatoire. Au-delà de 5 000 euros, vous saisissez le tribunal judiciaire ; pensez à respecter le délai de prescription, qui est de cinq ans pour l'action d'un consommateur contre un professionnel.