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Saisine du conciliateur de justice pour un litige de voisinage

Modèle de lettre pour saisir le conciliateur de justice et régler à l'amiable un litige de voisinage (clôture, bruit, plantations, mitoyenneté).

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Saisir le conciliateur de justice pour un conflit de voisinage : ce qu'il faut savoir

Les conflits de voisinage figurent parmi les litiges les plus fréquents en France : haies trop hautes, branches qui empiètent, clôture mal posée, nuisances sonores, mur mitoyen, écoulement des eaux ou trouble de jouissance. Avant de songer au tribunal, le législateur impose désormais de tenter une résolution amiable. La saisine du conciliateur de justice est la voie la plus simple, la plus rapide et la plus économique pour y parvenir.

Le cadre légal : une tentative amiable obligatoire

L'article 750-1 du Code de procédure civile pose le principe d'une tentative préalable obligatoire de résolution amiable du litige. Cette obligation s'applique notamment :

  • aux demandes dont le montant n'excède pas 5 000 euros ;
  • aux conflits de voisinage relevant des articles 646 et suivants du Code civil : bornage, distances de plantation, élagage, mitoyenneté, servitudes, curage des fossés.

Si vous saisissez directement le tribunal sans avoir tenté de conciliation, de médiation ou de procédure participative, le juge peut prononcer l'irrecevabilité de votre demande. Le Code prévoit toutefois des exceptions : urgence dûment justifiée, motif légitime tenant à l'indisponibilité d'un conciliateur dans un délai raisonnable, ou demande d'homologation d'un accord déjà conclu.

Le rôle du conciliateur de justice est encadré par les articles 1536 et suivants du Code de procédure civile. C'est un auxiliaire de justice bénévole, assermenté, nommé pour rapprocher les points de vue et favoriser un accord, sans pouvoir trancher le litige à la place d'un juge.

Comment et où saisir le conciliateur

La saisine est libre et gratuite. Vous pouvez :

  • vous rendre à une permanence en mairie, dans une maison de justice et du droit ou un point-justice ;
  • adresser un courrier exposant votre situation, comme le modèle proposé ci-dessus ;
  • effectuer la demande en ligne via le service public dédié.

Une fois saisi, le conciliateur convoque les deux parties à un entretien. Sa mission a une durée initiale de trois mois, renouvelable une fois. La présence n'est pas contrainte par la force, mais la bonne foi des participants conditionne la réussite de la démarche.

Les pièces utiles à préparer

  • une description écrite et datée des faits et de la gêne subie ;
  • les courriers déjà échangés avec le voisin (notamment un éventuel recommandé) ;
  • des photographies datées du trouble (haie, clôture, dégâts) ;
  • le plan cadastral ou le bornage de la propriété ;
  • un constat d'huissier (commissaire de justice) si vous en disposez ;
  • tout devis ou facture chiffrant le préjudice ou la remise en état.

Issue de la conciliation

Deux cas de figure sont possibles. En cas d'accord, le conciliateur peut rédiger un constat d'accord signé par les parties. Ce constat peut, à la demande de l'une ou des deux parties, être homologué par le juge : il devient alors exécutoire et peut être mis en œuvre par un commissaire de justice si le voisin ne respecte pas ses engagements. En cas d'échec, le conciliateur délivre une attestation de tentative ou un constat d'échec ; ce document vous permet de saisir ensuite le tribunal judiciaire en démontrant que l'obligation préalable a bien été respectée.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • saisir directement le tribunal sans tentative amiable, au risque de voir la demande déclarée irrecevable ;
  • négliger les démarches directes préalables avec le voisin, qui restent un préalable de bon sens et facilitent l'accord ;
  • se présenter sans pièces justificatives : un dossier clair et documenté augmente fortement les chances de succès ;
  • confondre le conciliateur de justice (gratuit) avec le médiateur conventionnel (souvent payant) ou avec un avocat ;
  • oublier de demander l'homologation de l'accord lorsque l'on craint son inexécution.

Et après ?

Si la conciliation n'aboutit pas, vous pouvez porter l'affaire devant le juge des contentieux de la protection ou le tribunal judiciaire selon la nature et le montant du litige. Pour les conflits techniques (limites de propriété, mitoyenneté), une expertise judiciaire peut être ordonnée. Conserver l'ensemble de vos courriers, du constat d'échec et de vos pièces sera déterminant pour la suite de la procédure.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal] [Ville]
Téléphone : [Téléphone]
E-mail : [Adresse e-mail]

À l'attention de [Conciliateur ou point-justice destinataire]
[Adresse de la permanence (mairie, point-justice)]

[Lieu et date]

Objet : demande de saisine en conciliation pour un litige de voisinage ([Nature du litige])

Madame, Monsieur le Conciliateur de justice,

Par la présente, je sollicite votre intervention afin de tenter de résoudre à l'amiable un différend qui m'oppose à mon voisin, [Nom du voisin concerné (partie adverse)], demeurant [Adresse du voisin concerné].

Ce litige concerne précisément le point suivant : [Description précise des faits et de la gêne subie]

Avant de vous saisir, j'ai déjà entrepris les démarches suivantes pour parvenir à un accord direct : [Démarches déjà entreprises auprès du voisin]. Malgré ces tentatives, aucune solution satisfaisante n'a pu être trouvée, ce qui me conduit à recourir à la conciliation.

La résolution que je souhaiterais voir aboutir est la suivante : [Solution amiable souhaitée]

Je suis disposé(e) à participer de bonne foi à une réunion de conciliation, à la date et au lieu que vous voudrez bien fixer, et à exposer ma situation en présence de mon voisin. Je tiens à votre disposition l'ensemble des pièces justificatives utiles (courriers, photographies, plan de la propriété, constat éventuel).

Je vous remercie par avance de l'attention que vous porterez à ma demande et vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le Conciliateur de justice, l'expression de ma considération distinguée.

[Vos nom et prénom]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

La saisine du conciliateur de justice est-elle obligatoire avant le tribunal ?
Oui, pour la plupart des litiges de voisinage. L'article 750-1 du Code de procédure civile impose une tentative préalable de résolution amiable (conciliation, médiation ou procédure participative) pour les demandes n'excédant pas 5 000 euros, ainsi que pour les conflits de voisinage tels que les bornages, distances de plantation, élagage, mitoyenneté ou servitudes. À défaut, le juge peut déclarer la demande irrecevable. Quelques exceptions existent (urgence justifiée, motif légitime, partie sollicitant l'homologation d'un accord).
Combien coûte la saisine d'un conciliateur de justice ?
La conciliation est entièrement gratuite. Le conciliateur de justice est un bénévole assermenté, nommé par le premier président de la cour d'appel ; il ne perçoit aucune rémunération et ne facture aucun honoraire aux parties. Vous n'avez pas non plus besoin d'un avocat pour cette démarche. Seuls d'éventuels frais annexes (par exemple un constat d'huissier que vous choisiriez de produire) restent à votre charge.
Que se passe-t-il si la conciliation aboutit à un accord ?
Lorsque les parties trouvent un terrain d'entente, le conciliateur peut rédiger un constat d'accord signé par chacune d'elles. Ce document met fin au litige. À la demande conjointe ou unilatérale des parties, ce constat peut être soumis au juge pour homologation : il acquiert alors force exécutoire, ce qui permet d'en obtenir l'exécution forcée si le voisin ne respecte pas ses engagements.
Que faire si la conciliation échoue ?
Si aucun accord n'est trouvé, le conciliateur établit un constat d'échec (ou une attestation de tentative). Ce document prouve que vous avez bien respecté l'obligation de tentative amiable préalable. Vous pouvez alors saisir le tribunal judiciaire compétent (juge des contentieux de la protection ou tribunal selon le montant) en joignant cette attestation à votre requête ou assignation.