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Demande de remboursement d'acompte après annulation

Modèle de lettre pour réclamer le remboursement d'un acompte après annulation ou non-livraison, avec la distinction acompte / arrhes (art. L214-1).

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Récupérer un acompte après l'annulation d'une commande

Verser un acompte au moment d'une commande est une pratique courante, qu'il s'agisse de l'achat d'un meuble, d'une cuisine équipée, d'une prestation de travaux ou d'une réservation. Lorsque la commande est annulée, la question du remboursement se pose immédiatement. La réponse dépend de la nature juridique de la somme versée et de la personne à l'origine de l'annulation. Comprendre ces règles permet de réclamer efficacement, et avec les bons fondements, la restitution des sommes dues.

Le cadre légal : acompte ou arrhes (article L214-1)

La pierre angulaire du sujet est l'article L214-1 du Code de la consommation. Il distingue deux types de versements préalables aux conséquences radicalement différentes :

  • L'acompte constitue un premier paiement qui scelle la conclusion définitive du contrat. La vente est ferme : ni le consommateur ni le professionnel ne peut se rétracter librement. Celui qui rompt l'engagement engage sa responsabilité contractuelle.
  • Les arrhes ouvrent au contraire une faculté de dédit. Le consommateur qui se désiste perd les arrhes versées ; le professionnel qui se désiste doit en restituer le double.

Point essentiel : en l'absence de mention contraire dans le contrat ou le bon de commande, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes. Il faut donc lire attentivement les conditions générales et le bon de commande pour qualifier exactement la somme litigieuse.

Restitution intégrale si l'annulation est imputable au professionnel

Lorsque l'annulation résulte d'une défaillance du vendeur (impossibilité de livrer, cessation d'activité, non-respect des caractéristiques convenues, retard fautif), le consommateur a droit à la restitution intégrale de l'acompte, et ce quelle que soit sa qualification. Il peut en outre solliciter des dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi sur le fondement du droit commun de la responsabilité contractuelle (articles 1217 et suivants du Code civil).

Le cas particulier de la non-livraison et de la rétractation

Deux situations bénéficient de protections renforcées :

  • Défaut de livraison ou d'exécution : si le bien n'est pas livré ou la prestation pas exécutée à la date convenue, le consommateur peut, après une mise en demeure restée infructueuse, résoudre le contrat (articles L216-6 et L216-7). Le professionnel doit alors rembourser toutes les sommes versées dans un délai de 14 jours ; à défaut, elles sont majorées de 10 % à 50 % selon le retard (article L242-4).
  • Droit de rétractation : pour un achat à distance (internet, téléphone) ou hors établissement, le consommateur dispose de 14 jours pour se rétracter sans motif (article L221-18). Le remboursement intégral, acompte compris, doit intervenir sous 14 jours (article L221-24).

La procédure pour obtenir le remboursement

  1. Rassemblez les preuves : bon de commande ou devis signé, justificatif de paiement de l'acompte, échanges écrits, preuve de l'annulation.
  2. Vérifiez la qualification de la somme (acompte ou arrhes) sur le bon de commande.
  3. Adressez une demande écrite, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, qui fait courir les délais et constitue une preuve.
  4. Fixez un délai clair de remboursement (14 jours est un standard raisonnable) et indiquez les suites envisagées en cas de refus.

Les pièces à joindre

  • Copie du bon de commande, du devis ou du contrat.
  • Justificatif du versement (reçu, ticket de carte bancaire, relevé de compte).
  • Preuve de l'annulation ou de la non-livraison (courriel, courrier du professionnel, mise en demeure antérieure).

Les erreurs à éviter

  • Confondre acompte et arrhes : renoncer en croyant pouvoir récupérer une somme qui est en réalité un acompte ferme, ou inversement.
  • S'en tenir à l'oral : sans trace écrite, la preuve du versement et de l'annulation devient difficile.
  • Oublier la mise en demeure : elle est souvent un préalable indispensable à la résolution du contrat et à toute action judiciaire.
  • Laisser filer le temps : l'action se prescrit généralement par cinq ans (article 2224 du Code civil).

Les recours en cas de refus

Si le professionnel ne répond pas ou refuse, plusieurs voies existent. Le médiateur de la consommation, dont les coordonnées figurent obligatoirement sur les documents commerciaux, propose une résolution amiable et gratuite. Le signalement sur la plateforme SignalConso de la DGCCRF permet d'alerter l'administration. Enfin, le tribunal judiciaire peut être saisi : pour les litiges modestes, la procédure est simplifiée. La conciliation préalable est encouragée et parfois obligatoire pour les petits montants. Une lettre soignée, appuyée sur les bons articles du Code de la consommation, suffit dans la grande majorité des cas à obtenir gain de cause sans procès.

[Votre nom complet]
[Votre adresse]
[Code postal] [Ville]
[Adresse e-mail]
[Téléphone]

[Nom du professionnel / de l'enseigne]
[Adresse du professionnel]
[Code postal et ville du professionnel]

[Ville de rédaction du courrier], le [Date du courrier]

Objet : Demande de remboursement de l'acompte versé pour la commande [Référence de la commande / du devis]
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Le [Date de la commande / du contrat], j'ai conclu auprès de votre établissement la commande référencée [Référence de la commande / du devis], portant sur [Bien ou prestation concerné]. À cette occasion, j'ai versé un acompte d'un montant de [Montant de l'acompte versé (€)] €.

Cette commande a depuis fait l'objet d'une annulation pour le motif suivant : [Motif de l'annulation]. Cette situation ouvre droit, à mon profit, à la restitution des sommes que j'ai versées.

Je vous rappelle qu'aux termes de l'article L214-1 du Code de la consommation, lorsque l'annulation du contrat est imputable au professionnel ou résulte de l'exercice d'un droit reconnu au consommateur, l'intégralité des sommes versées d'avance doit être restituée. Aucune retenue ne saurait être opérée à mon préjudice dans cette hypothèse.

En conséquence, je vous demande de bien vouloir me rembourser la somme de [Montant de l'acompte versé (€)] € dans un délai de quatorze (14) jours à compter de la réception de la présente, par virement ou par tout moyen de paiement à votre convenance.

À défaut de remboursement dans ce délai, je me réserve le droit de saisir le médiateur de la consommation compétent, de signaler ce litige à la DGCCRF, puis, le cas échéant, de porter l'affaire devant le tribunal judiciaire afin d'obtenir le remboursement assorti des intérêts et de dommages et intérêts.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Votre nom complet]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelle différence entre un acompte et des arrhes pour le remboursement ?
L'article L214-1 du Code de la consommation pose la distinction. L'acompte engage définitivement les deux parties : la vente est ferme et nul ne peut se rétracter sans engager sa responsabilité. Les arrhes, au contraire, autorisent chaque partie à renoncer : le consommateur qui se désiste perd les arrhes versées, tandis que le professionnel qui se désiste doit en restituer le double. En l'absence de précision dans le contrat, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes.
Mon acompte est-il intégralement remboursable si le professionnel annule ?
Oui. Lorsque l'annulation ou l'inexécution est imputable au professionnel (défaillance, non-livraison, fermeture), le consommateur a droit à la restitution intégrale de l'acompte. Il peut en outre réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi (frais engagés, surcoût lié au rachat ailleurs). À l'inverse, si c'est le consommateur qui renonce sans motif et que la somme est un acompte ferme, le professionnel peut conserver une indemnisation correspondant à son préjudice réel.
Dans quel délai le remboursement doit-il intervenir ?
En cas de rétractation pour un achat à distance ou hors établissement, le professionnel doit rembourser sous 14 jours (article L221-24 du Code de la consommation), faute de quoi les sommes sont majorées. En cas de non-livraison, le consommateur peut résoudre le contrat et obtenir le remboursement sous 14 jours, majoré de 10 % à 50 % selon le retard (article L242-4). Pour les autres annulations, il est d'usage de fixer un délai raisonnable de 14 jours dans la mise en demeure.
Que faire si le professionnel refuse de rembourser l'acompte ?
Adressez d'abord une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de silence, saisissez gratuitement le médiateur de la consommation dont les coordonnées figurent sur les documents du professionnel. Vous pouvez aussi signaler le litige à la DGCCRF via SignalConso. En dernier recours, saisissez le tribunal judiciaire (ou de proximité pour les petits litiges), dans un délai de cinq ans à compter de la date d'exigibilité du remboursement.