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Lettre d'information de refus de prêt (condition suspensive)

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Informez le vendeur ou le notaire du refus de votre prêt immobilier, faites jouer la condition suspensive de la loi Scrivener et récupérez votre dépôt de garantie.

Objet :
Adresser un courrier
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
15 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
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Pourquoi informer le vendeur du refus de prêt ?

Lorsque vous achetez un bien immobilier à crédit, le compromis (ou la promesse) de vente est presque toujours signé sous une condition suspensive d'obtention de prêt. Cette protection, instaurée par la loi Scrivener et codifiée à l'article L313-41 du Code de la consommation, signifie que la vente n'est définitive que si vous obtenez le financement prévu. Si la banque refuse votre demande, la condition n'est pas réalisée : le compromis devient caduc et vous n'êtes plus tenu d'acheter.

Cette caducité n'est toutefois pas automatique dans les faits : vous devez en informer le vendeur, preuve du refus à l'appui. La lettre poursuit ainsi un double objectif : acter officiellement que la vente ne se fera pas et réclamer la restitution des sommes déjà versées, en particulier le dépôt de garantie (aussi appelé indemnité d'immobilisation ou séquestre), qui représente le plus souvent 5 à 10 % du prix.

Quand et comment l'envoyer ?

Le délai est déterminant. L'article L313-41 impose une durée de validité de la condition suspensive qui ne peut être inférieure à un mois à compter de la signature de l'acte ; le compromis fixe le plus souvent un délai un peu plus long, de l'ordre de quarante-cinq à soixante jours. Vous devez notifier le refus avant l'expiration de ce délai. Passé cette date, le vendeur peut considérer que la condition est acquise et refuser de libérer votre dépôt.

Quelques bonnes pratiques permettent de sécuriser votre démarche :

  • Envoyez la lettre en recommandé avec accusé de réception, afin de dater précisément la notification.
  • Joignez systématiquement l'attestation de refus établie par la banque : c'est votre preuve principale.
  • Adressez une copie au notaire ou à l'agence qui détient le dépôt de garantie en séquestre.
  • Conservez le double de la lettre, l'avis de réception et l'ensemble de vos échanges avec l'établissement prêteur.
  • Vérifiez que la demande de prêt refusée correspondait bien au montant, au taux et à la durée indiqués dans le compromis.

Les pièges à éviter et les suites possibles

Le principal risque tient à la conformité de votre demande de prêt. La condition suspensive ne vous protège que si vous avez sollicité un financement conforme aux caractéristiques stipulées dans le compromis. Si vous n'avez déposé aucune demande, ou une demande volontairement irréaliste, le vendeur peut invoquer l'article 1304-3 du Code civil, selon lequel la condition suspensive est réputée accomplie lorsque celui qui y avait intérêt en a empêché la réalisation. Vous risqueriez alors de perdre votre dépôt, voire de devoir des dommages et intérêts.

Une fois le refus notifié dans les règles, la restitution doit intervenir sans difficulté : l'article L313-41 du Code de la consommation précise que toute somme versée d'avance est immédiatement et intégralement remboursable, sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. En pratique, le notaire ou l'agent débloque le séquestre au vu de votre lettre et de l'attestation bancaire.

Si le vendeur ou le séquestre tarde à restituer les fonds, adressez une mise en demeure de restitution du dépôt de garantie, elle aussi en recommandé. À défaut de remboursement, la somme due produit des intérêts au taux légal majoré de moitié à compter du quinzième jour suivant votre demande. En cas de blocage persistant, vous pouvez saisir le juge (le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble) pour obtenir le remboursement. Le recours préalable à un conciliateur de justice, gratuit, permet souvent de dénouer le litige sans procès.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Votre code postal et ville]

[Destinataire (vendeur, notaire ou agence)]
[Adresse du destinataire]
[Code postal et ville du destinataire]

[Ville de rédaction de la lettre], le [Date de la lettre]

Objet : Refus de prêt et mise en jeu de la condition suspensive de financement — compromis de vente du [Date de signature du compromis]

Madame, Monsieur,

Par acte signé le [Date de signature du compromis], j'ai conclu un compromis de vente portant sur le bien immobilier situé [Adresse du bien immobilier concerné] (dossier référencé [Référence du dossier ou du compromis]). Cet avant-contrat était conclu sous la condition suspensive de l'obtention d'un prêt destiné à financer cette acquisition, d'un montant de [Montant du prêt sollicité], conformément aux articles L313-40 et suivants du Code de la consommation (loi dite Scrivener).

Comme l'exigeait le compromis, j'ai présenté une demande de financement correspondant aux caractéristiques qui y étaient stipulées (montant, taux et durée) auprès de [Banque ayant refusé le prêt]. Cet établissement m'a notifié un refus de prêt en date du [Date du refus de prêt]. Une copie de l'attestation de refus délivrée par la banque est jointe à la présente afin de justifier cette non-obtention.

La condition suspensive de financement n'étant pas réalisée, le compromis de vente est caduc de plein droit, en application de l'article L313-41 du Code de la consommation. Je vous informe donc que la vente ne pourra pas se réaliser, sans qu'aucune faute ne puisse m'être imputée.

Ce même article prévoit que, lorsque la condition suspensive n'est pas réalisée, toute somme versée d'avance par l'acquéreur lui est immédiatement et intégralement restituée, sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. Je vous demande en conséquence de donner toutes instructions utiles pour que le dépôt de garantie de [Montant du dépôt de garantie versé], versé lors de la signature, me soit restitué dans les meilleurs délais.

Je vous remercie de bien vouloir procéder à cette restitution à réception de la présente et reste à votre disposition pour vous transmettre tout justificatif complémentaire.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Dans quel délai dois-je envoyer cette lettre au vendeur ?
Vous devez notifier le refus de prêt pendant la durée de validité de la condition suspensive fixée par le compromis, qui ne peut être inférieure à un mois à compter de la signature de l'acte (article L313-41 du Code de la consommation). Passé ce délai, le vendeur peut considérer que la condition est acquise et vous réclamer des indemnités. Il est donc prudent d'envoyer la lettre en recommandé avec accusé de réception dès réception du refus bancaire.
Le vendeur peut-il conserver mon dépôt de garantie ?
Non. L'article L313-41 du Code de la consommation prévoit que, lorsque la condition suspensive de prêt n'est pas réalisée, toute somme versée d'avance est immédiatement et intégralement restituée à l'acquéreur, sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. Le dépôt de garantie, souvent séquestré chez le notaire ou l'agence, doit donc vous être rendu en totalité.
Dois-je joindre une preuve du refus de prêt ?
Oui, c'est vivement conseillé. Joignez l'attestation ou la lettre de refus délivrée par la banque : elle prouve que la condition suspensive n'a pas été réalisée et déclenche la caducité du compromis. Sans ce justificatif, le vendeur pourrait contester la mise en jeu de la condition suspensive et retarder la restitution de votre dépôt.
Que se passe-t-il si ma demande de prêt n'était pas conforme au compromis ?
La protection ne joue que si votre demande correspond aux caractéristiques stipulées dans le compromis (montant, taux maximal, durée). Si vous n'avez sollicité aucun prêt ou demandé un financement volontairement non conforme, la condition suspensive peut être réputée accomplie parce que vous en avez empêché la réalisation (article 1304-3 du Code civil). Vous vous exposeriez alors à perdre votre dépôt, voire à devoir des dommages et intérêts.
À qui dois-je adresser cette lettre ?
Adressez-la au vendeur, qui est votre cocontractant. Si le dépôt de garantie est détenu par un notaire ou une agence immobilière au titre du séquestre, envoyez-leur une copie afin qu'ils débloquent les fonds. Un envoi en recommandé avec accusé de réception vous permet de dater précisément votre notification et de constituer une preuve.