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Réclamation pour des travaux mal réalisés (artisan)

Modèle de lettre pour réclamer à un artisan la reprise de travaux mal réalisés : malfaçons, garanties légales, mise en demeure, expertise et recours.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Travaux mal réalisés par un artisan : quels sont vos droits ?

Carrelage qui se descelle, peinture qui cloque, infiltrations après une rénovation de toiture, installation électrique non conforme : les malfaçons sur un chantier sont une source fréquente de litiges entre particuliers et artisans. La loi française protège pourtant solidement le client grâce à un dispositif de garanties légales et à l'obligation, pour l'entrepreneur, d'exécuter les travaux conformément aux règles de l'art. Avant d'envisager une action en justice, une réclamation écrite et structurée permet le plus souvent d'obtenir la reprise des désordres à l'amiable.

Le cadre légal : trois garanties à connaître

Selon la nature et la gravité du défaut, ainsi que le délai écoulé depuis la fin des travaux, trois garanties légales peuvent être invoquées.

La garantie de parfait achèvement

Prévue par l'article 1792-6 du Code civil, elle oblige l'artisan à réparer, pendant un an à compter de la réception des travaux, tous les désordres signalés, qu'ils aient été mentionnés dans le procès-verbal de réception ou révélés ensuite. C'est la garantie la plus large dans la première année.

La garantie biennale de bon fonctionnement

Issue de l'article 1792-3 du Code civil, elle couvre pendant deux ans les éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage : chaudière, radiateurs, volets, robinetterie, interphone. Si l'un de ces équipements cesse de fonctionner correctement, l'artisan doit le réparer ou le remplacer.

La garantie décennale

L'article 1792 du Code civil impose une garantie de dix ans pour les dommages les plus graves, ceux qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : fissures importantes, effondrement, infiltrations rendant un local inhabitable, défaut d'étanchéité de la toiture. L'artisan est tenu de souscrire une assurance décennale, dont l'attestation doit figurer sur le devis et la facture.

En dehors de ces garanties spéciales, vous pouvez toujours invoquer la responsabilité contractuelle de droit commun (article 1231-1 du Code civil) lorsque les travaux ne respectent pas le devis ou les règles de l'art.

La procédure à suivre étape par étape

  • Constater et documenter les malfaçons par des photos datées, et idéalement par un constat d'huissier (commissaire de justice) ou un rapport d'artisan tiers.
  • Adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, décrivant précisément les désordres et fixant un délai raisonnable de reprise (souvent 15 jours).
  • Saisir le médiateur de la consommation dont dépend l'artisan en l'absence de réponse (article L612-1 du Code de la consommation), démarche gratuite et obligatoirement proposée par le professionnel.
  • Demander une expertise judiciaire au juge (article 145 du Code de procédure civile) pour faire chiffrer les désordres et établir les responsabilités.
  • Saisir le tribunal compétent si aucune solution amiable n'aboutit.

Les pièces à réunir

  • Le devis signé et la facture acquittée mentionnant le détail des prestations.
  • Le procès-verbal de réception des travaux, avec ou sans réserves.
  • Les photographies datées et tout constat d'huissier des désordres.
  • Les échanges écrits avec l'artisan (courriels, SMS, courriers).
  • L'attestation d'assurance décennale figurant sur les documents commerciaux.
  • Le cas échéant, le contrat d'assurance dommages-ouvrage du logement.

Les erreurs à éviter

  • Réclamer oralement uniquement : sans écrit recommandé, vous ne pourrez pas prouver votre démarche ni faire courir les délais.
  • Régler la totalité de la facture avant d'avoir vérifié la conformité des travaux : une retenue de garantie ou la conservation du solde renforce votre position.
  • Faire reprendre les travaux par une autre entreprise sans avoir laissé à l'artisan la possibilité de réparer : cela peut vous priver d'une partie de l'indemnisation.
  • Laisser passer les délais : un an pour le parfait achèvement, deux ans pour le bon fonctionnement, dix ans pour la décennale, à compter de la réception.

Les recours en cas d'échec amiable

Si la médiation n'aboutit pas, le tribunal compétent dépend du montant en jeu : le tribunal de proximité pour les litiges jusqu'à 10 000 €, le tribunal judiciaire au-delà. Pour les demandes dont le montant est inférieur ou égal à 5 000 €, une tentative préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe exigée avant toute saisine, à peine d'irrecevabilité de la demande. L'expertise judiciaire reste l'outil central pour établir la réalité des malfaçons et chiffrer la reprise. Si l'artisan a disparu ou est insolvable, l'assurance décennale ou votre assurance dommages-ouvrage peuvent prendre le relais. Enfin, en cas de pratique frauduleuse manifeste, vous pouvez signaler l'entreprise à la DGCCRF.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal et ville]
[Votre téléphone]
[Votre email]

[Nom ou raison sociale de l'artisan]
[Adresse de l'artisan]

[Lieu et date]

Objet : Réclamation pour travaux mal réalisés et mise en demeure de reprise des malfaçons
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Vous êtes intervenu à mon domicile, situé [Adresse du chantier], pour la réalisation des travaux suivants : [Nature des travaux réalisés]. Ces travaux, commandés au titre du devis signé le [Date du devis signé] pour un montant total de [Montant total facturé (€)] €, ont été achevés le [Date de fin / réception des travaux].

Or, je constate aujourd'hui que ces travaux présentent d'importantes malfaçons : [Description précise des malfaçons constatées]. Ces désordres rendent l'ouvrage non conforme aux règles de l'art et à ce qui avait été convenu entre nous.

En application de votre obligation contractuelle d'exécuter les travaux conformément aux règles de l'art (article 1231-1 du Code civil) et des garanties légales attachées à votre intervention, notamment la garantie de parfait achèvement (article 1792-6 du Code civil), il vous appartient de reprendre ces désordres à vos frais exclusifs.

Par la présente, je vous mets en demeure de procéder à la reprise complète de ces malfaçons dans un délai de [Délai accordé pour la reprise (jours)] jours à compter de la réception de ce courrier. Je vous invite à me contacter sans délai afin de convenir d'une date d'intervention.

À défaut de réponse ou d'intervention de votre part dans ce délai, je me réserve le droit de faire constater les désordres par un expert, de faire réaliser les reprises par une autre entreprise à vos frais et d'engager toute action devant la juridiction compétente afin d'obtenir réparation de mon préjudice.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelle garantie invoquer face à un artisan pour des travaux mal faits ?
Trois garanties légales coexistent selon le défaut. La garantie de parfait achèvement (article 1792-6 du Code civil) couvre tous les désordres signalés dans l'année qui suit la réception des travaux. La garantie biennale de bon fonctionnement (article 1792-3) s'applique pendant 2 ans aux équipements dissociables de l'ouvrage (volets, chaudière, radiateurs). La garantie décennale (article 1792) couvre pendant 10 ans les dommages graves compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination (infiltrations, fissures structurelles).
Faut-il une mise en demeure avant d'agir en justice ?
Oui, elle est vivement recommandée et souvent indispensable. La mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception fixe une date certaine, prouve votre réclamation et fait courir d'éventuels intérêts. Elle est aussi un préalable utile avant toute action contentieuse : le juge vérifie que l'artisan a bien été mis en mesure de réparer ses malfaçons avant d'être condamné. Sans réponse, elle ouvre la voie à l'expertise et au tribunal.
Que faire si l'artisan ne répond pas ou refuse de reprendre les travaux ?
Vous pouvez d'abord saisir gratuitement le médiateur de la consommation dont dépend l'artisan (article L612-1 du Code de la consommation), ses coordonnées figurant sur le devis ou la facture. Si la médiation échoue, vous pouvez demander au juge une expertise judiciaire (article 145 du Code de procédure civile) pour établir les désordres, puis saisir le tribunal judiciaire. Vous pouvez aussi déclarer le sinistre à votre assurance dommages-ouvrage si vous en disposez.
Quel tribunal saisir et dans quel délai ?
Pour un litige inférieur ou égal à 10 000 €, le tribunal de proximité est compétent ; au-delà, c'est le tribunal judiciaire. Pour les litiges dont le montant est inférieur ou égal à 5 000 €, une tentative préalable de résolution amiable (conciliation, médiation ou procédure participative) est en principe obligatoire avant la saisine, sous peine d'irrecevabilité. Les délais d'action dépendent de la garantie : 1 an pour le parfait achèvement, 2 ans pour le bon fonctionnement, 10 ans pour la garantie décennale, à compter de la réception des travaux.