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Lettre de contestation d'une clause abusive dans un contrat

Modèle de lettre pour contester une clause abusive et en demander la suppression, fondé sur les articles L212-1 et R212-1 du Code de la consommation.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Quand utiliser cette lettre ?

Cette lettre s'adresse à tout consommateur qui repère, dans un contrat conclu avec un professionnel (abonnement, achat, prestation de services, assurance, télécom, salle de sport, etc.), une clause qui le désavantage de façon manifeste. Elle permet de demander formellement au professionnel de renoncer à l'application de cette clause et d'en faire constater le caractère « non écrit », avant tout recours amiable ou judiciaire. Elle est particulièrement utile face à une pénalité disproportionnée, une faculté de modification unilatérale du contrat par le professionnel, une limitation abusive de vos droits ou une entrave excessive à la résiliation.

Cadre légal

La protection contre les clauses abusives repose sur le Code de la consommation :

  • Article L.212-1 : est abusive la clause qui crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Ce caractère s'apprécie au moment de la conclusion du contrat, au regard de l'ensemble des circonstances et des autres clauses.
  • Article R.212-1 : liste des clauses « noires », irréfragablement présumées abusives et donc interdites en toutes circonstances (le professionnel ne peut pas les justifier).
  • Article R.212-2 : liste des clauses « grises », présumées abusives sauf si le professionnel prouve qu'elles ne créent pas de déséquilibre significatif.
  • Article L.241-1 : la clause abusive est réputée non écrite. Elle est privée d'effet et inopposable, mais le reste du contrat continue de s'appliquer s'il peut subsister sans elle.

La Commission des clauses abusives (CCA) publie des recommandations sectorielles utiles pour argumenter. En cas d'échec, la DGCCRF (via la plateforme SignalConso), le médiateur de la consommation et le tribunal judiciaire peuvent être mobilisés.

La procédure étape par étape

  1. Repérer et recopier la clause : reproduisez-la mot pour mot, en indiquant l'article ou le paragraphe du contrat où elle figure.
  2. Vérifier les listes R.212-1 et R.212-2 : identifiez si la clause figure parmi les clauses noires ou grises, ou si elle crée un déséquilibre significatif au sens de l'article L.212-1.
  3. Envoyer cette lettre en recommandé avec accusé de réception : le courrier écrit et daté constitue une preuve de votre démarche et fait courir le délai de réponse.
  4. Conserver une copie du contrat, de la lettre et de l'accusé de réception.
  5. En l'absence de réponse satisfaisante, saisir le médiateur de la consommation puis, le cas échéant, le tribunal judiciaire.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Rester dans le vague : citez la clause exacte et expliquez précisément en quoi elle vous désavantage. Un simple « je trouve ce contrat injuste » n'a aucune portée.
  • Confondre clause abusive et clause qui vous déplaît : une clause n'est abusive que si elle crée un déséquilibre significatif. Le prix et l'objet principal du contrat, s'ils sont clairs, échappent en principe à ce contrôle.
  • Cesser de payer unilatéralement : demander la suppression d'une clause ne vous autorise pas à suspendre vos propres obligations tant que le litige n'est pas tranché.
  • Envoyer en courrier simple : privilégiez le recommandé avec accusé de réception pour disposer d'une preuve datée.

Que faire en cas de refus ou d'absence de réponse ?

Si le professionnel refuse ou ne répond pas dans le délai indiqué, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de la consommation dont relève l'entreprise (ses coordonnées figurent en principe sur le contrat, le site ou les conditions générales). Vous pouvez également signaler la clause à la DGCCRF via SignalConso, ce qui n'obtient pas réparation individuelle mais alerte l'administration. Enfin, le tribunal judiciaire peut être saisi pour faire juger la clause abusive et donc réputée non écrite ; le juge peut soulever ce caractère abusif d'office. Pensez à agir avant l'expiration des délais de prescription applicables à votre litige.

[Prénom] [Nom]
[Adresse]
[Code postal] [Ville de résidence]
[Téléphone]
[Adresse e-mail]

[Nom de l'entreprise / du professionnel]
[Adresse du destinataire]
[Code postal du destinataire] [Ville du destinataire]

[Ville de rédaction], le [Date de la lettre]

Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : contestation d'une clause abusive au titre de l'article L.212-1 du Code de la consommation – contrat [Référence / numéro du contrat]

Madame, Monsieur,

J'ai souscrit auprès de vos services, le [Date de conclusion du contrat], un contrat portant sur [Objet du contrat], référencé sous le numéro [Référence / numéro du contrat]. Après relecture attentive de ce contrat, je constate qu'il comporte une clause dont je conteste la validité.

La clause en cause est ainsi rédigée :

« [Reproduction de la clause contestée] »

Cette clause me paraît présenter un caractère abusif. En effet, aux termes de l'article L.212-1 du Code de la consommation, dans les contrats conclus entre professionnels et consommateurs, sont abusives les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.

En l'espèce, ce déséquilibre significatif se caractérise de la manière suivante : [En quoi la clause crée un déséquilibre]

Je vous rappelle par ailleurs que l'article R.212-1 du Code de la consommation dresse la liste des clauses irréfragablement présumées abusives (dites « clauses noires »), interdites en toutes circonstances, et que l'article R.212-2 énumère les clauses présumées abusives (dites « clauses grises »), qui ne peuvent être maintenues que si le professionnel rapporte la preuve qu'elles ne créent pas un tel déséquilibre.

Conformément à l'article L.241-1 du même code, une clause abusive est réputée non écrite : elle est privée d'effet et ne m'est pas opposable, le contrat demeurant applicable dans l'ensemble de ses autres dispositions s'il peut subsister sans la clause litigieuse.

En conséquence, je vous demande de bien vouloir constater le caractère non écrit de cette clause, de renoncer expressément à son application à mon égard et de m'en confirmer la suppression par écrit. Je vous invite à me faire connaître votre position dans un délai de quinze jours à compter de la réception de la présente.

À défaut de réponse satisfaisante de votre part, je me réserve le droit de saisir le médiateur de la consommation compétent, de signaler ce contrat auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ainsi que de porter le litige devant le tribunal judiciaire afin de faire reconnaître le caractère abusif de cette clause.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom] [Nom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Qu'est-ce qu'une clause abusive au sens de la loi ?
Selon l'article L.212-1 du Code de la consommation, une clause est abusive lorsqu'elle crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Ce caractère s'apprécie au moment de la conclusion du contrat, en tenant compte de toutes les circonstances et des autres clauses. Le prix et l'objet principal, s'ils sont rédigés clairement, échappent en principe à ce contrôle.
Quelle est la différence entre clause noire et clause grise ?
Les clauses « noires » sont listées à l'article R.212-1 : elles sont irréfragablement présumées abusives, donc interdites en toutes circonstances, sans que le professionnel puisse les justifier. Les clauses « grises » figurent à l'article R.212-2 : elles sont présumées abusives, mais le professionnel peut les maintenir s'il prouve qu'elles ne créent pas de déséquilibre significatif.
Que signifie une clause « réputée non écrite » ?
En application de l'article L.241-1 du Code de la consommation, une clause abusive est réputée non écrite : elle est considérée comme n'ayant jamais existé et ne peut vous être opposée. Le reste du contrat continue toutefois de s'appliquer, dès lors qu'il peut subsister sans la clause litigieuse.
Le professionnel est-il obligé de supprimer la clause si je lui demande ?
Votre lettre le met en demeure de renoncer à la clause, mais lui seul décide d'accéder ou non à votre demande à l'amiable. S'il refuse, c'est en définitive le juge qui peut déclarer la clause abusive et donc non écrite ; il peut d'ailleurs relever ce caractère d'office. Vous pouvez aussi saisir au préalable le médiateur de la consommation.