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Main courante : modèle de déclaration

Modèle de déclaration de main courante à déposer au commissariat ou en gendarmerie : signalez des faits, datez-les et conservez une preuve écrite.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Qu'est-ce qu'une main courante ?

La main courante est une déclaration faite auprès d'un service de police nationale, qui en consigne le contenu dans un registre dédié. Lorsqu'elle est effectuée auprès d'une brigade de gendarmerie, elle prend le nom de procès-verbal de renseignement judiciaire. Son objet est simple : faire acter officiellement la réalité et la date de faits qui peuvent avoir une importance juridique, sans pour autant demander l'ouverture de poursuites.

Contrairement à une idée répandue, déposer une main courante n'engage aucune action contre la personne éventuellement citée : celle-ci n'est ni informée, ni convoquée, ni auditionnée. La déclaration n'est, en principe, pas transmise au procureur de la République et ne déclenche aucune enquête.

Main courante ou plainte : bien choisir

La distinction entre ces deux démarches est essentielle car leurs effets juridiques diffèrent profondément.

  • La main courante sert à conserver une trace écrite et datée de faits. Elle n'entraîne aucune poursuite et n'oblige les services à aucune investigation.
  • La plainte a pour but de signaler une infraction et de demander des poursuites contre son auteur. Elle est transmise au procureur, qui décide des suites à donner (classement, enquête, poursuites).

Un point de vigilance important : la main courante n'interrompt pas le délai de prescription de l'action publique. Si la conservation d'un recours pénal vous importe, la plainte reste la voie appropriée. Par ailleurs, lorsque les faits sont graves, en particulier en cas de violences conjugales ou intrafamiliales, les autorités recommandent de déposer plainte plutôt qu'une simple main courante.

Dans quels cas l'utiliser ?

La main courante répond bien aux situations où l'on souhaite se ménager une preuve de bonne foi ou documenter une situation évolutive, sans déclencher de procédure pénale. Les cas d'usage les plus fréquents sont :

  • le départ du domicile conjugal, pour attester que ce départ n'est pas un abandon de famille ;
  • le non-respect d'un droit de visite ou d'hébergement après une séparation ;
  • les conflits de voisinage (nuisances sonores, mésententes répétées) ;
  • les différends familiaux ou les menaces verbales que l'on souhaite simplement consigner.

Comment déposer une main courante ?

La démarche est gratuite. Vous pouvez vous présenter dans n'importe quel commissariat de police ou n'importe quelle brigade de gendarmerie, quel que soit le lieu des faits.

Les informations à préparer

  • vos nom, prénom, date de naissance et adresse ;
  • une pièce d'identité ;
  • la date, l'heure et le lieu précis des faits ;
  • une description claire, factuelle et chronologique des événements ;
  • l'identité des éventuels témoins.

Rédiger à l'avance une déclaration écrite, comme le modèle proposé sur cette page, vous aide à n'omettre aucun élément et à présenter les faits de manière ordonnée à l'agent qui recueille votre déclaration.

Conserver une trace

Pensez à demander une copie ou un récépissé de votre déclaration. Ce document daté pourra vous être utile ultérieurement, notamment devant un juge aux affaires familiales ou en cas de dépôt de plainte sur les mêmes faits. Une main courante est en effet consultable par un avocat dans le cadre d'une procédure judiciaire.

Les erreurs à éviter

  • Croire qu'une main courante déclenche une enquête : elle ne fait que consigner des faits. Pour des poursuites, il faut porter plainte.
  • S'en contenter pour des faits graves : en cas de violences ou d'infraction sérieuse, la plainte est la démarche adaptée.
  • Rester vague : une déclaration précise, datée et factuelle aura plus de valeur qu'un récit imprécis.
  • Oublier de réclamer une copie : sans trace écrite remise, la preuve de votre démarche sera plus difficile à établir.

Quels recours ensuite ?

Établir une main courante ne vous prive d'aucun droit. Vous pouvez à tout moment, et même après plusieurs mois, déposer plainte sur les mêmes faits tant que la prescription n'est pas acquise. La main courante servira alors d'élément de chronologie. Si les faits relèvent d'un litige civil ou familial, vous pourrez également la produire à l'appui de votre dossier devant la juridiction compétente.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelle est la différence entre une main courante et une plainte ?
La main courante sert uniquement à signaler et dater des faits ; elle est consignée dans un registre mais n'est pas transmise au procureur de la République et ne déclenche ni enquête ni convocation de la personne mise en cause. La plainte, à l'inverse, vise à engager des poursuites : elle est transmise au procureur et peut donner lieu à une enquête. En gendarmerie, la main courante prend la forme d'un procès-verbal de renseignement judiciaire.
Une main courante a-t-elle une valeur de preuve ?
Elle ne constitue pas une preuve à elle seule, mais elle établit officiellement la date et la teneur de faits déclarés. Elle peut servir de début de preuve ou d'élément de chronologie si vous décidez ensuite de déposer plainte ou d'engager une procédure, notamment civile. Elle est consultable par votre avocat dans le cadre d'une procédure judiciaire.
Dans quels cas déposer une main courante plutôt qu'une plainte ?
La main courante est adaptée pour signaler des faits sans gravité pénale immédiate ou que vous ne souhaitez pas poursuivre : départ du domicile conjugal, conflit de voisinage, non-respect d'un droit de visite, différend familial. En revanche, en cas de violences, notamment conjugales, ou d'infraction caractérisée, il est recommandé de déposer plainte afin de déclencher une enquête.
Une main courante interrompt-elle le délai de prescription ?
Non. À la différence d'une plainte, la main courante n'interrompt pas le délai de prescription de l'action publique. Si vous souhaitez préserver la possibilité de poursuites, vous devez déposer plainte dans les délais légaux. Vous pouvez d'ailleurs déposer plainte ultérieurement même après avoir établi une main courante sur les mêmes faits.