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Contestation du coefficient bonus-malus de l’assurance auto

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Modèle de lettre pour contester un coefficient bonus-malus appliqué à tort par votre assureur auto et demander la rectification de votre relevé d’information.

Objet :
Contester une décision
Mode d'envoi conseillé :
Recommandé avec accusé de réception — seule preuve d'une date de réception opposable
Personnalisation :
24 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF

Comprendre la lettre recommandée avec accusé de réception — valeur juridique, tarifs et délais.

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Ce que dit la règle du bonus-malus

Le coefficient de réduction-majoration (CRM), appelé couramment bonus-malus, n’est pas un tarif libre : son calcul est fixé par la clause-type annexée à l’article A121-1 du Code des assurances, que les contrats automobiles concernés doivent reprendre. Une erreur se conteste donc pièces à l’appui, sans avoir à négocier commercialement.

Le coefficient de départ est de 1. Il baisse de 5 % par année d’assurance sans sinistre responsable (multiplication par 0,95) et ne peut descendre sous 0,50. Chaque sinistre engageant entièrement la responsabilité du conducteur le majore de 25 %, et de 12,5 % en cas de partage, sans pouvoir dépasser 3,50. La période retenue est celle des douze mois s’achevant deux mois avant l’échéance annuelle : un sinistre récent n’est parfois répercuté que l’année suivante.

Les erreurs les plus fréquentes

  • un sinistre non responsable comptabilisé comme responsable, souvent parce que le recours contre le tiers a abouti après la mise à jour du contrat ;
  • un vol, un incendie, un bris de glace ou une catastrophe naturelle intégré au calcul alors que la clause-type l’écarte expressément ;
  • un sinistre rattaché à un autre conducteur ou à un autre contrat ;
  • la non-application de la « descente rapide » : après deux années consécutives sans sinistre, le coefficient ne peut plus dépasser 1 ;
  • l’oubli de la règle écartant la majoration pour le premier sinistre survenu après au moins trois années consécutives au coefficient 0,50.

À qui écrire, quand et comment

Adressez la lettre au service réclamations de votre assureur, dont les coordonnées figurent sur les conditions générales et sur l’avis d’échéance ; à défaut, écrivez au siège social, avec copie à votre agent ou à votre courtier. Le recommandé avec accusé de réception date la réclamation et sert de preuve si le dossier va plus loin.

Écrivez dès réception de l’avis d’échéance. Toute action née du contrat d’assurance se prescrit par deux ans (article L114-1 du Code des assurances). Contester ne dispense pas de payer la cotisation appelée : un impayé exposerait à une suspension de garantie après mise en demeure, et le trop-perçu se rembourse ensuite.

Pièces à joindre

La liste dépend du motif ; joignez au moins les documents dont vous disposez :

  • le relevé d’information contesté et l’avis d’échéance mentionnant le coefficient ;
  • le constat amiable, la déclaration de sinistre ou le procès-verbal ;
  • tout écrit reconnaissant la responsabilité du tiers : courrier de son assureur, décision de justice, aboutissement du recours ;
  • les relevés d’information des années précédentes en cas d’erreur d’historique.

Réponse, refus et recours

Les assureurs accusent en général réception d’une réclamation sous dix jours ouvrables et y répondent dans les deux mois, conformément aux recommandations de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. En cas de refus ou de silence, la Médiation de l’Assurance peut être saisie gratuitement une fois le recours interne épuisé ; elle rend un avis, en principe dans les quatre-vingt-dix jours suivant la réception d’un dossier complet, avis qui ne lie pas les parties. Le tribunal judiciaire reste ensuite compétent.

Une nuance : rectifier le coefficient ne fait pas toujours baisser la prime autant qu’espéré, car l’assureur garde la liberté de tarifer selon vos antécédents et peut résilier après sinistre lorsque le contrat le prévoit.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Votre code postal et votre ville]
Téléphone : [Votre numéro de téléphone]
Courriel : [Votre adresse e-mail]

[Nom de votre compagnie d’assurance]
Service réclamations
[Adresse du service réclamations de l’assureur]
[Code postal et ville de l’assureur]

Lettre recommandée avec accusé de réception

[Lieu de rédaction de la lettre], le [Date de la lettre]

Objet : contestation du coefficient de réduction-majoration appliqué au contrat n° [Numéro de votre contrat d’assurance auto] et demande de rectification

Madame, Monsieur,

Je suis titulaire du contrat d’assurance automobile n° [Numéro de votre contrat d’assurance auto] souscrit auprès de votre compagnie pour le véhicule [Marque et modèle du véhicule] immatriculé [Plaque d’immatriculation du véhicule].

À l’échéance du [Date d’échéance annuelle du contrat], vous avez appliqué à ce contrat un coefficient de réduction-majoration de [Coefficient bonus-malus appliqué par l’assureur], qui se traduit par une majoration de ma cotisation de [Montant de la majoration de cotisation constatée] euros. Je conteste ce coefficient et vous demande de le rectifier.

Cette majoration est rattachée au sinistre survenu le [Date du sinistre contesté], enregistré sous la référence [Numéro de dossier du sinistre], dont la nature est la suivante : [Nature du sinistre concerné]. Or ce sinistre ne pouvait pas donner lieu à majoration, pour le motif suivant : [Motif de votre contestation].

Les circonstances exactes sont les suivantes : [Circonstances du sinistre et éléments à faire valoir]

Je vous rappelle que le coefficient de réduction-majoration n’est pas librement fixé par l’assureur : il obéit à la clause-type annexée à l’article A121-1 du Code des assurances. Celle-ci ne prévoit de majoration que pour les sinistres ayant engagé, totalement ou partiellement, la responsabilité du conducteur, à raison de 25 % en cas de responsabilité entière et de 12,5 % en cas de partage. Les sinistres n’engageant pas cette responsabilité sont sans effet sur le coefficient, de même que le vol, l’incendie, le bris de glace et les catastrophes naturelles, que cette clause-type écarte expressément du calcul.

Au regard de ces règles, le coefficient qui devrait figurer sur mon contrat est de [Coefficient que vous estimez applicable].

Je vous demande en conséquence de bien vouloir :

  • rectifier le coefficient de réduction-majoration de mon contrat et le porter à [Coefficient que vous estimez applicable] ;
  • me rembourser le trop-perçu de cotisation résultant de l’application du coefficient contesté ;
  • m’adresser un relevé d’information rectifié, ce document devant être délivré dans les quinze jours suivant la demande ;
  • me communiquer, si vous mainteniez votre position, le détail du calcul retenu ainsi que les pièces sur lesquelles vous vous fondez pour retenir ma responsabilité.

Vous trouverez ci-joint les pièces justificatives suivantes : [Liste des pièces jointes à votre courrier]

Je précise que je continue de régler la cotisation appelée, sous réserve du remboursement du trop-perçu, afin de ne pas exposer mes garanties à une suspension.

À défaut de réponse satisfaisante dans un délai de [Délai de réponse laissé à votre assureur] jours, je porterai ma réclamation devant le service de réclamations de niveau supérieur de votre compagnie, puis saisirai la Médiation de l’Assurance une fois ce recours interne épuisé et, le cas échéant, la juridiction compétente.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Un accident dont je ne suis pas responsable peut-il entraîner un malus ?
Non. La clause-type annexée à l’article A121-1 du Code des assurances ne permet une majoration que si la responsabilité du conducteur est engagée : 25 % pour une responsabilité entière, 12,5 % en cas de partage. Les sinistres n’engageant pas votre responsabilité sont sans effet sur le coefficient, tout comme le vol, l’incendie, le bris de glace et les catastrophes naturelles, que cette clause-type écarte du calcul. L’assureur reste en revanche libre d’en tenir compte dans sa tarification commerciale, ce qui est un autre sujet que le bonus-malus.
Quel délai ai-je pour contester le coefficient appliqué ?
Deux ans : l’article L114-1 du Code des assurances soumet toute action dérivant du contrat d’assurance à la prescription biennale. En pratique, écrivez dès réception de l’avis d’échéance, car plus la contestation est tardive, plus il devient difficile de reconstituer le dossier et d’obtenir le remboursement des cotisations déjà versées. Continuez à régler la cotisation appelée pendant la contestation, sous peine de voir vos garanties suspendues après mise en demeure.
Que faire si mon assureur refuse ou ne répond pas ?
Saisissez la Médiation de l’Assurance, gratuitement, après avoir épuisé le recours interne ou en l’absence de réponse dans un délai de deux mois. Le médiateur rend un avis, en principe dans les quatre-vingt-dix jours suivant la réception d’un dossier complet ; cet avis ne s’impose pas aux parties, mais il est fréquemment suivi. En cas d’échec, le tribunal judiciaire reste compétent. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution peut être alertée d’une pratique, mais elle ne tranche pas les litiges individuels.
Le malus me suit-il si je change d’assureur ?
Oui : le coefficient est attaché au conducteur et non au véhicule, et il est transmis par le relevé d’information que l’assureur doit délivrer dans les quinze jours suivant la demande. Changer de compagnie ne l’efface donc pas. Une erreur figurant sur ce relevé se recopie ensuite de contrat en contrat : faites-la corriger à la source, auprès de l’assureur qui a enregistré le sinistre litigieux.