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Réclamation d'heures supplémentaires impayées

Modèle de lettre pour réclamer à votre employeur le paiement des heures supplémentaires impayées : décompte, majorations 25 % et 50 %, mise en demeure.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Réclamer ses heures supplémentaires impayées : ce que dit la loi

Une heure supplémentaire est une heure de travail effectuée à la demande de l'employeur, au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine. Ces heures donnent obligatoirement lieu soit à une majoration de salaire, soit à un repos compensateur équivalent. Lorsqu'elles ne sont ni payées ni récupérées, le salarié dispose de moyens d'action précis pour obtenir leur règlement.

Le cadre légal des majorations

L'article L. 3121-28 du Code du travail pose le principe : toute heure accomplie au-delà de la durée légale ouvre droit à une majoration ou à un repos compensateur. L'article L. 3121-36 fixe les taux par défaut, applicables en l'absence d'accord collectif :

  • 25 % de majoration pour les huit premières heures supplémentaires de la semaine (de la 36e à la 43e heure incluse) ;
  • 50 % de majoration pour chaque heure effectuée au-delà de la 43e heure.

Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir des taux différents, sans pouvoir descendre en dessous de 10 % (article L. 3121-33 du Code du travail). Il convient donc de vérifier votre convention collective avant de chiffrer la créance, car c'est elle qui détermine le taux applicable et, le cas échéant, le remplacement du paiement par un repos compensateur de remplacement.

La prescription : trois ans pour agir

L'action en paiement du salaire se prescrit par trois ans (article L. 3245-1 du Code du travail). Le salarié peut réclamer les heures supplémentaires dues sur les trois années précédant sa demande. Lorsque le contrat de travail est rompu, la demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois ans ayant précédé la rupture. Passé ce délai, les sommes plus anciennes ne sont plus exigibles : il est donc important de ne pas tarder à réclamer.

La procédure étape par étape

La démarche se construit autour d'un décompte solide et d'une mise en demeure écrite avant tout recours contentieux.

  • Constituer un décompte précis : reconstituez semaine par semaine vos horaires réels et calculez le nombre d'heures dépassant 35 heures, en appliquant les taux de majoration.
  • Rassembler les preuves : plannings, courriels, badgeuses, relevés de connexion, attestations de collègues. L'article L. 3171-4 prévoit un régime de preuve partagée : vous présentez des éléments suffisamment précis, et l'employeur doit produire les siens.
  • Adresser une mise en demeure : par lettre recommandée avec accusé de réception, en chiffrant la somme réclamée et en fixant un délai de règlement.
  • Saisir le conseil de prud'hommes : en l'absence de paiement, vous pouvez engager une action, le cas échéant après une saisine du bureau de conciliation et d'orientation.

Les pièces à joindre

Pour appuyer votre réclamation, joignez à votre courrier ou versez au dossier prud'homal : votre contrat de travail, vos bulletins de paie de la période concernée, votre décompte détaillé des heures, ainsi que tout justificatif d'horaires (e-mails envoyés tard le soir, relevés de pointage, tableaux de service). Plus le décompte est précis et documenté, plus votre position est solide.

Majorations, repos compensateur et intérêts de retard

La rémunération des heures supplémentaires peut prendre deux formes. Le plus souvent, elles sont payées avec leur majoration sur le bulletin de paie du mois concerné. Mais un accord collectif peut prévoir de remplacer tout ou partie de ce paiement par un repos compensateur de remplacement, équivalent en temps à la rémunération majorée. Au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires, le salarié bénéficie en outre d'une contrepartie obligatoire en repos. Lorsque vous chiffrez votre créance, vérifiez donc si les heures réclamées devaient être payées ou compensées en repos, afin d'éviter une demande inexacte. Si l'employeur tarde à régulariser, les sommes dues produisent des intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure, ce qui constitue un argument supplémentaire pour adresser un courrier recommandé daté plutôt qu'une simple réclamation verbale.

Les erreurs à éviter

  • Réclamer sans décompte chiffré : une demande vague, sans détail des heures et des majorations, est facilement contestée.
  • Confondre forfait-jours et heures supplémentaires : les salariés au forfait annuel en jours ne décomptent pas leurs heures de la même manière ; vérifiez votre statut.
  • Laisser filer la prescription : au-delà de trois ans, les sommes les plus anciennes sont perdues.
  • Négliger l'accusé de réception : il prouve la date de votre demande et fait courir les intérêts de retard.

Les recours en cas de refus

Si l'employeur ne répond pas ou refuse de payer, le conseil de prud'hommes est compétent pour ordonner le paiement des sommes dues, majorées des intérêts légaux. Le salarié peut se faire assister par un défenseur syndical ou un avocat. L'inspection du travail peut également être alertée, notamment en cas de dépassement des durées maximales de travail. Conservez précieusement tous vos échanges, qui constitueront des preuves utiles devant le juge.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse complète]

[Nom de l'employeur ou de la société]
[Adresse de l'employeur]

[Ville de rédaction], le [Date de la lettre]

Lettre recommandée avec accusé de réception
Objet : mise en demeure de payer des heures supplémentaires impayées

Madame, Monsieur,

Salarié(e) de votre entreprise depuis le [Date d'embauche] en qualité de [Poste occupé], je constate que les heures supplémentaires que j'ai effectuées au cours de la période allant [Période concernée par les heures supplémentaires] ne m'ont pas été rémunérées.

Au total, j'ai accompli [Nombre total d'heures supplémentaires réclamées] heures supplémentaires au-delà de la durée légale de travail, à votre demande et pour les besoins du service. Conformément aux articles L. 3121-28 et L. 3121-36 du Code du travail, ces heures ouvrent droit à une majoration de salaire de 25 % pour les huit premières heures hebdomadaires et de 50 % pour les heures suivantes.

Sur la base des décomptes hebdomadaires que je tiens à votre disposition (plannings, courriels, relevés de badgeage et heures de connexion), j'évalue ma créance salariale à un montant total de [Montant total réclamé (en euros)] euros bruts, majorations comprises.

Je vous mets donc en demeure de me régler cette somme dans un délai de [Délai accordé pour le règlement (en jours)] jours à compter de la réception de la présente, accompagnée des bulletins de paie rectificatifs correspondants.

À défaut de paiement dans ce délai, je me réserve le droit de saisir le conseil de prud'hommes afin d'obtenir le règlement des sommes dues, assorties des intérêts légaux, sur le fondement notamment des articles L. 3171-4 et L. 3245-1 du Code du travail.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quel est le taux de majoration des heures supplémentaires ?
À défaut d'accord d'entreprise ou de branche fixant un autre taux (qui ne peut être inférieur à 10 %), la majoration légale est de 25 % pour les huit premières heures supplémentaires effectuées dans la semaine (de la 36e à la 43e heure) et de 50 % pour chaque heure accomplie au-delà, en application de l'article L. 3121-36 du Code du travail.
Dans quel délai puis-je réclamer mes heures supplémentaires ?
L'action en paiement du salaire, qui inclut les heures supplémentaires, se prescrit par trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits (article L. 3245-1 du Code du travail). Si le contrat est rompu, la réclamation peut porter sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture.
Comment prouver les heures supplémentaires effectuées ?
La preuve est partagée : selon l'article L. 3171-4 du Code du travail, le salarié présente des éléments suffisamment précis (décompte d'heures, plannings, courriels, relevés de badgeage) et l'employeur doit fournir ses propres éléments sur les horaires réellement accomplis. Le juge tranche au vu de l'ensemble des pièces.
Faut-il une mise en demeure avant de saisir les prud'hommes ?
La mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception n'est pas obligatoire, mais elle est vivement conseillée : elle fait courir les intérêts de retard, prouve votre démarche amiable et peut suffire à obtenir le paiement sans contentieux. En cas d'échec, le conseil de prud'hommes reste compétent pour trancher le litige.