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Demande de contribution aux charges du mariage

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Rappelez à votre époux ou épouse son obligation de contribuer aux charges du mariage (article 214 du Code civil), avant de saisir le juge aux affaires familiales.

Objet :
Adresser une demande
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
24 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
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Ce que prévoit l’article 214 du Code civil

Les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Ces charges sont les dépenses de la vie courante du ménage : logement, énergie, alimentation, assurances, transports, frais liés aux enfants. La contribution peut prendre la forme d’un versement d’argent ou du paiement direct de certaines factures. Elle ne dépend pas du régime matrimonial et ne disparaît pas quand les époux cessent de vivre ensemble : la jurisprudence la maintient en cas de séparation de fait, tant que le divorce n’est pas prononcé.

À qui envoyer la lettre, et quand

La lettre s’adresse à votre époux ou épouse, à son adresse actuelle. Écrivez dès que le déséquilibre s’installe. Cette mise en demeure n’est pas obligatoire, mais elle date votre réclamation et servira de pièce si vous saisissez ensuite le juge.

Sous quelle forme

Envoyez en recommandé avec accusé de réception : c’est l’accusé qui prouve la date de réception. La remise en main propre contre signature datée est une alternative si vous vivez encore sous le même toit. Gardez une copie de la lettre et l’avis de réception.

Quelles pièces joindre

  • vos derniers bulletins de salaire ou justificatifs de revenus (pension, allocations, revenus d’indépendant) ;
  • votre dernier avis d’imposition ;
  • les justificatifs des charges que vous assumez : quittance de loyer ou échéancier de prêt, factures d’énergie, assurances, frais de garde ou de cantine.

La liste n’est pas exhaustive et rien ne vous oblige à joindre des pièces au stade amiable ; n’envoyez que des copies.

Quel délai de réponse

Aucun texte n’impose de délai de réponse à une demande amiable entre époux. Un délai de huit à trente jours est considéré en pratique comme raisonnable. Passé ce délai sans réponse, vous pouvez tenir le refus pour acquis.

En cas de refus ou de silence

Le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire fixe la contribution aux charges du mariage (article L. 213-3 du code de l’organisation judiciaire). Le tribunal compétent est déterminé par l’article 1070 du code de procédure civile : lieu de résidence de la famille ; si les parents vivent séparément, lieu de résidence du parent chez qui les enfants mineurs résident habituellement ; dans les autres cas, résidence de celui qui n’a pas pris l’initiative de la procédure.

Deux points varient selon les cas et méritent une vérification auprès du greffe ou d’un point-justice : l’obligation d’être assisté d’un avocat, qui dépend de la nature exacte de la demande, et l’exigence éventuelle d’une tentative préalable de règlement amiable. Si vos ressources sont modestes, demandez l’aide juridictionnelle avant d’engager la procédure. Lorsqu’un époux manque gravement à ses devoirs et met en péril les intérêts de la famille, l’article 220-1 du Code civil permet aussi au juge de prescrire des mesures urgentes.

Le juge fixe le plus souvent la contribution à compter de la demande : les mois écoulés avant votre réclamation sont rarement rattrapés. D’où l’intérêt d’écrire tôt et de conserver l’accusé de réception.

Ne pas confondre

  • Devoir de secours : pension alimentaire fixée pendant la procédure de divorce, qui prend le relais de la contribution aux charges du mariage.
  • Contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants (article 371-2 du Code civil) : elle vise les enfants et survit au divorce.
  • Prestation compensatoire : versée après le divorce, pour compenser la disparité de niveau de vie.

[Vos prénom et nom]
[Votre adresse (numéro et rue)]
[Votre code postal et ville]
Téléphone : [Votre téléphone]
Courriel : [Votre adresse électronique]

[Civilité de votre époux ou épouse] [Prénom et nom de votre époux ou épouse]
[Son adresse actuelle (numéro et rue)]
[Son code postal et sa ville]

Lettre recommandée avec accusé de réception

À [Ville où vous écrivez la lettre], le [Date de la lettre]

Objet : mise en demeure de contribuer aux charges du mariage — article 214 du Code civil

[Civilité de votre époux ou épouse],

Nous sommes mariés depuis le [Date du mariage], union célébrée à [Ville où le mariage a été célébré], sous le régime de [Votre régime matrimonial]. À ce jour, aucune décision de justice n’est venue fixer la répartition de nos charges communes.

L’article 214 du Code civil prévoit que les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Cette obligation s’impose quel que soit le régime matrimonial, elle dure aussi longtemps que le mariage n’est pas dissous et elle subsiste, selon la jurisprudence, même lorsque les époux ne vivent plus sous le même toit. Or, depuis le [Date à laquelle votre époux ou épouse a cessé de participer aux dépenses], vous ne participez plus au financement des dépenses de notre foyer.

Notre situation est aujourd’hui la suivante :

  • Situation du couple : [Où en êtes-vous aujourd’hui ?]
  • Enfants à charge du foyer : [Enfants à charge du foyer (prénoms et âges)]
  • Mes revenus mensuels nets : [Vos revenus mensuels nets (en euros)] €
  • Vos revenus mensuels nets, à ma connaissance : [Ses revenus mensuels nets, à votre connaissance (en euros)] €
  • Charges mensuelles du ménage : [Total des charges mensuelles du ménage (en euros)] €

Je supporte seul(e) les dépenses suivantes : [Dépenses que vous assumez seul(e)]

Au regard de l’écart entre nos ressources et de cette répartition, je vous demande de contribuer aux charges du mariage à hauteur de [Contribution mensuelle que vous demandez (en euros)] € par mois, [Comment souhaitez-vous être payé(e) ?].

Cette demande ne se confond pas avec une pension alimentaire : elle porte sur votre participation aux dépenses du ménage, distincte du devoir de secours et de la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants.

Je vous mets en demeure de reprendre votre participation et de me faire connaître votre position dans un délai de [Délai laissé pour répondre] à compter de la réception de la présente.

À défaut d’accord dans ce délai, je saisirai le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire compétent afin qu’il fixe le montant de votre contribution : l’article 214 du Code civil prévoit que l’époux qui ne remplit pas cette obligation peut y être contraint par l’autre. Une décision restée inexécutée ouvrirait ensuite la voie aux mesures d’exécution applicables aux créances de cette nature.

Je préfère cependant un règlement amiable et reste disponible pour en discuter et formaliser notre accord par écrit.

Je vous prie d’agréer, [Civilité de votre époux ou épouse], l’expression de mes salutations distinguées.

[Vos prénom et nom]
Signature

Pièces jointes : justificatifs de mes revenus et des charges du foyer.

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Quelle différence entre la contribution aux charges du mariage et une pension alimentaire ?
La contribution aux charges du mariage couvre les dépenses courantes du ménage (logement, énergie, alimentation, frais des enfants) et repose sur l’article 214 du Code civil : elle est due tant que le mariage dure, y compris en séparation de fait. La pension alimentaire au titre du devoir de secours, elle, n’est fixée qu’une fois la procédure de divorce engagée, dans les mesures provisoires. Les deux ne se cumulent pas : la seconde prend le relais de la première.
Sous le régime de la séparation de biens, mon conjoint doit-il quand même contribuer ?
Oui. La séparation de biens sépare les patrimoines, pas les obligations nées du mariage : l’article 214 du Code civil s’applique quel que soit le régime. Relisez toutefois votre contrat de mariage. Beaucoup contiennent une clause selon laquelle chaque époux est réputé avoir contribué au jour le jour ; les tribunaux s’en servent souvent pour écarter les demandes portant sur le passé, sans pour autant supprimer l’obligation pour l’avenir.
Nous vivons séparément sans avoir engagé de divorce : la contribution est-elle toujours due ?
Oui, tant que le mariage n’est pas dissous. La séparation de fait ne met pas fin à l’obligation de l’article 214 du Code civil, et une procédure de divorce simplement envisagée ne change rien. Le montant tient alors compte du fait que chacun assume désormais son propre logement. Si votre conjoint manque gravement à ses devoirs et met en péril les intérêts de la famille, l’article 220-1 du Code civil permet au juge de prescrire des mesures urgentes.
Quel montant puis-je demander ?
Aucun barème officiel n’existe : le juge apprécie au cas par cas, en comparant les ressources et les charges de chacun. Le calcul le plus courant consiste à additionner les charges du ménage puis à les répartir au prorata des revenus nets. Avec 1 500 € et 3 000 € de revenus pour 1 800 € de charges, la part serait d’environ 600 € et 1 200 €. Chiffrez votre demande poste par poste, justificatifs à l’appui.
Mon conjoint ne répond pas à ma mise en demeure : que faire ensuite ?
Saisissez le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire compétent. Conservez l’accusé de réception : il date votre réclamation, et le juge fixe en général la contribution à compter de la demande. Avant de déposer, vérifiez auprès du greffe ou d’un point-justice si votre demande impose l’assistance d’un avocat, et faites une demande d’aide juridictionnelle si vos ressources sont modestes.