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Démarchage téléphonique : tout change le 11 août 2026

À partir du 11 août 2026, plus aucune entreprise ne pourra vous démarcher par téléphone sans votre consentement préalable — hors offres liées à un contrat en cours et abonnements de presse : le silence vaut refus, et Bloctel ferme ses portes. Voici ce qui change concrètement, comment faire valoir vos droits si vous avez signé sous pression — et pourquoi il faudra rester vigilant face aux fraudeurs, que la loi n'arrêtera pas.

Par Gaëtan Rebut · Fondateur et éditeur

Mis à jour le

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⚡ L'essentiel en 6 points

  • À partir du 11 août 2026, tout appel commercial non sollicité est interdit par principe : le silence vaut refus.
  • Bloctel ferme le 11 août 2026 : vous n'avez plus à vous inscrire nulle part, c'est à l'entreprise de prouver votre consentement.
  • Après cette date, un appel commercial d'un inconnu est par défaut illégal ou frauduleux (seule exception notable : les abonnements de presse) : raccrochez sans discuter.
  • Ne communiquez jamais vos coordonnées bancaires ni un code reçu par SMS lors d'un appel entrant, quel que soit l'interlocuteur annoncé.
  • Contrat signé par téléphone : 14 jours pour vous rétracter sans motif, et nullité invocable pendant 5 ans si l'appel était illégal.
  • Signalez les pratiques abusives sur SignalConso et transférez les SMS et appels indésirables au 33700.

Les chiffres à connaître

11 août 2026

entrée en vigueur de l'interdiction

Le même jour, Bloctel ferme définitivement après dix ans de service.

375 000 €

amende maximale pour une société

75 000 € pour une personne physique — article L242-16 du Code de la consommation, sanction prononcée par la DGCCRF.

14 jours

délai de rétractation

Sans motif ni frais, pour tout contrat conclu à la suite d'un démarchage téléphonique.

5 ans

pour faire annuler un contrat issu d'un appel illégal

À compter de la découverte de l'irrégularité, avec restitution des sommes versées, crédit affecté compris.

4

sollicitations maximum par 30 jours

Par un même professionnel, pour les appels qui restent autorisés (décret n° 2022-1313).

10 h-13 h / 14 h-20 h

créneaux autorisés, du lundi au vendredi

Jamais le samedi, le dimanche ni les jours fériés, sauf consentement exprès spécifique.

Le 11 août 2026, la logique du démarchage téléphonique s'inverse. Depuis dix ans, c'était à vous de dire non, en inscrivant votre numéro sur Bloctel. Désormais, c'est à l'entreprise d'obtenir votre accord avant de composer votre numéro : la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 interdit par principe la prospection commerciale par téléphone, tous secteurs confondus. Le silence vaut refus.

Le consentement exigé n'a rien d'une formalité : cases pré-cochées et accords enfouis dans les conditions générales ne comptent pas, et c'est à l'entreprise de prouver qu'elle avait le droit de vous appeler. Quelques exceptions subsistent — nous les passons en revue plus bas.

Ce dossier fait le tour de vos nouveaux droits : ce que la loi change concrètement, comment annuler un contrat signé sous pression, pourquoi les arnaques ne disparaîtront pas pour autant, et ce que les artisans et TPE doivent revoir dans leur prospection.

Ce qui change le 11 août 2026 : le silence vaut refus

Le 11 août 2026, la logique du démarchage téléphonique s'inverse. Jusqu'à cette date, tout consommateur est démarchable par défaut : pour avoir la paix, c'est à vous d'agir en inscrivant votre numéro sur Bloctel. À partir du 11 août, c'est l'inverse : aucune entreprise ne peut vous appeler à des fins commerciales sans avoir recueilli votre accord avant l'appel. Vous n'avez rien à signer, aucune liste à rejoindre, aucune démarche à faire : votre silence vaut refus.

Ce renversement — hier votre refus à déclarer, demain votre accord à recueillir — vient de l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 relative à la lutte contre toutes les fraudes aux aides publiques. Le nouveau régime figure aux articles L223-1 à L223-7 du Code de la consommation, dans leur version en vigueur au 11 août 2026. Il couvre tous les secteurs : banque, assurance, télécoms, travaux, énergie. L'interdiction devient le principe ; l'appel autorisé, l'exception.

Pourquoi Bloctel disparaît

Bloctel, le service d'opposition lancé en juin 2016, ferme le même jour. Ce n'est pas un recul : la liste n'a plus d'objet. S'y inscrire servait à signaler votre refus d'être appelé ; ce refus est désormais présumé pour tout le monde, inscrit ou non. Inutile donc de renouveler une inscription ou d'y ajouter un nouveau numéro.

Des appels restent possibles — mais encadrés

Trois situations échappent à l'interdiction : vous avez donné votre consentement préalable ; vous êtes déjà client et l'appel porte sur une offre en rapport avec votre contrat en cours ; l'appel propose un abonnement de presse, qui bénéficie d'un régime dérogatoire.

Même autorisés, ces appels restent soumis aux règles du décret n° 2022-1313, applicables depuis le 1er mars 2023 :

  • Horaires : du lundi au vendredi uniquement, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Jamais le samedi, le dimanche ni les jours fériés.
  • Fréquence : au maximum 4 sollicitations par période de 30 jours de la part d'un même professionnel.

Un appel hors de ces créneaux exige un consentement exprès et spécifique de votre part. Quant aux trois secteurs déjà interdits de tout démarchage téléphonique — rénovation énergétique, CPF, adaptation du logement —, rien ne change : nous y revenons plus bas.

Ce que vaut (et ne vaut pas) un consentement

Toute la réforme tient dans un mot : consentement. La loi en donne une définition exigeante : il doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, et se manifester par un acte positif clair. Concrètement, vous devez avoir vous-même coché une case ou validé un accord indiquant explicitement que vous acceptez d'être démarché par téléphone, par telle entreprise, pour tel type d'offres.

Où ces consentements se donnent en pratique

Ces accords se récoltent surtout dans les formulaires en ligne : demande de devis, création de compte, téléchargement d'un document, et bien sûr les jeux-concours, gisement classique de numéros. Une case du type « J'accepte d'être contacté par téléphone par X pour des offres commerciales » suffit — à condition que vous l'ayez cochée vous-même et que l'entreprise bénéficiaire soit clairement identifiée. Méfiez-vous en revanche de la mention « et ses partenaires » : un accord donné à des partenaires que le formulaire ne désigne pas n'est ni spécifique ni éclairé. Relisez donc ce que vous cochez, surtout quand le mot « partenaires » apparaît.

Ce qui ne vaut rien

  • Une case pré-cochée : le consentement exige un acte positif ; laisser cochée une case remplie par défaut n'en est pas un.
  • Un accord noyé dans les CGV : accepter des conditions générales n'emporte pas consentement au démarchage.
  • Un consentement « général » : accepter d'être contacté « par nos partenaires », sans savoir lesquels ni pour quelles offres, n'est ni spécifique ni éclairé.

La charge de la preuve pèse sur l'entreprise. Ce n'est pas à vous de prouver que vous n'avez rien accepté : c'est à l'appelant de démontrer qu'il détenait, avant de composer votre numéro, un consentement valable. S'il en est incapable, l'appel est illégal.

Le bon réflexe au téléphone

Un démarcheur vous appelle après le 11 août 2026 ? Posez une seule question : « Où et quand aurais-je donné mon consentement à cet appel ? » Une entreprise en règle doit répondre précisément — tel formulaire, tel site, telle date. Une réponse évasive trahit un appel illégal.

Si vous soupçonnez que vos coordonnées circulent sans votre accord, exigez leur suppression avec une demande d'effacement de vos données personnelles (RGPD).

Qui pourra encore vous appeler

À partir du 11 août 2026, un appel de prospection commerciale n'est légal que dans trois cas. Tout le reste est interdit.

Vous avez consenti avant l'appel

Le consentement exigé est celui décrit à la section précédente : un acte positif clair, spécifique et prouvable — la preuve incombant à l'entreprise —, révocable à tout moment.

Vous êtes déjà client

Un professionnel avec lequel vous avez un contrat en cours peut continuer à vous appeler, mais uniquement pour des offres en rapport avec ce contrat : produits ou services complémentaires, amélioration de la prestation existante. Votre assureur auto peut vous proposer une garantie supplémentaire pour votre véhicule ; il ne peut pas se servir de ce prétexte pour vous vendre un produit sans rapport avec le contrat. Cette exception a une seconde limite : vous pouvez à tout moment vous opposer à ces appels au titre de votre droit d'opposition à la prospection commerciale (article 21 du RGPD), et le professionnel doit alors cesser de vous appeler.

Les abonnements de presse

Troisième exception : les journaux et magazines bénéficient d'un régime dérogatoire et peuvent continuer à proposer des abonnements par téléphone.

Sondages et associations : hors champ, mais gare au prétexte

L'interdiction vise la prospection commerciale. Un institut qui réalise un vrai sondage sans rien vendre, ou une association caritative qui appelle aux dons, n'est pas concerné. Le piège classique consiste justement à se présenter comme un sondeur : trois questions anodines, puis « justement, nous avons une offre pour vous ». Ce sondage-prétexte est du démarchage déguisé, donc interdit. Raccrochez.

Les secteurs où c'est déjà totalement interdit

Pour trois secteurs, la question du consentement ne se pose même pas : le démarchage téléphonique y est déjà totalement interdit, et le 11 août 2026 n'y changera rien.

  • La rénovation énergétique, interdite depuis le 26 juillet 2020 par la loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020. Isolation, pompe à chaleur, panneaux solaires : aucun appel de prospection n'est permis sur ces sujets, même avec un prétendu consentement. La sanction va jusqu'à la nullité du contrat signé à la suite d'un tel appel.
  • Le compte personnel de formation (CPF), interdit par la loi n° 2022-1587 du 19 décembre 2022 — et pas seulement par téléphone : SMS, e-mails et messages sur les réseaux sociaux sont couverts par la même interdiction. Personne n'a le droit de vous contacter pour « utiliser vos droits avant qu'ils ne soient perdus ».
  • L'adaptation du logement au vieillissement ou au handicap : douche sécurisée, monte-escalier, aménagement du domicile — même interdiction totale.

La conséquence pratique est simple : quiconque vous appelle sur l'un de ces trois sujets est en infraction, quoi qu'il affirme. Inutile d'examiner l'offre ou de vérifier la société : l'appel lui-même est illégal, et votre interlocuteur est très probablement un escroc. Raccrochez sans discuter. Si vous avez déjà signé à la suite d'un tel appel, n'en restez pas là : vous disposez de 14 jours pour envoyer une lettre de rétractation après démarchage téléphonique, sans motif ni frais. Délai dépassé ? Le contrat conclu à la suite d'un tel appel illégal est nul : vous pouvez en demander l'annulation et la restitution des sommes versées pendant 5 ans à compter de la découverte de l'irrégularité.

On vous appelle quand même : vos recours pas à pas

Après le 11 août 2026, hors deux exceptions — les offres d'un professionnel dont vous êtes déjà client, en rapport avec votre contrat en cours, et les abonnements de presse —, tout appel de prospection commerciale passé sans votre consentement préalable est illégal, et c'est à l'entreprise de prouver cet accord, pas à vous de prouver son absence. Quatre leviers, à actionner dans cet ordre.

Révoquer séance tenante

Même un consentement réellement donné se retire à tout moment, y compris pendant l'appel. Une phrase suffit : « Je retire mon consentement, ne me rappelez plus. » Avant de raccrocher, notez la date, l'heure, le numéro affiché et le nom de la société : ce relevé pèsera lourd en cas de récidive, car le professionnel encourt une amende administrative prononcée par la DGCCRF pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (article L242-16 du Code de la consommation).

Signaler

Le signalement n'a rien de symbolique : il déclenche et oriente les contrôles de la DGCCRF. Pour un appel, déposez un signalement sur la plateforme SignalConso en reprenant les éléments notés. Pour un SMS ou un appel indésirable, transférez le message au 33700, le dispositif dédié. Les deux se cumulent : signalez chaque sollicitation, pas seulement la première.

Faire tomber le contrat

Vous avez souscrit sous la pression ? Premier réflexe, la rétractation : tout contrat conclu par démarchage téléphonique relève de la vente à distance et vous pouvez vous rétracter dans les 14 jours, sans motif ni frais. Utilisez la lettre de rétractation après démarchage téléphonique ou, pour un achat à distance classique, la lettre de rétractation vente à distance ; les subtilités de calcul du délai sont détaillées dans notre guide du droit de rétractation de 14 jours.

Délai dépassé ? Reste l'arme lourde : un contrat conclu à la suite d'un appel illégal est nul. L'annulation entraîne la restitution de toutes les sommes versées, crédit affecté compris, et vous pouvez l'invoquer pendant 5 ans à compter de la découverte de l'irrégularité. Adressez votre demande par lettre recommandée avec accusé de réception : c'est elle qui date officiellement votre démarche.

Reprendre la main sur vos données

Si une société vous appelle, c'est qu'elle détient votre numéro. Exigez sa suppression avec la lettre de demande d'effacement de données personnelles (RGPD). Sans réponse satisfaisante, passez à l'étape supérieure : la plainte à la CNIL. C'est le seul levier qui tarit la source : un numéro effacé des fichiers ne peut plus être composé.

Trois situations concrètes

« Un appel commercial le 12 août, alors que je n'ai jamais rien signé »

Lendemain de l'entrée en vigueur, un fournisseur d'énergie inconnu vous appelle : l'appel est illégal, puisque le silence vaut désormais refus.

  • 1. Déclarez que vous n'avez jamais consenti, opposez-vous à tout rappel, raccrochez. Inutile d'argumenter : la preuve du consentement incombe à l'entreprise, pas à vous.
  • 2. Tracez : date, heure, numéro affiché, nom de la société, objet de l'appel. Faites-le à chaque sollicitation.
  • 3. Signalez l'appel sur SignalConso ; si la sollicitation arrive par SMS, transférez-la au 33700.

La lettre à envoyer : la demande d'effacement de vos données personnelles, pour sortir définitivement des fichiers de l'annonceur.

« J'ai souscrit une assurance par téléphone il y a 10 jours »

Vous êtes dans les temps : le délai de rétractation de 14 jours court encore, sans motif à fournir ni frais à payer.

  • 1. N'attendez pas : à J+10, chaque jour compte.
  • 2. Envoyez votre rétractation par écrit, en recommandé avec accusé de réception pour dater l'envoi sans contestation possible — notre guide de la LRAR détaille la marche à suivre.
  • 3. Réclamez le remboursement de toute somme déjà versée et conservez précieusement l'avis de réception.

La lettre à envoyer : la lettre de rétractation après démarchage téléphonique, prête à compléter.

« J'ai signé il y a 8 mois après un appel auquel je n'avais jamais consenti »

La rétractation est loin, mais le contrat n'est pas sauvé pour autant : conclu à la suite d'un appel illégal, il est nul. Encore faut-il que l'appel ait été illégal au moment où il a été passé : c'est le cas, tous secteurs confondus, pour les appels sans consentement à partir du 11 août 2026, et depuis longtemps déjà dans les trois secteurs totalement interdits présentés plus haut.

Vérifiez d'abord ce point : si votre signature est antérieure au 11 août 2026 et ne relève d'aucun des secteurs interdits, l'appel n'était pas illégal du seul fait de l'absence de consentement, et la nullité ne peut pas être invoquée sur ce fondement. Dans ce cas, il vous reste le signalement sur SignalConso et les leviers RGPD.

  • 1. Rassemblez les traces : relevé d'opérateur mentionnant l'appel, date de signature, échanges écrits avec le vendeur.
  • 2. Adressez à l'entreprise une mise en demeure invoquant la nullité du contrat et exigeant la restitution de toutes les sommes versées, crédit affecté compris. Vous disposez de 5 ans à compter de la découverte de l'irrégularité.
  • 3. Sans réponse, signalez l'entreprise sur SignalConso et envisagez une action en justice, votre dossier de preuves à l'appui.

La lettre à envoyer : votre mise en demeure part impérativement en recommandé avec accusé de réception ; si la société a exploité vos coordonnées sans accord, doublez-la d'une plainte à la CNIL après une demande d'effacement restée sans effet.

Arnaques : ce que la loi ne réglera pas

Soyons honnêtes : cette loi ne fera pas disparaître les escrocs. Les appels frauduleux passés depuis l'étranger, avec des numéros français usurpés, n'ont jamais tenu compte de Bloctel ; ils ne tiendront pas davantage compte de la loi du 30 juin 2025. Quelqu'un qui cherche à vider votre compte bancaire ne recule pas devant une amende administrative.

Ce qui change, c'est votre grille de lecture. Jusqu'ici, un appel commercial non sollicité pouvait être parfaitement légal : impossible de trier au premier coup de fil. À partir du 11 août 2026, les entreprises sérieuses n'appelleront plus sans votre consentement. Un inconnu qui vous démarche par téléphone — mis à part le cas particulier des abonnements de presse — est donc, par défaut, soit en infraction, soit en train de monter une arnaque. Dans les deux cas, la réponse est la même : raccrochez. C'est un filtre mental d'une efficacité redoutable, à partager avec vos proches les plus exposés.

Les trois réflexes qui vous protègent vraiment

  • Ne donnez jamais vos coordonnées bancaires ni un code reçu par SMS lors d'un appel entrant, même si votre interlocuteur se présente comme votre banquier, votre opérateur ou un agent public. Un code reçu par SMS sert à valider une opération : le lire à voix haute revient à la signer.
  • Raccrochez et rappelez vous-même le numéro officiel — celui qui figure sur votre contrat, votre carte bancaire ou le site de l'organisme. Un vrai conseiller ne s'en offusquera pas ; un escroc, lui, disparaît.
  • Signalez systématiquement : transférez les SMS et appels indésirables au 33700 et déposez un signalement sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF. Ces signalements alimentent les contrôles et les sanctions.

Si l'appelant est une entreprise identifiable, ou si vous avez cédé sous la pression, tous les leviers détaillés plus haut s'appliquent : effacement de vos données, rétractation sous 14 jours, nullité du contrat.

Vous êtes artisan, TPE : ce que ça change pour vous

Appeler des particuliers qui ne vous ont rien demandé devient illégal le 11 août 2026, quel que soit votre secteur — seule la vente d'abonnements de presse bénéficie d'une dérogation. Les fichiers de numéros achetés ou collectés sans accord explicite ne valent plus rien : le silence vaut refus, et c'est à vous de prouver le consentement.

Ce qui reste possible :

  • Vos clients existants, pour des offres en rapport avec leur contrat en cours (entretien, complément, amélioration) — pas pour leur vendre autre chose.
  • Les prospects réellement consentants : un acte positif clair, spécifique et prouvable. Une case pré-cochée ou une ligne dans des conditions générales ne suffisent pas.
  • Les autres canaux : demandes de devis entrantes, recommandation, courrier, présence locale en ligne.

Les appels autorisés restent encadrés : lundi-vendredi, 10 h-13 h et 14 h-20 h, 4 sollicitations maximum par période de 30 jours. En cas de manquement : jusqu'à 375 000 € d'amende pour une société, et la nullité des contrats signés. Faites le tri dans vos fichiers avant le 11 août.

D'ici le 11 août : les règles encore en vigueur

La réforme ne s'applique pas encore : jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau régime, le 11 août 2026, l'ancienne logique s'applique encore. Le démarchage téléphonique est permis par défaut, et c'est à vous de manifester votre refus.

Bloctel sert encore — quelques jours

D'ici au 11 août, Bloctel reste le moyen officiel de vous opposer au démarchage téléphonique. Si vous y êtes inscrit, ne changez rien. Si vous ne l'êtes pas, sachez qu'une nouvelle inscription n'est prise en compte que sous 30 jours environ : à quelques jours de la fermeture, elle n'aurait plus le temps de produire d'effet. Patientez plutôt jusqu'au 11 août, date à laquelle la protection devient automatique.

Horaires et fréquence restent encadrés

Les règles du décret n° 2022-1313, détaillées en tête de dossier (créneaux en semaine uniquement, 4 sollicitations maximum par 30 jours), s'appliquent depuis le 1er mars 2023 et survivront à la réforme pour les appels restant autorisés.

Un appel le dimanche ou une cinquième sollicitation dans le mois est donc déjà illégal aujourd'hui, sans attendre le 11 août.

Si vous signez d'ici là, vos droits ne changent pas

Un contrat conclu par téléphone relève de la vente à distance : vous disposez de 14 jours pour vous rétracter, sans motif ni frais. Modèles de lettres, envoi en recommandé avec accusé de réception et cas particuliers du calcul du délai : tout est détaillé dans la section sur vos recours, plus haut dans ce dossier.

📅 Ce qui s'est passé

  1. Juin 2016

    Lancement de Bloctel

    Le service public d'opposition au démarchage téléphonique ouvre : les consommateurs y inscrivent leur numéro pour ne plus être appelés. Une logique d'opposition : c'est à vous de dire non.

  2. 26 juillet 2020

    Rénovation énergétique : interdiction totale

    La loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 interdit tout démarchage téléphonique dans la rénovation énergétique, avec la nullité du contrat parmi les sanctions.

  3. 19 décembre 2022

    CPF : démarchage interdit

    La loi n° 2022-1587 interdit toute prospection commerciale liée au compte personnel de formation : téléphone, SMS, e-mail et réseaux sociaux.

  4. 1er mars 2023

    Horaires encadrés, fréquence plafonnée

    Le décret n° 2022-1313 impose les créneaux lundi-vendredi 10 h-13 h et 14 h-20 h et limite à 4 sollicitations par période de 30 jours par un même professionnel.

  5. 30 juin 2025

    La loi n° 2025-594 est promulguée

    Son article 13 renverse le principe : le démarchage téléphonique sera interdit sans consentement préalable, tous secteurs confondus. Le silence vaudra refus.

  6. 11 août 2026

    Entrée en vigueur et fermeture de Bloctel

    Le consentement préalable devient obligatoire, à la charge de l'entreprise. Bloctel, devenu sans objet, ferme le même jour.

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Questions fréquentes

Les questions que soulève ce sujet.

Bloctel sert-il encore à quelque chose ?
Oui, jusqu'à sa fermeture le 11 août 2026 : l'inscription de votre numéro reste opposable aux professionnels d'ici là. Après cette date, le service disparaît parce que sa logique s'inverse. Vous n'aurez plus à dire non par avance : ce sera aux entreprises d'obtenir votre consentement avant de vous appeler, et le silence vaudra refus. Inutile donc de renouveler une inscription qui arrive à échéance cet été. Concentrez-vous plutôt sur les nouveaux réflexes : raccrocher face aux appels non sollicités et signaler les abus.
Comment annuler un contrat souscrit par téléphone ?
Tant que vous êtes dans les 14 jours suivant la signature, la question ne se pose même pas : rétractez-vous par courrier recommandé, sans avoir à vous justifier — le démarchage téléphonique relève de la vente à distance. Passé ce délai, tout dépend de la légalité de l'appel d'origine : s'il n'aurait jamais dû avoir lieu (pas de consentement, secteur interdit), le contrat qui en est issu est nul. Vous avez alors 5 ans, à compter du moment où vous découvrez l'irrégularité, pour en exiger l'annulation et le remboursement intégral — y compris du crédit souscrit pour financer l'achat.
Mon opérateur ou ma banque peut-il encore m'appeler ?
Oui, c'est l'exception du client existant. Une entreprise dont vous êtes déjà client peut vous proposer des offres en rapport avec votre contrat en cours : services complémentaires, amélioration de votre formule. Elle ne peut pas en profiter pour vous vendre quelque chose sans rapport avec ce contrat. Ces appels restent encadrés : lundi-vendredi, 10 h-13 h et 14 h-20 h, et 4 sollicitations maximum par période de 30 jours. Surtout, vous pouvez vous opposer à ces appels à tout moment, y compris pendant l'appel : cette exception ne repose pas sur votre consentement, mais votre droit d'opposition à la prospection commerciale (article 21 du RGPD) oblige l'entreprise à cesser de vous appeler dès que vous le demandez.
Les sondages et les associations caritatives peuvent-ils toujours appeler ?
Oui. L'interdiction vise la prospection commerciale : un institut de sondage qui vous interroge sans rien vendre, ou une association caritative qui ne vous propose aucune vente, restent hors du champ de la loi. Méfiez-vous en revanche des faux sondages : si le questionnaire débouche sur une offre commerciale — un devis, un rendez-vous, une promotion —, il s'agit de démarchage déguisé, donc interdit. Dans ce cas, raccrochez et signalez l'appel comme n'importe quel démarchage illégal, sur SignalConso ou en transférant les SMS au 33700.
Que risque une entreprise qui continue à démarcher ?
Une amende administrative prononcée par la DGCCRF, après procédure contradictoire : jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, sur le fondement de l'article L242-16 du Code de la consommation. Ce n'est pas tout : les contrats conclus à la suite d'appels illégaux sont nuls, ce qui oblige l'entreprise à restituer les sommes encaissées. Pour un professionnel, l'appel à froid devient doublement perdant : sanction publique d'un côté, chiffre d'affaires annulable de l'autre.
Les arnaques téléphoniques vont-elles enfin cesser ?
Non. La loi sanctionne des entreprises identifiables, joignables et solvables — tout ce que ne sont pas les officines qui appellent depuis l'étranger derrière des numéros usurpés. Ce qu'elle change, c'est votre travail de tri : puisque plus aucune entreprise sérieuse n'a le droit de vous appeler sans votre accord, vous n'avez plus à vous demander si un appel commercial inattendu est légitime. Il ne l'est pas. Raccrochez, ne communiquez ni coordonnées bancaires ni code reçu par SMS, et transférez les messages douteux au 33700.
Faut-il répondre aux numéros masqués ou inconnus ?
Rien ne vous y oblige. Un interlocuteur légitime laisse un message, vous écrit ou vous recontacte par un canal identifiable. Si vous décrochez malgré tout, appliquez les règles de base : ne confirmez jamais vos coordonnées bancaires, ne lisez jamais un code reçu par SMS, ne rappelez pas un numéro dicté pendant l'appel. En cas de doute sur un appel prétendument émis par votre banque ou un service public, raccrochez et composez vous-même le numéro officiel figurant sur vos documents. Transférez les SMS et appels indésirables au 33700.
J'ai accepté d'être appelé il y a des années : cet accord vaut-il encore après le 11 août 2026 ?
Rarement. Pour être valable après le 11 août 2026, un consentement doit satisfaire les critères stricts de la loi de 2025 — et un « oui » vague donné il y a des années, une case pré-cochée ou une clause glissée dans des conditions générales n'y suffisent pas. C'est à l'entreprise de prouver qu'elle détient, au moment où elle compose votre numéro, un accord conforme : un accord ancien qui ne l'est pas ne la protège pas. Et dans tous les cas, vous pouvez le révoquer à tout moment, y compris en cours d'appel.
La rénovation énergétique et le CPF étaient déjà interdits de démarchage ?
Oui, et la réforme du 11 août 2026 ne change rien pour eux : dans ces secteurs, l'interdiction est déjà totale et le restera, consentement ou non. C'est même ce qui les rend simples à gérer : rénovation énergétique, compte personnel de formation, adaptation du logement au vieillissement ou au handicap sont les trois domaines où vous n'avez rien à vérifier — ni l'offre, ni la société, ni un éventuel accord de votre part. L'appel y est illégal par nature et son auteur presque toujours un fraudeur : raccrochez et signalez-le.
Où signaler un démarchage abusif ?
Trois canaux selon la situation. Pour dénoncer les pratiques d'une entreprise identifiable, déposez un signalement sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF : ces signalements déclenchent des contrôles. Pour les SMS et appels indésirables, transférez-les au 33700, le dispositif national de signalement des spams téléphoniques. Enfin, si vos données personnelles sont utilisées sans votre accord, adressez d'abord une demande d'effacement RGPD à l'entreprise ; si elle ne répond pas ou refuse, déposez plainte auprès de la CNIL. Conservez dans tous les cas les preuves : dates des appels, numéros, documents reçus.

Pour aller plus loin

Sources et références

  • Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13Interdiction du démarchage téléphonique sans consentement préalable
  • Articles L223-1 à L223-7 du Code de la consommationRégime applicable au 11 août 2026
  • Décret n° 2022-1313 du 13 octobre 2022Horaires et fréquence des appels autorisés
  • Loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020Interdiction du démarchage en rénovation énergétique
  • Loi n° 2022-1587 du 19 décembre 2022Interdiction du démarchage relatif au compte personnel de formation
  • Article L242-16 du Code de la consommationSanctions administratives (jusqu'à 375 000 € pour une personne morale)

Ce dossier a une vocation d'information générale et ne constitue pas une consultation juridique. Les règles évoluent : vérifiez la date de mise à jour et, pour un enjeu important, consultez un professionnel.

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