Le relevé de carrière récapitule l'ensemble des trimestres acquis et des salaires reportés tout au long de votre vie professionnelle. C'est lui qui servira de base au calcul de votre future pension. Une erreur — trimestre non validé, salaire absent, employeur manquant — peut donc réduire durablement vos droits. La bonne nouvelle : vous disposez d'un véritable droit à la régularisation, et la démarche est gratuite.
Pourquoi vérifier et contester son relevé de carrière
Les anomalies sont fréquentes, surtout pour les carrières mobiles ou anciennes : changement d'employeur, périodes d'apprentissage, intérim, petits boulots, périodes de chômage ou de maladie mal reportées, années à l'étranger. Le report des données dépend des déclarations transmises par les employeurs et les organismes ; une déclaration oubliée, une entreprise disparue ou une erreur de saisie peut faire chuter le nombre de trimestres validés ou le montant des salaires pris en compte.
Comme le calcul de la retraite repose sur les 25 meilleures années de salaire (régime général) et sur le nombre total de trimestres, chaque oubli compte. Mieux vaut signaler une anomalie le plus tôt possible, sans attendre la liquidation de la pension.
Le cadre légal de la régularisation
Le droit à l'information retraite est organisé par les articles L161-17 et suivants du Code de la sécurité sociale : chaque assuré peut accéder à son relevé de situation individuelle et demander la rectification des données inexactes ou incomplètes. La prise en compte des périodes d'activité et des cotisations relève des articles R351-1 et suivants du même code. Pour le régime général, c'est l'Assurance retraite, via les Carsat (Cnav en Île-de-France), qui instruit la régularisation.
Depuis le 1er juillet 2021, la correction est ouverte à tout âge, alors qu'elle était auparavant réservée aux assurés de 55 ans et plus. Le service en ligne « Corriger ma carrière » sur info-retraite.fr permet de signaler directement une anomalie à vos régimes.
Comment procéder, étape par étape
1. Rassembler les justificatifs
- Bulletins de salaire de la période concernée (les plus probants)
- Contrats et certificats de travail, attestations d'employeur
- Attestations France Travail pour les périodes de chômage indemnisé
- Avis de paiement d'indemnités journalières pour les arrêts maladie
- Livret militaire, justificatifs de stage ou d'apprentissage le cas échéant
2. Signaler l'anomalie
- En ligne depuis votre compte sur info-retraite.fr, rubrique « Corriger ma carrière » (téléversement des pièces) ;
- ou par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à votre Carsat (Cnav en Île-de-France), accompagné des copies de vos justificatifs.
3. Suivre le traitement
La caisse vérifie vos pièces et peut consulter ses propres archives de déclarations employeurs (DADS, DSN). Le délai de correction varie de quelques semaines à plusieurs mois selon la complexité du dossier. Un relevé rectifié vous est ensuite communiqué.
Erreurs fréquentes à éviter
- Attendre le départ en retraite pour vérifier son relevé : les preuves sont alors plus difficiles à réunir.
- Envoyer les originaux : transmettez toujours des copies et conservez vos documents.
- Oublier d'indiquer précisément la période et l'employeur concernés, ce qui ralentit l'instruction.
- Confondre régime général et fonction publique : les périodes de fonctionnaire se corrigent auprès de l'employeur public ou du Service des retraites de l'État, non de la Carsat.
- Négliger l'accusé de réception, indispensable pour fixer la date de votre demande.
Que faire en cas de refus
Si la caisse refuse la régularisation ou ne répond pas, vous pouvez saisir la Commission de recours amiable (CRA) de votre caisse, par lettre recommandée, dans un délai de deux mois à compter de la décision. En cas de rejet de la CRA ou d'absence de réponse sous deux mois, le litige peut être porté devant le pôle social du tribunal judiciaire, là encore dans un délai de deux mois. Conservez l'ensemble de vos justificatifs et accusés de réception, qui constitueront la preuve de votre bonne foi et de vos droits.