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Opposition à mariage adressée au procureur

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Signalez au procureur de la République un projet de mariage forcé ou de complaisance et demandez une opposition ou un sursis à la célébration.

Objet :
Contester une décision
Mode d'envoi conseillé :
Recommandé avec accusé de réception — seule preuve d'une date de réception opposable
Personnalisation :
15 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF

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Comprendre l'opposition à mariage

L'opposition à mariage est une procédure qui permet d'empêcher, au moins temporairement, la célébration d'une union. Prévue par les articles 172 et suivants du Code civil, elle vise les situations dans lesquelles le mariage projeté serait entaché d'un vice grave : absence de consentement réel de l'un des futurs époux — le mariage dit « de complaisance » ou « blanc », visé par l'article 146 du Code civil — ou consentement extorqué par la contrainte ou la violence, y compris morale, ce qui caractérise le mariage forcé, visé par l'article 180. Écrire au procureur de la République permet d'alerter l'autorité judiciaire avant que l'union ne soit prononcée.

Cette démarche émane le plus souvent d'un proche — un parent, un ascendant, un membre de la famille — qui constate des pressions exercées sur l'un des futurs époux, ou de toute personne témoin d'indices sérieux laissant présumer un mariage arrangé à d'autres fins que la vie commune. Il faut agir dès que le projet est connu : les délais d'intervention sont brefs et, une fois la cérémonie célébrée, l'union ne peut plus être remise en cause que par une action en nullité, procédure bien plus longue et incertaine.

Signalement au procureur ou opposition formelle : ne pas confondre

Deux voies coexistent, qu'il importe de ne pas confondre :

  • Le signalement au procureur : ouvert à toute personne, il consiste à informer le ministère public des faits, à charge pour lui d'apprécier la suite. C'est l'objet du présent modèle de lettre.
  • L'opposition formelle : elle ne peut être formée que par des personnes limitativement désignées — la personne déjà mariée à l'un des futurs époux (article 172), les père et mère puis les autres ascendants (article 173), à défaut certains collatéraux dans des cas restreints (article 174), et le ministère public lui-même (article 175-1).
  • La forme de l'acte : lorsqu'elle émane d'un particulier, l'opposition doit être établie par un commissaire de justice (anciennement huissier) et signifiée à l'officier de l'état civil, avec l'indication de la qualité de l'opposant, les motifs et une élection de domicile (article 176). Elle bloque juridiquement la célébration.

En pratique, la personne qui n'a pas la qualité pour former une opposition, ou qui souhaite qu'une enquête soit diligentée, a tout intérêt à saisir le procureur : celui-ci dispose de pouvoirs propres pour former opposition ou suspendre la cérémonie.

Délais, effets et suites de la démarche

Saisi sur le fondement de l'article 175-2 du Code civil, le procureur dispose de quinze jours pour laisser procéder au mariage, former lui-même opposition, ou décider qu'il sera sursis à la célébration dans l'attente d'une enquête. Le sursis ne peut en principe excéder un mois, renouvelable une fois par décision spécialement motivée. Il faut donc écrire le plus tôt possible et rappeler clairement la date prévue de la cérémonie ainsi que la commune de célébration.

Une opposition régulièrement formée suspend la célébration : l'officier de l'état civil ne peut passer outre. Les futurs époux ne restent pas sans recours : ils peuvent saisir le tribunal judiciaire d'une demande en mainlevée, sur laquelle le juge statue en principe dans les dix jours (article 177). Si l'opposition est jugée mal fondée, le mariage peut alors être célébré.

Quelques précautions s'imposent avant d'écrire :

  • ne rapporter que des faits précis, datés et vérifiables, et joindre les pièces utiles ;
  • distinguer nettement ce que l'on a personnellement constaté de ce que l'on rapporte par ouï-dire ;
  • garder à l'esprit qu'un signalement mensonger, fait dans le but de nuire, peut constituer une dénonciation calomnieuse (article 226-10 du Code pénal) ;
  • indiquer une adresse et des coordonnées permettant au parquet de recontacter l'auteur pour compléter son enquête.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Votre code postal et ville]

[Destinataire]
[Adresse du tribunal]
[Code postal et ville du tribunal]

[Ville de rédaction], le [Date]

Objet : Signalement d'un projet de mariage suspect et demande d'opposition (articles 175-1 et 175-2 du Code civil)

Madame, Monsieur,

En ma qualité de [Votre qualité / lien avec les futurs époux], je me permets de porter à votre connaissance un projet de mariage qui me paraît présenter des indices sérieux de contrainte ou d'absence de consentement libre. Cette union doit être célébrée entre [Premier futur époux (nom et prénom)] et [Second futur époux (nom et prénom)], la cérémonie étant prévue le [Date prévue de la célébration] à la mairie de [Commune où le mariage doit être célébré].

Les éléments qui motivent mon inquiétude sont les suivants : [Motifs sérieux d'inquiétude]. Ces circonstances me conduisent à redouter que le consentement de l'un des futurs époux ne soit pas réel et libre, au sens des articles 146 et 180 du Code civil, qui exigent un consentement effectif et exempt de toute violence, y compris morale.

À l'appui de ce signalement, je porte à votre connaissance les faits précis suivants : [Faits précis à l'appui]. Je me tiens à votre entière disposition pour être entendu(e) et pour vous communiquer tout élément complémentaire de nature à éclairer votre appréciation.

Compte tenu de l'imminence de la célébration, je vous prie de bien vouloir faire usage des pouvoirs que la loi confère au ministère public : former opposition à ce mariage, conformément à l'article 175-1 du Code civil qui vous y autorise dans les cas où la nullité de l'union pourrait être demandée, ou décider qu'il sera sursis à sa célébration dans l'attente des résultats d'une enquête, en application de l'article 175-2 du même code.

Je précise que la présente démarche constitue un signalement et une demande d'intervention adressés au ministère public, et non l'acte d'opposition formel qui, lorsqu'il émane d'un particulier habilité, doit être établi par un commissaire de justice et signifié à l'officier de l'état civil. Je m'en remets à votre appréciation quant à la suite qu'il conviendra de lui donner.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
Signature

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Qui peut former opposition à un mariage ?
L'opposition formelle est réservée à des personnes limitativement désignées : la personne déjà mariée à l'un des futurs époux (article 172 du Code civil), les père et mère puis, à défaut, les autres ascendants (article 173), à défaut d'ascendant certains collatéraux dans des cas restreints (article 174), et le ministère public (article 175-1). Un tiers sans lien ne peut pas former d'opposition, mais toute personne peut signaler les faits au procureur de la République.
Quelle différence entre un signalement au procureur et une opposition formelle ?
L'opposition formelle est un acte établi par un commissaire de justice (anciennement huissier) et signifié à l'officier de l'état civil ; elle énonce la qualité de l'opposant ainsi que les motifs et le texte de loi invoqués (article 176 du Code civil), et empêche la célébration : l'officier de l'état civil ne peut passer outre tant qu'il n'a pas reçu mainlevée. Le signalement, lui, est un simple courrier adressé au procureur pour l'inviter à agir. C'est alors le procureur qui décide de former lui-même opposition (article 175-1) ou d'ordonner un sursis (article 175-2).
Dans quel délai le procureur doit-il répondre ?
Lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article 175-2 du Code civil, le procureur dispose de quinze jours pour laisser procéder au mariage, former opposition ou décider qu'il sera sursis à la célébration. Le sursis ne peut en principe excéder un mois, renouvelable une fois par décision spécialement motivée. Il faut donc écrire le plus tôt possible avant la date prévue.
Comment lever une opposition à mariage ?
Les futurs époux ne restent pas sans recours : ils peuvent saisir le tribunal judiciaire d'une demande en mainlevée, sur laquelle le juge statue en principe dans les dix jours (article 177 du Code civil). Si l'opposition est jugée mal fondée, elle est levée et le mariage peut être célébré.
Que risque-t-on en cas de signalement abusif ?
Un signalement mensonger, effectué dans le but de nuire, peut constituer une dénonciation calomnieuse punie par l'article 226-10 du Code pénal. Par ailleurs, l'auteur d'une opposition rejetée par le juge peut, hormis les ascendants, être condamné à des dommages-intérêts (article 179 du Code civil). Il convient donc de ne rapporter que des faits sérieux, précis et vérifiables.