⚖️ Administratif & Juridique

Demande de grâce présidentielle

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Sollicitez auprès du Président de la République la remise ou la commutation d'une peine, sur le fondement de l'article 17 de la Constitution. Courrier motivé.

Objet :
Adresser une demande
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
16 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
Aller directement au modèle de lettre

Qu'est-ce que la grâce présidentielle ?

La grâce est un pouvoir personnel du chef de l'État, inscrit à l'article 17 de la Constitution et organisé par l'article 133-7 du Code pénal. Elle permet au Président de la République de dispenser un condamné d'exécuter tout ou partie de sa peine, ce que l'on appelle une remise, ou de lui substituer une peine moins lourde, ce que l'on appelle une commutation. Héritée de l'ancien droit de grâce, elle constitue aujourd'hui une mesure de clémence individuelle, distincte de l'amnistie, qui relève du législateur, et de la réhabilitation, qui obéit à ses propres règles de délai et de procédure.

Un point essentiel doit être compris avant d'écrire : la grâce ne fait pas disparaître la condamnation. Elle en suspend seulement l'exécution. La décision demeure inscrite au casier judiciaire, continue à compter en cas de récidive et conserve ses peines complémentaires. Elle ne vaut donc ni acquittement, ni effacement, ni reconnaissance d'innocence.

Quand et pourquoi former un recours en grâce ?

Un recours en grâce se justifie lorsque l'exécution de la peine se heurte à une situation particulièrement grave ou digne d'intérêt que la procédure pénale ordinaire ne permet plus de prendre en compte. On l'envisage notamment dans les cas suivants :

  • un état de santé très dégradé, difficilement compatible avec la détention ou l'exécution de la peine ;
  • une situation familiale ou sociale dramatique (personne à charge, isolement, décès d'un proche) ;
  • un parcours de réinsertion avéré rendant l'exécution du reliquat de peine disproportionnée ;
  • des circonstances humanitaires exceptionnelles survenues après la condamnation.

La grâce n'est pas une voie de recours : elle ne sert pas à contester la culpabilité ou à faire rejuger l'affaire. Pour cela, seuls l'appel, le pourvoi en cassation ou le réexamen sont ouverts. Le courrier doit donc mettre en avant des motifs de clémence, et non des arguments de contestation de la décision.

Comment rédiger et adresser votre demande

La demande prend la forme d'une lettre motivée adressée au Président de la République. Elle est instruite par le ministère de la Justice, plus précisément par la Direction des affaires criminelles et des grâces. Vous pouvez l'envoyer à la présidence de la République ou directement au ministère de la Justice. Pour être examinée sérieusement, la requête doit être claire, sincère et documentée.

Veillez en particulier à :

  • identifier précisément la condamnation : juridiction, date, nature de la peine et référence du dossier ;
  • exposer votre situation actuelle et les motifs concrets qui fondent la demande ;
  • préciser la mesure sollicitée, qu'il s'agisse d'une remise totale, d'une remise partielle ou d'une commutation ;
  • joindre les justificatifs utiles : copie de la décision, certificats médicaux, attestations, preuves de réinsertion.

Enfin, gardez à l'esprit que la grâce est rare et totalement discrétionnaire : le Président n'est jamais tenu d'y faire droit, ni de motiver un refus, et aucun délai ne lui est imposé pour répondre. L'introduction d'un recours ne suspend pas l'exécution de la peine. Un envoi en recommandé avec accusé de réception, accompagné d'un dossier complet et honnête, reste la meilleure façon de donner du poids à votre démarche.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Votre code postal et ville]

[Destinataire]
[Adresse du destinataire]
[Code postal et ville du destinataire]

[Ville de rédaction], le [Date de la lettre]

Objet : Recours en grâce présidentielle (article 17 de la Constitution) — référence [Référence du dossier ou de l'affaire]

Madame, Monsieur,

Par la présente, j'ai l'honneur de solliciter la grâce du Président de la République, sur le fondement de l'article 17 de la Constitution et de l'article 133-7 du Code pénal, afin d'obtenir [Mesure sollicitée].

J'ai été condamné(e) par [Juridiction ayant prononcé la condamnation], par décision du [Date de la condamnation], à [Nature de la peine prononcée]. À ce jour, [État d'exécution de la peine].

Je me permets de porter à votre connaissance ma situation actuelle : [Votre situation actuelle (familiale, professionnelle, de santé)]

Les motifs qui fondent ma demande sont les suivants : [Motifs de la demande de grâce] Je mesure pleinement la portée de la décision de justice prononcée à mon encontre et je ne cherche ni à contester ma culpabilité ni à remettre en cause le bien-fondé de ma condamnation.

Je sais que la grâce présidentielle constitue une mesure exceptionnelle et discrétionnaire, laissée à l'appréciation du chef de l'État, et qu'elle dispense d'exécuter tout ou partie de la peine sans effacer la condamnation, qui demeure inscrite. C'est en toute connaissance de cette portée que je forme le présent recours, que je vous prie de bien vouloir transmettre à Monsieur le Président de la République par l'intermédiaire des services compétents du ministère de la Justice.

Je me tiens à votre entière disposition pour fournir toute pièce justificative complémentaire de nature à éclairer l'examen de ma requête.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
Signature

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

⭐ Avis des utilisateurs

Aucun avis pour le moment. Soyez le premier à donner votre avis sur ce modèle.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Qu'est-ce que la grâce présidentielle ?
La grâce présidentielle est une mesure de clémence individuelle prise par le Président de la République, prévue par l'article 17 de la Constitution et précisée par l'article 133-7 du Code pénal. Elle permet de dispenser un condamné d'exécuter tout ou partie de sa peine (remise) ou de remplacer celle-ci par une peine moins lourde (commutation). C'est une décision exceptionnelle et discrétionnaire, qui n'obéit à aucun barème et que le chef de l'État n'est jamais tenu d'accorder.
La grâce efface-t-elle ma condamnation et mon casier judiciaire ?
Non. Comme le prévoit l'article 133-7 du Code pénal, la grâce dispense seulement d'exécuter la peine, en tout ou partie, mais elle n'efface pas la condamnation, qui subsiste juridiquement. La décision reste inscrite au casier judiciaire et conserve ses effets, notamment au regard de la récidive et des peines complémentaires. Pour effacer une condamnation, il faut recourir à d'autres voies, comme la réhabilitation ou l'amnistie, qui sont distinctes de la grâce.
À qui et comment adresser ma demande de grâce ?
Le recours en grâce s'adresse au Président de la République, mais il est instruit par le ministère de la Justice, plus précisément par la Direction des affaires criminelles et des grâces. En pratique, vous pouvez envoyer votre courrier motivé à la présidence de la République ou directement au ministère de la Justice, qui procède à son examen. Joignez une copie de la décision de condamnation et toute pièce utile (justificatifs médicaux, familiaux, professionnels).
Quelles sont mes chances d'obtenir une grâce ?
La grâce est rare et entièrement discrétionnaire : sur le fondement de l'article 17 de la Constitution, le Président n'a aucune obligation d'y faire droit ni même de motiver un refus. Aucune condition légale de recevabilité ni de délai n'est fixée, mais une demande solidement motivée et appuyée de justificatifs met toutes les chances de votre côté. L'introduction d'un recours ne suspend pas l'exécution de la peine.
Puis-je demander la grâce pour un proche condamné ?
Oui. La demande peut être formée par le condamné lui-même, mais aussi par un proche (conjoint, parent, enfant) ou par son avocat. Dans ce cas, adaptez le courrier pour indiquer votre lien avec la personne condamnée et exposez précisément sa situation. Vérifiez l'exactitude des faits mentionnés (juridiction, date, nature de la peine) afin d'appuyer efficacement la requête.