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Demande de permis blanc (aménagement de suspension)

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Demander l'aménagement d'une suspension de permis pour continuer à conduire dans un cadre professionnel (article 708 du Code de procédure pénale).

Objet :
Adresser une demande
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
16 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
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Qu'est-ce que le « permis blanc » et à quoi sert-il ?

Le « permis blanc » désigne l'aménagement d'une mesure de suspension du permis de conduire qui autorise son titulaire à continuer de conduire pour les seuls besoins de son activité professionnelle. Lorsqu'une suspension est prononcée, elle prive en principe l'intéressé de tout droit de conduire pendant toute sa durée. Or, pour de nombreux salariés et travailleurs indépendants, la conduite est indissociable de l'emploi : commerciaux, chauffeurs-livreurs, artisans, aides à domicile, ambulanciers, chauffeurs de taxi ou de VTC, ou encore personnes travaillant en horaires décalés. L'article 708 du Code de procédure pénale permet de solliciter un tel aménagement, en autorisant la suspension ou le fractionnement de l'exécution d'une peine pour un motif grave d'ordre médical, familial, professionnel ou social. L'objectif est de préserver l'activité professionnelle et, avec elle, la principale source de revenus du foyer.

Attention : le permis blanc est une mesure exclusivement judiciaire. Seul un juge peut l'accorder. Depuis la loi du 9 décembre 2004, il n'existe plus pour les suspensions purement administratives décidées par le préfet à la suite d'un contrôle routier. Cette demande ne constitue par ailleurs jamais un droit automatique : elle relève de l'appréciation de l'autorité judiciaire. Il vous appartient de démontrer, pièces à l'appui, que l'usage d'un véhicule est réellement indispensable à l'exercice de votre métier et qu'aucune autre solution de déplacement n'est raisonnablement envisageable.

Dans quels cas la demande est-elle recevable ?

L'aménagement de la suspension reste exclu pour les infractions les plus graves, c'est-à-dire celles pour lesquelles la loi ou le règlement prévoit que la suspension ne peut pas être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle. Avant de rédiger votre courrier, vérifiez que votre situation n'entre pas dans un cas d'exclusion :

  • la conduite sous l'empire d'un état alcoolique ou en état d'ivresse manifeste ;
  • la conduite après usage de stupéfiants ;
  • le refus de se soumettre aux vérifications d'alcoolémie ou de dépistage de stupéfiants ;
  • le grand excès de vitesse, c'est-à-dire un dépassement de 50 km/h ou plus de la vitesse autorisée ;
  • le délit de fuite, l'homicide ou les blessures involontaires et la mise en danger de la vie d'autrui.

À l'inverse, une suspension consécutive à une infraction ne figurant pas parmi ces cas peut ouvrir la voie à une demande d'aménagement. Plus votre dépendance professionnelle au véhicule est établie et documentée, plus votre requête a de chances d'être examinée favorablement. Restez factuel : reconnaître l'infraction commise tout en démontrant l'enjeu pour votre emploi renforce la crédibilité de votre dossier.

À qui écrire, dans quels délais et avec quels justificatifs ?

Parce que le permis blanc relève du juge, votre demande doit être présentée à l'autorité judiciaire et non à la préfecture. Concrètement, vous pouvez la formuler devant le tribunal au moment de l'audience, ou l'adresser au procureur de la République ou au juge de l'application des peines une fois la peine prononcée. L'assistance d'un avocat est vivement conseillée : il pourra présenter votre demande directement au magistrat et en défendre le bien-fondé. Si votre suspension est purement administrative (décidée par le préfet), sachez que le permis blanc n'est plus possible ; seul le juge, s'il est saisi de l'infraction, pourra éventuellement aménager la sanction.

Agissez sans attendre : dès la notification de la décision, chaque jour compte pour éviter une interruption d'activité. Joignez à votre lettre les pièces qui prouvent la nécessité professionnelle de conduire :

  • votre contrat de travail ou un extrait Kbis pour les indépendants ;
  • une attestation de l'employeur précisant que le poste impose la conduite ;
  • tout justificatif d'itinéraire, d'horaires décalés ou d'absence de transports en commun adaptés.

Évitez deux erreurs fréquentes : minimiser l'infraction commise, ce qui dessert votre crédibilité, et rester vague sur vos besoins réels. En cas de refus, vous pouvez faire valoir votre situation lors de l'audience ou exercer les voies de recours ouvertes contre la décision. Conservez toujours une copie de votre courrier et, si vous l'envoyez par voie postale, privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception afin de disposer d'une preuve datée de votre démarche.

[Nom et prénom]
[Adresse]
[Code postal et ville]

[Autorité destinataire]
[Adresse du destinataire]
[Code postal et ville du destinataire]

[Ville], le [Date de la lettre]

Objet : Demande d'aménagement de la suspension de mon permis de conduire à des fins professionnelles (référence [Référence de la décision de suspension])

Madame, Monsieur,

Par une décision de justice en date du [Date de la décision de suspension], portant la référence [Référence de la décision de suspension], une suspension de mon permis de conduire a été prononcée à mon encontre. Cette mesure concerne mon permis de conduire n° [Numéro de votre permis de conduire] et m'interdit de conduire pendant toute sa durée.

J'exerce la profession de [Votre profession] au sein de l'entreprise [Nom de votre employeur ou de votre entreprise]. L'usage d'un véhicule constitue une condition indispensable à l'exercice de mon activité professionnelle. [Précisez pourquoi la conduite est indispensable à votre activité]

La suspension de mon droit de conduire compromet directement le maintien de mon emploi et de mes revenus. C'est pourquoi je sollicite, sur le fondement de l'article 708 du Code de procédure pénale, un aménagement de cette mesure me permettant de continuer à conduire pour les seuls besoins de mon activité professionnelle.

Je précise que l'infraction à l'origine de cette suspension ([Nature de l'infraction à l'origine de la suspension]) n'entre pas dans les cas pour lesquels un tel aménagement est exclu, celui-ci demeurant notamment écarté en matière de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et de grand excès de vitesse.

Afin d'appuyer ma demande, je joins à ce courrier les pièces justificatives suivantes : [Liste des pièces justificatives jointes]. Je me tiens à votre disposition pour tout complément d'information ou tout entretien que vous jugeriez utile.

Dans l'attente de votre décision, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Nom et prénom]
Signature

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Le « permis blanc » existe-t-il encore aujourd'hui ?
Oui, mais uniquement sous la forme d'un aménagement judiciaire de la suspension, prévu par l'article 708 du Code de procédure pénale. Il permet de continuer à conduire pour des motifs strictement professionnels malgré une suspension prononcée par un tribunal. Il n'est jamais accordé automatiquement et reste exclu pour les infractions les plus graves. En revanche, pour une suspension purement administrative décidée par le préfet, le permis blanc n'existe plus depuis la loi du 9 décembre 2004.
Dois-je adresser ma demande au juge ou à la préfecture ?
Au juge. Seule l'autorité judiciaire peut accorder un permis blanc : le préfet n'en a pas le pouvoir. Présentez donc votre demande devant le tribunal lors de l'audience, ou adressez-la au procureur de la République ou au juge de l'application des peines une fois la peine prononcée, idéalement avec l'assistance d'un avocat. Si votre suspension est purement administrative, aucun aménagement pour raisons professionnelles ne peut être obtenu auprès de la préfecture.
Dans quels cas l'aménagement est-il impossible ?
L'aménagement est écarté pour les infractions dont la loi prévoit que la suspension ne peut être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle : conduite sous l'empire d'un état alcoolique, conduite après usage de stupéfiants, refus de se soumettre aux vérifications, grand excès de vitesse (dépassement de 50 km/h ou plus de la vitesse autorisée), délit de fuite, homicide ou blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui.
Quels justificatifs faut-il joindre à la demande ?
Joignez tout document prouvant que la conduite est indispensable à votre activité : contrat de travail ou extrait Kbis pour les indépendants, attestation de l'employeur précisant que le poste impose la conduite, justificatifs d'horaires ou d'itinéraires, et preuve de l'absence de transports en commun adaptés. Plus votre dossier est complet et documenté, plus votre demande sera crédible.
Sous quel délai faut-il agir ?
Le plus tôt possible après la notification de la décision, car la suspension prend effet rapidement et chaque jour d'interdiction pèse sur votre emploi. Lorsque c'est possible, formulez votre demande avant l'audience ou dès le prononcé de la peine. Conservez une copie de votre courrier et, en cas d'envoi postal, privilégiez le recommandé avec accusé de réception afin de garder une preuve datée de votre démarche.