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Rupture de la période d'essai par l'employeur

Modèle de lettre pour notifier au salarié la rupture de sa période d'essai par l'employeur, avec délai de prévenance conforme à l'article L1221-25.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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Rompre une période d'essai à l'initiative de l'employeur : ce que dit la loi

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les aptitudes du salarié et au salarié d'apprécier si le poste lui convient. Pendant cette phase, chacune des parties peut rompre le contrat de travail librement, sans avoir à respecter la procédure de licenciement. La rupture par l'employeur obéit néanmoins à un formalisme et à un délai de prévenance qu'il est essentiel de connaître pour sécuriser la décision.

Le cadre légal applicable

La rupture de la période d'essai est encadrée par les articles L1221-19 à L1221-26 du Code du travail. Le principe est celui de la liberté de rupture : l'employeur n'a pas à justifier d'un motif ni à respecter le formalisme du licenciement (entretien préalable, énoncé des griefs). En contrepartie, il doit prévenir le salarié dans un certain délai, dit délai de prévenance, fixé par l'article L1221-25.

Le délai de prévenance, point de vigilance majeur

Le délai que l'employeur doit respecter avant le départ effectif du salarié varie selon le temps de présence dans l'entreprise :

  • Moins de 8 jours de présence : 24 heures ;
  • Entre 8 jours et 1 mois : 48 heures ;
  • Entre 1 mois et 3 mois : 2 semaines ;
  • Après 3 mois de présence : 1 mois.

Ce délai ne s'applique qu'aux périodes d'essai d'au moins une semaine. Pour un contrat à durée déterminée dont l'essai est inférieur à sept jours, aucun délai de prévenance n'est exigé. Point essentiel : le délai de prévenance ne prolonge jamais la période d'essai. Le contrat doit donc être rompu suffisamment tôt pour que le délai s'achève au plus tard à la date de fin de l'essai.

La forme de la notification

Aucune forme n'est imposée par la loi, mais l'écrit est vivement recommandé. La lettre recommandée avec accusé de réception, ou la remise en main propre contre décharge, permet de dater précisément le point de départ du délai de prévenance et de constituer une preuve en cas de litige. La notification doit être claire, mentionner la rupture de la période d'essai et la date de fin du contrat. La convention collective ou le contrat de travail peut prévoir des modalités plus protectrices : il convient toujours de les vérifier.

Les pièces à remettre au salarié

À la fin du contrat, l'employeur doit remettre les documents de fin de contrat :

  • le certificat de travail ;
  • l'attestation destinée à France Travail (ex-Pôle emploi) ;
  • le reçu pour solde de tout compte et le dernier bulletin de paie.

Les erreurs à éviter

  • Oublier ou sous-estimer le délai de prévenance : son non-respect ouvre droit, sauf faute grave du salarié, à une indemnité compensatrice égale aux salaires qu'il aurait perçus jusqu'au terme du délai.
  • Prolonger l'essai pour faire tenir le préavis : c'est interdit ; à défaut, l'employeur verse l'indemnité compensatrice correspondante.
  • Invoquer un motif abusif ou discriminatoire : une rupture fondée sur l'état de santé, la grossesse, les origines ou des considérations étrangères aux compétences peut être jugée abusive et donner lieu à des dommages et intérêts.
  • Rompre l'essai d'une salariée enceinte ou d'un salarié protégé sans précaution : des protections spécifiques s'appliquent et nécessitent parfois une autorisation préalable.

Les recours du salarié

Le salarié qui estime la rupture abusive ou discriminatoire peut saisir le conseil de prud'hommes. S'il obtient gain de cause, l'employeur peut être condamné à verser des dommages et intérêts, en plus de l'éventuelle indemnité compensatrice de prévenance. En cas de difficulté, il est prudent de se rapprocher d'un avocat en droit du travail, d'un conseiller France Travail ou de l'inspection du travail afin d'évaluer la situation au regard des faits précis du dossier.

[Nom de l'entreprise ou de l'employeur]
[Adresse de l'employeur]

[Nom et prénom du salarié]
[Adresse du salarié]

Lettre recommandée avec accusé de réception

À [Ville de rédaction], le [Date de la lettre]

Objet : notification de rupture de votre période d'essai

Madame, Monsieur,

Vous avez été engagé(e) au sein de notre entreprise à compter du [Date de début du contrat] en qualité de [Poste occupé par le salarié], votre contrat de travail prévoyant une période d'essai.

Par la présente, nous vous informons de notre décision de mettre fin à votre contrat de travail avant le terme de cette période d'essai, conformément aux dispositions de l'article L1221-25 du Code du travail. Cette décision relève de la libre appréciation de la période d'essai et n'a pas le caractère d'un licenciement.

Compte tenu de votre durée de présence dans l'entreprise ([Durée de présence du salarié]), nous respectons à votre égard un délai de prévenance de [Délai de prévenance applicable]. En conséquence, votre contrat de travail prendra définitivement fin le [Date de fin effective du contrat].

Vous restez tenu(e) d'exécuter votre travail dans les conditions habituelles jusqu'à cette date. Votre solde de tout compte, votre certificat de travail, votre dernier bulletin de paie ainsi que l'attestation destinée à France Travail vous seront remis à l'issue de votre contrat.

Nous vous remercions de la collaboration que vous nous avez apportée durant cette période et vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.

[Nom et fonction du signataire]
[Nom de l'entreprise ou de l'employeur]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

L'employeur doit-il justifier un motif pour rompre la période d'essai ?
Non. La rupture de la période d'essai n'a pas à être motivée, contrairement à un licenciement. L'employeur n'est tenu ni d'invoquer ni de prouver un motif. Toutefois, la rupture ne doit pas reposer sur un motif abusif ou discriminatoire (origine, état de santé, grossesse, opinions, etc.) ni étranger à l'appréciation des compétences professionnelles : à défaut, elle pourrait être jugée abusive par le conseil de prud'hommes et donner lieu à des dommages et intérêts.
Quel délai de prévenance l'employeur doit-il respecter ?
Selon l'article L1221-25 du Code du travail, le délai dépend du temps de présence du salarié : 24 heures pour moins de 8 jours de présence, 48 heures entre 8 jours et 1 mois, 2 semaines entre 1 et 3 mois, et 1 mois au-delà de 3 mois. Ce délai de prévenance ne s'applique qu'aux périodes d'essai d'au moins une semaine.
La période d'essai peut-elle être prolongée pour couvrir le délai de prévenance ?
Non. Le délai de prévenance ne prolonge pas la période d'essai : le contrat doit prendre fin au plus tard au terme de l'essai. Si le délai de prévenance ne peut être intégralement effectué avant cette échéance, l'employeur doit verser une indemnité compensatrice correspondant à la fraction de préavis non exécutée.
Quelles sont les conséquences du non-respect du délai de prévenance ?
Si l'employeur ne respecte pas le délai de prévenance, le salarié a droit, sauf faute grave de sa part, à une indemnité compensatrice égale au montant des salaires et avantages qu'il aurait perçus s'il avait travaillé jusqu'au terme du délai. Cette indemnité ne remet pas en cause la validité de la rupture elle-même.