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Salaires : la fin du secret se prépare, la fourchette bientôt obligatoire dans les offres

Une directive européenne va imposer d'afficher une fourchette de salaire dans les offres d'emploi et interdire aux employeurs de réclamer l'ancien salaire des candidats. En France, la transposition est en cours : le projet de loi a été transmis au Conseil d'État en juin 2026, pour une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2028. Ces règles ne s'appliquent donc pas encore, mais le cadre est déjà fixé et mérite d'être anticipé.

Ce qui se prépare

La directive européenne 2023/970 du 10 mai 2023 sur la transparence des rémunérations va transformer la façon dont les salaires sont affichés et discutés. Les États membres doivent la transposer dans leur droit national au plus tard le 7 juin 2026. Concrètement, elle impose aux employeurs d'indiquer la rémunération ou une fourchette de rémunération dès l'offre d'emploi, ou au plus tard avant le premier entretien. Le salaire ne pourrait donc plus rester secret jusqu'à la toute fin de la négociation.

La directive va plus loin. Elle interdit à l'employeur de demander au candidat son historique de rémunération, une pratique courante qui tire souvent les salaires vers le bas. Elle crée aussi un droit à l'information pour les salariés déjà en poste et renforce les obligations des grandes entreprises sur l'écart de rémunération entre femmes et hommes. L'objectif affiché : rééquilibrer le rapport de force lors de l'embauche et rendre visibles les écarts injustifiés.

Attention : ce n'est pas encore en vigueur en France

Point essentiel : en France, ces obligations ne s'imposent pas encore aux employeurs. La transposition est en cours. Le projet de loi a été transmis au Conseil d'État en juin 2026, avec un vote visé fin 2026 et une entrée en vigueur envisagée seulement au 1er janvier 2028. Le cadre est donc fixé, mais il faut le lire comme un changement qui arrive, et non comme une règle déjà applicable aujourd'hui.

Qui est concerné

  • Les candidats à l'embauche, qui pourront connaître la fourchette de salaire avant de postuler ou de passer un entretien.
  • Les salariés en poste, qui auront le droit de connaître les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, pour un travail équivalent au leur.
  • Les employeurs, tenus de revoir leurs offres d'emploi et leurs pratiques de recrutement.
  • Les grandes entreprises, soumises à une obligation de reporting sur l'écart de rémunération femmes-hommes, à partir de 100 puis 150 salariés selon les seuils prévus.

Ce que vous devez faire

  • Aujourd'hui : ne comptez pas encore sur ces droits. Un employeur français n'est pas tenu d'afficher une fourchette, ni interdit de demander votre ancien salaire, tant que la loi n'est pas entrée en vigueur.
  • Dès maintenant : vous pouvez néanmoins demander poliment la fourchette de rémunération avant un entretien. Rien ne l'interdit, et de plus en plus d'entreprises jouent déjà le jeu de leur plein gré.
  • Employeurs : anticipez dès 2026-2027 la révision de vos annonces et de vos grilles salariales pour être prêts à l'échéance envisagée du 1er janvier 2028.
  • Tous : suivez le calendrier législatif. Le vote attendu fin 2026 précisera les seuils et les modalités exacts qui s'appliqueront en France.

À retenir

La transparence salariale est appelée à devenir la règle en Europe, mais par étapes. La directive de mai 2023 prévoit la fourchette dans les offres, interdit de réclamer l'ancien salaire et ouvre un droit à l'information sur les rémunérations moyennes : autant de leviers contre les écarts injustifiés, notamment entre femmes et hommes. En France, ces mesures ne s'appliqueront pas avant une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2028, à l'issue d'un vote visé fin 2026. Le bon réflexe dès aujourd'hui : connaître ces droits futurs pour mieux négocier demain.

Questions fréquentes

La fourchette de salaire est-elle déjà obligatoire dans les offres d'emploi en France ?
Non, pas encore. La directive européenne 2023/970 le prévoit, mais la France est en pleine transposition : le projet de loi a été transmis au Conseil d'État en juin 2026, pour une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2028. Aucun employeur français n'y est donc contraint aujourd'hui.
Un employeur peut-il encore me demander mon salaire actuel ?
Pour l'instant, oui : rien ne l'interdit en droit français tant que la loi de transposition n'est pas entrée en vigueur. La directive prévoit d'interdire cette question, mais cette interdiction ne s'appliquera qu'après le vote attendu fin 2026 et une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2028.
Quelles entreprises devront publier leur écart de salaire femmes-hommes ?
La directive prévoit une obligation de reporting sur l'écart de rémunération femmes-hommes pour les grandes entreprises, à partir de 100 puis 150 salariés selon les seuils. Les modalités précises pour la France seront fixées par la loi de transposition, dont le vote est visé fin 2026.
À partir de quand ces nouvelles règles s'appliqueront-elles ?
Le calendrier français vise un vote fin 2026 et une entrée en vigueur envisagée au 1er janvier 2028. D'ici là, les obligations de la directive ne s'imposent pas encore aux employeurs français, mais il est utile de les anticiper dès maintenant.