À quoi sert l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH)
L'AEEH est une prestation familiale destinée à aider financièrement les parents qui assument l'éducation et les soins d'un enfant en situation de handicap. Elle compense une partie des frais supplémentaires liés au handicap : suivis médicaux et paramédicaux, transports, matériel adapté, ou encore la réduction d'activité professionnelle d'un parent. Versée sans condition de ressources, elle se compose d'une allocation de base et, selon la gravité du handicap, d'un complément. Cette aide est régie par les articles L. 541-1 et R. 541-1 à R. 541-10 du code de la sécurité sociale.
Le cadre légal et les conditions d'attribution
Pour ouvrir droit à l'AEEH, l'enfant doit avoir moins de 20 ans et être à la charge effective et permanente du demandeur. Le critère central est le taux d'incapacité, apprécié par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) :
- un taux d'incapacité d'au moins 80 % ouvre droit à l'allocation ;
- un taux compris entre 50 % et 79 % y donne également droit si l'enfant fréquente un établissement ou service médico-social, ou bénéficie de soins ou d'une rééducation à domicile.
L'enfant ne doit pas être placé en internat avec prise en charge intégrale des frais par l'assurance maladie, l'État ou l'aide sociale, sauf pour les périodes de retour au foyer. Au 1er avril 2026, le montant mensuel de l'allocation de base s'élève à 151,80 €, revalorisé chaque année.
Les compléments d'AEEH
Six catégories de compléments existent, attribuées selon le coût du handicap, le recours à une tierce personne et la réduction ou la cessation d'activité d'un parent. Leur montant est croissant de la 1re à la 6e catégorie. La CDAPH détermine la catégorie au regard des justificatifs fournis : il est donc essentiel de documenter précisément les dépenses et l'accompagnement nécessaire.
La procédure de demande
La demande se dépose auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du lieu de résidence de l'enfant. Le dossier repose sur deux documents indispensables :
- le formulaire unique Cerfa n° 15692*01, qui sert à toutes les demandes adressées à la MDPH (première demande, renouvellement, révision) ;
- le certificat médical Cerfa n° 15695*01, rempli par le médecin et daté de moins de six mois.
Après instruction, la CDAPH statue sur le taux d'incapacité et sur l'attribution de l'AEEH et de son éventuel complément. La décision est ensuite transmise à l'organisme payeur — la caisse d'allocations familiales (CAF) ou la mutualité sociale agricole (MSA) — qui procède au versement mensuel. Le délai d'instruction d'un dossier complet est généralement de quatre à six mois.
Les pièces utiles à joindre
- certificat médical Cerfa n° 15695*01 et comptes rendus médicaux récents ;
- justificatifs des soins, de la prise en charge en établissement ou à domicile ;
- justificatifs des dépenses liées au handicap (factures, devis) ;
- en cas de réduction d'activité d'un parent, justificatifs de l'emploi et des revenus ;
- livret de famille ou pièce d'identité, justificatif de domicile.
AEEH ou PCH : bien comprendre l'articulation
L'AEEH de base se cumule avec la prestation de compensation du handicap (PCH). En revanche, le complément d'AEEH et la PCH ne sont pas cumulables : la famille doit opter pour l'un ou l'autre. Il reste toutefois possible de cumuler un complément d'AEEH avec le 3e élément de la PCH (aménagements du logement, du véhicule ou surcoûts de transport). Ce choix mérite une simulation comparative, car selon les besoins de l'enfant l'une ou l'autre solution peut être plus avantageuse. La MDPH éclaire les familles sur cette option.
Les erreurs fréquentes à éviter
- déposer un certificat médical trop ancien ou incomplet, qui ralentit l'instruction ;
- négliger de décrire concrètement les conséquences du handicap au quotidien dans le volet « projet de vie » ;
- sous-estimer les justificatifs de dépenses, alors qu'ils conditionnent la catégorie de complément ;
- oublier de demander la révision des droits en cas d'aggravation de l'état de l'enfant.
Les voies de recours
En cas de désaccord avec la décision de la CDAPH, vous pouvez d'abord former un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH, dans un délai de deux mois suivant la notification. Si la réponse ne vous satisfait pas, un recours peut être porté devant le pôle social du tribunal judiciaire. Pensez à conserver une copie de l'ensemble de votre dossier et des courriers échangés afin d'appuyer votre démarche.