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Demande de délai de paiement à un huissier (commissaire de justice)

Modèle de lettre pour demander un délai de paiement ou un échéancier à un commissaire de justice (huissier) chargé du recouvrement d'une dette.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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À quoi sert une demande de délai de paiement à un huissier ?

Lorsqu'une dette impayée est transmise à un commissaire de justice (la profession a fusionné les anciens métiers d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire depuis le 1er juillet 2022), celui-ci est mandaté pour en obtenir le règlement. Si vous ne pouvez pas tout payer immédiatement, cette lettre vous permet de proposer un échéancier amiable : un paiement étalé sur plusieurs mensualités, adapté à vos capacités réelles. Elle démontre votre bonne foi, peut limiter l'aggravation des frais et, surtout, éviter le passage aux mesures d'exécution forcée comme la saisie sur compte ou sur salaire.

Recouvrement amiable ou forcé : deux situations très différentes

Tout dépend de l'existence d'un titre exécutoire (jugement, ordonnance d'injonction de payer revêtue de la formule exécutoire, acte notarié). Sans titre, le commissaire de justice ne fait que du recouvrement amiable : il ne peut ni saisir vos biens, ni prélever votre compte. La négociation est alors purement contractuelle et repose sur l'accord du créancier.

Avec un titre exécutoire, le commissaire peut engager des mesures d'exécution : saisie-attribution sur le compte bancaire, saisie des rémunérations, saisie-vente de biens mobiliers. Dans ce cas, obtenir un délai amiable est encore plus précieux, car il permet d'éviter ces procédures et leurs frais.

Le cadre légal du délai de grâce

Si l'accord amiable échoue, la loi protège le débiteur de bonne foi. L'article 1343-5 du Code civil autorise le juge à reporter ou échelonner le paiement d'une dette « dans la limite de deux années », compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier. Le juge peut aussi décider que les sommes correspondant aux échéances reportées porteront intérêt à un taux réduit, voire que les paiements s'imputeront d'abord sur le capital.

  • Le juge compétent est le juge de l'exécution (JEX), au sein du tribunal judiciaire du lieu de votre domicile.
  • La saisine se fait par requête ou par assignation ; pour les litiges courants, l'avocat n'est pas obligatoire.
  • La décision accordant un délai de grâce suspend les procédures d'exécution engagées et arrête les majorations d'intérêts pendant le délai accordé.

La procédure pas à pas

  1. Identifiez précisément le dossier : relevez la référence de recouvrement, le nom du créancier et le montant exact réclamé (principal, intérêts, frais) sur le courrier du commissaire de justice.
  2. Calculez une mensualité réaliste en fonction de votre « reste à vivre » : mieux vaut une proposition modeste mais tenue qu'un engagement intenable.
  3. Envoyez votre lettre en recommandé avec accusé de réception afin de conserver une preuve datée de votre démarche.
  4. Joignez vos justificatifs de ressources et de charges (voir ci-dessous).
  5. En cas de refus ou de silence, saisissez le juge de l'exécution pour solliciter un délai de grâce.

Les pièces à joindre

  • Vos trois derniers bulletins de salaire, ou une attestation France Travail (ex-Pôle emploi), ou un justificatif de pension ou d'allocations.
  • Votre dernier avis d'imposition.
  • Vos principales charges : quittance de loyer, échéances de crédit en cours, factures d'énergie.
  • Tout document attestant la cause de vos difficultés (rupture de contrat, arrêt maladie, séparation, etc.).

Les erreurs à éviter

  • Ignorer les courriers : le silence accélère le passage à la saisie et aggrave les frais.
  • Promettre l'impossible : un échéancier non respecté entraîne généralement la déchéance du terme et la reprise immédiate du recouvrement.
  • Payer en espèces sans reçu : exigez toujours une quittance ou privilégiez le virement traçable.
  • Confondre le commissaire et le créancier : le délai amiable suppose l'accord du créancier, que le commissaire représente.

Vos recours en cas de blocage

Si votre situation est durablement compromise et que vos dettes dépassent vos capacités de remboursement, vous pouvez déposer un dossier de surendettement auprès de la commission de surendettement de la Banque de France. La décision de recevabilité suspend les procédures d'exécution en cours portant sur les dettes du débiteur. Enfin, hors titre exécutoire, les frais du recouvrement amiable restent en principe à la charge du créancier qui en a fait la demande (article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution) : si l'on vous réclame de tels frais, vous pouvez en demander le détail et les contester.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Un huissier est-il obligé d'accepter mon échéancier ?
Non. Le commissaire de justice n'a aucune obligation légale d'accepter un délai de paiement amiable : il agit pour le compte du créancier et doit obtenir son accord. Une proposition réaliste, accompagnée de justificatifs, augmente nettement vos chances. En cas de refus, vous pouvez saisir le juge de l'exécution pour obtenir un délai de grâce.
Quel est le délai maximum que je peux obtenir ?
En amiable, la durée se négocie librement avec le commissaire de justice et le créancier. Devant le juge de l'exécution, l'article 1343-5 du Code civil permet de reporter ou d'échelonner le paiement de la dette dans la limite de deux ans, compte tenu de votre situation et en considération des besoins du créancier.
Cette démarche est-elle gratuite ?
Envoyer votre lettre est gratuit, hors frais de recommandé (environ 5 à 8 euros). En revanche, lorsque la dette repose sur un titre exécutoire, les frais d'exécution déjà engagés restent dus. La saisine du juge de l'exécution est gratuite et l'avocat n'est pas obligatoire pour les demandes les plus courantes.
Que se passe-t-il si je ne réponds pas à l'huissier ?
En présence d'un titre exécutoire, l'absence de réponse expose à la poursuite du recouvrement forcé : saisie-attribution sur compte bancaire, saisie des rémunérations ou saisie-vente de biens mobiliers, après signification de l'acte. Mieux vaut toujours répondre rapidement et proposer un arrangement, même modeste, pour éviter ces mesures et les frais supplémentaires.