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Demande de report d'échéances de crédit

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, sous la direction de Gaëtan Rebut, fondateur et éditeur, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

En bref

Modèle de lettre pour demander à votre banque le report ou la suspension de vos mensualités de crédit en cas de difficultés financières passagères.

Objet :
Adresser une demande
Mode d'envoi conseillé :
Courrier simple, ou recommandé si vous souhaitez une preuve de réception
Personnalisation :
17 champs à compléter en ligne, aperçu en temps réel
Coût et format :
Gratuit, sans inscription — impression, Word et PDF
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Reporter ses échéances de crédit : ce que dit la loi

Face à une perte d'emploi, un arrêt maladie, un divorce ou une baisse de revenus, le report d'échéances permet de suspendre temporairement le remboursement d'un crédit (immobilier ou à la consommation) sans tomber dans l'impayé. Attention : il ne s'agit pas d'un droit garanti par la loi, mais d'une faculté contractuelle. Tout repose sur la clause de modulation ou de report figurant dans votre offre de prêt. À défaut de clause, la banque reste libre d'accepter ou de refuser, et seul le juge peut alors vous imposer un délai.

Les deux formes de report contractuel

Lorsque votre contrat le prévoit, la banque distingue généralement deux mécanismes, dont les conséquences financières diffèrent nettement :

  • Le report partiel : seul le remboursement du capital est suspendu. Vous continuez à régler les intérêts ainsi que la cotisation d'assurance emprunteur. C'est l'option la moins coûteuse.
  • Le report total : la mensualité entière est suspendue. Les intérêts non versés viennent toutefois s'ajouter au capital restant dû (capitalisation), ce qui renchérit sensiblement le crédit. L'assurance reste le plus souvent due.

Dans les deux cas, le report allonge la durée du prêt et augmente son coût total. La plupart des contrats encadrent strictement cette faculté : ancienneté minimale du prêt (souvent deux ans), nombre limité de reports sur la vie du crédit, durée maximale de suspension (en général 3 à 12 mois).

Le délai de grâce judiciaire : l'article 1343-5 du Code civil

Si votre contrat ne comporte aucune clause de modulation, ou si la banque refuse votre demande amiable, vous pouvez saisir le juge. L'article 1343-5 du Code civil autorise le juge, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, à reporter ou échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux ans. Ce texte offre plusieurs protections :

  • Le juge peut décider, par décision spéciale et motivée, que les sommes reportées porteront intérêt à un taux réduit, ou que les paiements s'imputeront d'abord sur le capital.
  • La décision suspend les procédures d'exécution engagées par le créancier (saisie, commandement de payer).
  • Les majorations d'intérêts et pénalités de retard cessent d'être encourues pendant le délai fixé.

La demande se forme devant le juge des contentieux de la protection (tribunal judiciaire) ou, si une procédure est déjà engagée, devant le juge saisi. À noter : ce dispositif ne s'applique pas aux dettes d'aliments (pension alimentaire).

L'alternative du surendettement

Si vos difficultés sont durables et touchent plusieurs crédits, la voie la plus protectrice reste le dépôt d'un dossier de surendettement auprès de la commission de la Banque de France. Sa recevabilité suspend les voies d'exécution et peut déboucher sur un rééchelonnement, voire un effacement partiel des dettes.

Les pièces à joindre à votre demande

  • La copie de votre offre de prêt et de votre tableau d'amortissement
  • Vos justificatifs de difficultés : attestation France Travail, arrêt de travail, jugement de divorce, bulletins de salaire en baisse
  • Vos relevés bancaires et un budget détaillé (charges et ressources)
  • Une éventuelle proposition de reprise du remboursement (date envisagée)

Erreurs fréquentes à éviter

  • Cesser de payer sans accord préalable : un simple arrêt des prélèvements, même de bonne foi, génère immédiatement des pénalités, un fichage au FICP et, à terme, la déchéance du terme (exigibilité totale du crédit).
  • Confondre report et annulation : les sommes reportées restent dues ; le report ne fait que décaler l'échéancier.
  • Négliger l'assurance emprunteur : si votre difficulté relève d'un risque couvert (incapacité, perte d'emploi), activez d'abord la garantie de votre contrat d'assurance, souvent plus avantageuse qu'un report.
  • Demander oralement : formalisez toujours la demande par lettre recommandée avec accusé de réception, afin de dater votre démarche et de conserver une preuve.

Et après l'envoi ?

La banque dispose d'un délai raisonnable pour répondre. En cas d'accord, elle vous adresse un avenant au contrat précisant la durée du report, le nouveau tableau d'amortissement et le coût supplémentaire : lisez-le attentivement avant de le signer. En cas de silence ou de refus, conservez votre courrier et envisagez la saisine du juge ou le dépôt d'un dossier de surendettement.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal] [Ville]
[Téléphone]
[Adresse e-mail]

[Nom de la banque ou de l'organisme de crédit]
Service prêts / Recouvrement amiable
[Adresse de la banque]

[Lieu de rédaction], le [Date de la lettre]

Objet : demande de report d'échéances du crédit n° [Numéro du contrat de crédit]
Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Je suis titulaire auprès de votre établissement du contrat de crédit référencé sous le numéro [Numéro du contrat de crédit], d'un montant initial de [Montant initial du crédit], dont l'échéance mensuelle s'élève actuellement à [Montant de la mensualité actuelle].

En raison de [Motif de vos difficultés financières], je traverse une période de difficultés financières qui m'empêche temporairement d'honorer mes mensualités dans les conditions prévues au contrat. Cette situation est passagère et je tiens à éviter tout incident de paiement.

C'est pourquoi je sollicite, sur le fondement de la clause de modulation prévue à mon offre de prêt, le report de mes échéances pour une durée de [Durée du report souhaitée], à compter du [Date de début souhaitée du report]. Je vous remercie de bien vouloir m'indiquer s'il s'agit d'un report partiel (suspension du remboursement du capital, les intérêts restant dus) ou d'un report total, ainsi que l'incidence de cet aménagement sur la durée résiduelle et le coût total de mon crédit.

Je m'engage à reprendre le remboursement normal de mes mensualités dès l'expiration de ce délai. Vous trouverez ci-joint les justificatifs attestant de ma situation, afin de vous permettre d'apprécier ma demande.

Dans l'attente de votre réponse, que j'espère favorable, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Vos nom et prénom]
[Signature]

L'aperçu se met à jour en temps réel — les champs à compléter apparaissent [entre crochets]

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

Le report d'échéances est-il un droit que la banque doit accepter ?
Non. Le report (ou pause) des mensualités n'est pas un droit automatique : il repose sur la clause de modulation ou de report prévue à votre offre de prêt. La banque examine votre demande au cas par cas et peut la refuser, notamment si le contrat ne contient pas une telle clause ou si les conditions d'ancienneté du prêt ne sont pas remplies.
Quelle est la différence entre un report partiel et un report total ?
Lors d'un report partiel, seul le remboursement du capital est suspendu ; vous continuez à payer les intérêts et l'assurance emprunteur. Lors d'un report total, l'ensemble de la mensualité est suspendu, mais les intérêts non payés s'ajoutent au capital restant dû et sont capitalisés. Dans les deux cas, le report allonge la durée du crédit et en augmente le coût total.
Que faire si la banque refuse ma demande de report ?
Si la banque refuse, vous pouvez saisir le juge pour obtenir un délai de grâce sur le fondement de l'article 1343-5 du Code civil. Le juge peut, en tenant compte de votre situation, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux ans, et suspendre les procédures d'exécution engagées par le créancier.
Le report d'échéances me fait-il payer des pénalités de retard ?
Non, dès lors qu'il est accordé : un report consenti par la banque ou un délai accordé par le juge ne constitue pas un impayé. Dans le cadre d'un délai de grâce judiciaire (article 1343-5 du Code civil), les majorations d'intérêts et les pénalités de retard cessent d'être encourues pendant le délai fixé par le juge. En revanche, cesser de payer sans accord préalable entraîne, lui, des pénalités et un fichage.