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Démission de la fonction publique

Modèle de lettre de démission de la fonction publique : demande écrite à adresser à votre administration, conforme au Code général de la fonction publique.

Rédigé et vérifié par la rédaction d'Exemple de lettre, d'après les textes officiels (Légifrance, Service-Public).Notre méthode & nos sources →

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À quoi sert une lettre de démission de la fonction publique

Un fonctionnaire titulaire qui souhaite quitter définitivement son administration ne peut pas se contenter d'un simple préavis comme dans le secteur privé. La démission constitue un acte juridique formel par lequel l'agent manifeste sa volonté non équivoque de cesser ses fonctions. Cet acte doit obligatoirement prendre la forme d'une demande écrite adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination. La lettre sert de point de départ à une procédure encadrée, dont l'issue dépend entièrement de l'accord de l'employeur public.

Le cadre légal exact

La démission est régie par le Code général de la fonction publique (CGFP), entré en vigueur le 1ᵉʳ mars 2022, qui a codifié les anciennes lois statutaires.

  • Article L550-1 du CGFP : la démission régulièrement acceptée figure parmi les causes de cessation définitive des fonctions entraînant la radiation des cadres et la perte de la qualité de fonctionnaire.
  • Article L551-1 du CGFP : la démission ne peut résulter que d'une demande écrite marquant la volonté non équivoque de l'agent de cesser ses fonctions. Elle n'a d'effet qu'après acceptation par l'autorité compétente, prend effet à la date fixée par celle-ci et, une fois acceptée, devient irrévocable. Ce même article prévoit, pour la fonction publique territoriale, que la décision doit intervenir dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande.
  • Article L551-2 du CGFP : si l'autorité compétente refuse d'accepter la démission, l'agent peut saisir la commission administrative paritaire, qui émet un avis motivé. Cet article encadre également les sanctions et retenues encourues par l'agent qui cesserait ses fonctions avant la date fixée par l'administration.
  • Article 58 du décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 (fonction publique de l'État) : l'administration dispose d'un délai impératif de quatre mois pour se prononcer.

Le principe de continuité du service public justifie l'obligation faite à l'agent de ne pas abandonner unilatéralement son poste tant que l'administration ne l'y a pas autorisé.

Des délais de réponse variables selon le versant

  • Fonction publique de l'État : délai impératif de quatre mois (article 58 du décret n° 85-986). Le Conseil d'État (arrêt du 27 avril 2011, n° 335370) a jugé que ce délai présente un caractère impératif : passé ce terme sans réponse expresse, l'administration est dessaisie de l'offre de démission et doit être regardée comme l'ayant refusée, décision que l'agent peut contester devant le juge.
  • Fonction publique territoriale : la décision doit intervenir dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande (article L551-1 du CGFP).
  • Fonction publique hospitalière : un délai d'un mois s'applique également à compter de la réception de la demande.

Dans tous les cas, le silence de l'administration ne vaut jamais acceptation tacite.

La procédure pas à pas

  • Étape 1 : rédiger une demande écrite exprimant clairement et sans ambiguïté la volonté de démissionner. Une formulation hésitante ou conditionnelle peut être jugée irrégulière.
  • Étape 2 : adresser la lettre à l'autorité investie du pouvoir de nomination (ministre, directeur d'administration, maire, président de conseil départemental ou régional, directeur d'établissement hospitalier), de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception pour faire courir le délai.
  • Étape 3 : attendre la décision expresse d'acceptation ou de refus dans le délai légal. L'agent continue d'exercer ses fonctions pendant ce temps.
  • Étape 4 : en cas d'acceptation, la démission prend effet à la date fixée par l'administration, qui peut différer de la date souhaitée par l'agent. La radiation des cadres est ensuite prononcée.

Les pièces et mentions utiles

  • Identité complète de l'agent, grade, fonction et matricule.
  • Désignation précise de l'administration ou de la collectivité employeur.
  • Mention explicite de la volonté de démissionner et date d'effet souhaitée.
  • Le motif de la démission n'est pas obligatoire : l'agent peut l'indiquer ou non.

Les erreurs à éviter

  • Quitter son poste avant l'acceptation : un abandon de poste expose à une radiation pour abandon de poste, sans les garanties de la procédure disciplinaire, et à la perte des droits.
  • Croire que le silence vaut acceptation : tant qu'aucune décision expresse n'est notifiée dans le délai, la démission n'est pas acquise.
  • Penser pouvoir se rétracter après coup : une démission acceptée est irrévocable.
  • Confondre démission et rupture conventionnelle : la démission n'ouvre droit à aucune indemnité de départ, contrairement à la rupture conventionnelle (articles L552-1 à L552-5 du CGFP), qui suppose un accord mutuel et le versement d'une indemnité spécifique.

Les recours possibles

Si l'autorité compétente refuse la démission, l'agent peut saisir la commission administrative paritaire (CAP), qui rend un avis motivé transmis à l'administration, conformément à l'article L551-2 du CGFP. En cas de désaccord persistant, l'agent peut former un recours gracieux auprès de l'autorité, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision de refus. À l'inverse, l'agent doit garder à l'esprit que la démission entraîne, en principe, la perte du bénéfice de l'allocation chômage, sauf cas de démission considérée comme légitime au regard de la réglementation applicable.

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions que vous vous posez à propos de cette lettre.

La démission d'un fonctionnaire est-elle automatique une fois la lettre envoyée ?
Non. La démission ne produit aucun effet tant qu'elle n'est pas acceptée par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Conformément à l'article L551-1 du Code général de la fonction publique, elle prend effet à la date fixée par cette autorité, et non à la date souhaitée par l'agent. L'agent doit continuer à exercer ses fonctions jusqu'à cette date.
Quel est le délai dont dispose l'administration pour répondre ?
Dans la fonction publique de l'État, l'administration dispose d'un délai impératif de quatre mois pour notifier sa décision (article 58 du décret n° 85-986 du 16 septembre 1985). Dans la fonction publique territoriale, ce délai est d'un mois à compter de la réception de la demande (article L551-1 du Code général de la fonction publique) ; un délai équivalent s'applique dans la fonction publique hospitalière. Le silence ne vaut pas acceptation tacite.
Peut-on revenir sur sa démission ?
Avant l'acceptation, l'agent peut retirer sa demande. En revanche, une fois la démission régulièrement acceptée par l'autorité compétente, elle devient irrévocable en application de l'article L551-1 du Code général de la fonction publique. L'agent ne peut plus se rétracter et perd la qualité de fonctionnaire, ce qui entraîne sa radiation des cadres.
Quelle est la différence avec la rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
La démission est une démarche unilatérale de l'agent, sans indemnité de départ. La rupture conventionnelle (articles L552-1 à L552-5 du Code général de la fonction publique) résulte d'un accord commun entre l'agent et l'administration et ouvre droit à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, encadrée par un plancher et un plafond fixés par décret.