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Préavis de location : 1 mois ou 3 mois ? Cas pratiques

Préavis location vide ou meublée : quand demander 1 mois au lieu de 3 ? Zones tendues, motifs légaux, démarches. Tableau récap 2026.

Quitter un logement loué impose de respecter un délai de préavis. C'est un droit du bailleur de connaître la date de départ pour relouer. Mais c'est aussi une contrainte pour le locataire qui doit continuer à payer le loyer pendant ce délai. Combien de temps exactement ? La réponse dépend de plusieurs variables que beaucoup de locataires ignorent au moment de partir.

Le principe : 3 mois en logement vide, 1 mois en meublé

L'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 fixe les durées de préavis pour la location à usage de résidence principale :

  • Logement vide (non meublé) : préavis de 3 mois
  • Logement meublé : préavis de 1 mois

Ces durées sont d'ordre public côté bailleur : il ne peut pas exiger un préavis plus long, même si le bail le prévoit. En revanche, le locataire peut bénéficier de réductions dans des cas définis par la loi.

Les 7 motifs qui réduisent le préavis vide à 1 mois

L'article 15 II prévoit sept situations dans lesquelles le préavis d'un logement vide passe automatiquement de 3 à 1 mois :

  1. Logement situé en zone tendue : 28 agglomérations + 1 149 communes répertoriées par décret (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Annecy, Genève frontalière, etc.). Vérifier le statut de votre commune sur Service-Public.fr
  2. Mutation professionnelle : changement de lieu de travail imposé par l'employeur, ou prise d'un nouveau poste à plus de 70 km de l'ancien
  3. Perte d'emploi : licenciement, fin de CDD, cessation d'activité non salariée (sauf démission volontaire)
  4. Obtention d'un premier emploi : pour un étudiant ou demandeur d'emploi qui débute une activité
  5. Attribution d'un logement social (HLM)
  6. Raison de santé : pour les locataires de plus de 65 ans aux revenus modestes (justifiée par certificat médical et avis d'imposition)
  7. Bénéficiaire du RSA ou de l'AAH

Ces motifs doivent être expressément mentionnés dans la lettre de congé et accompagnés du justificatif. Sans cela, le bailleur peut exiger le préavis de 3 mois.

Le piège classique : le motif oublié

Beaucoup de locataires en zone tendue ne savent pas qu'ils ont droit au préavis réduit. Ils envoient un congé classique de 3 mois et se retrouvent à payer 2 mois de loyer en trop avant de partir.

De même, mentionner le motif après avoir envoyé la lettre de congé n'est pas toujours efficace : la jurisprudence accepte la régularisation a posteriori, mais le bailleur peut contester si le motif n'était pas explicite dès l'origine. Mentionnez TOUJOURS le motif dans la lettre de congé initiale.

Quand le préavis commence-t-il ?

Le délai court à compter de la réception de la lettre de congé par le bailleur (et non de son envoi). Pour le sécuriser :

  • LRAR : la date de réception (ou de première présentation si non retirée) fait foi
  • Acte d'huissier : la date de signification fait foi
  • Remise en main propre contre récépissé : la date inscrite sur le récépissé

Calculez votre date de départ effectif avec notre calculateur de préavis de location qui prend en compte tous les paramètres.

Et pendant le préavis ?

Vous restez locataire à part entière : vous payez le loyer et les charges, vous pouvez vivre dans le logement, et le bailleur peut faire visiter pour relouer (avec votre accord sur les créneaux). Si vous partez avant la fin du préavis, vous restez redevable du loyer jusqu'à la date d'effet, sauf si le bailleur accepte de vous libérer plus tôt ou trouve un nouveau locataire qui prend le relais.

État des lieux et restitution

La fin du préavis ouvre la phase de restitution : état des lieux contradictoire, remise des clés, demande de restitution du dépôt de garantie. Préavis et restitution sont deux moments distincts mais liés : un préavis mal géré peut compromettre la restitution sereine du dépôt.