L'intérim : une candidature qui ne ressemble à aucune autre
Postuler en intérim ne revient pas à postuler dans une entreprise classique. Le travail temporaire repose sur une relation tripartite : vous signez un contrat de mission avec une entreprise de travail temporaire (l'agence), qui vous délègue ensuite auprès d'une entreprise utilisatrice. Votre lettre de motivation s'adresse donc d'abord au chargé de recrutement de l'agence : c'est lui qui décide de vous inscrire dans son fichier, puis de proposer votre profil à ses clients. L'enjeu n'est pas de convaincre pour un poste unique, mais de démontrer que vous êtes un candidat fiable, disponible et facile à déléguer sur des missions variées.
Concrètement, cela change trois choses par rapport à une candidature classique : la lettre doit être courte et factuelle ; elle doit annoncer sans ambiguïté vos disponibilités, votre mobilité géographique et vos contraintes horaires ; et elle doit mentionner vos habilitations (CACES, permis, SST, habilitation électrique), car ce sont souvent elles qui déclenchent une première délégation.
Qui recrute en intérim et pour quels postes ?
Le travail temporaire représente environ 800 000 emplois en équivalent temps plein en France, et près de trois millions de personnes effectuent au moins une mission chaque année. Quelques grands secteurs concentrent l'essentiel des besoins :
- la logistique et le transport : préparateur de commandes, cariste, chauffeur-livreur, agent de quai, manutentionnaire ;
- l'industrie : opérateur de production, agent de conditionnement, soudeur, électricien industriel ;
- le BTP : manœuvre, maçon, coffreur, conducteur d'engins ;
- la grande distribution et le commerce : employé libre-service, hôte de caisse, inventoriste ;
- le tertiaire et la santé : agent administratif, secrétaire, aide-soignant, agent d'entretien.
L'intérim est accessible avec ou sans diplôme et constitue souvent une porte d'entrée vers l'emploi durable : de nombreuses entreprises utilisatrices proposent un CDD ou un CDI aux intérimaires qui ont fait leurs preuves. La mission fonctionne alors comme une période d'essai grandeur nature.
Le contrat de mission : ce que dit la loi
Le contrat de travail temporaire (ou contrat de mission) obéit à des règles précises qu'il est utile de connaître avant de postuler :
- le contrat est obligatoirement écrit et doit vous être transmis au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant votre mise à disposition ;
- la durée maximale d'une mission est en général de 18 mois, renouvellements compris (elle peut atteindre 36 mois dans certains cas particuliers) ;
- la période d'essai est très courte : deux jours ouvrés pour un contrat d'un mois ou moins, trois jours entre un et deux mois, cinq jours au-delà ;
- le principe d'égalité de traitement s'applique : votre rémunération ne peut pas être inférieure à celle qu'un salarié permanent percevrait au même poste, avec un plancher au SMIC, soit environ 1 867 € brut par mois pour 35 heures en 2026 ;
- en fin de mission s'ajoutent l'indemnité de fin de mission (10 % du brut total) et l'indemnité compensatrice de congés payés (10 % également), soit près de 20 % de rémunération supplémentaire ;
- le FASTT (Fonds d'action sociale du travail temporaire) propose aux intérimaires des aides au logement, à la garde d'enfants, à la mobilité (location de véhicule à tarif réduit) et une mutuelle dédiée ;
- le CDI intérimaire existe aussi : il garantit une rémunération minimale entre deux missions, mais supprime l'IFM.
Quand et comment postuler ?
L'intérim recrute toute l'année, mais certaines périodes concentrent les volumes : la logistique et la grande distribution embauchent massivement d'octobre à décembre pour les fêtes, les inventaires se multiplient en janvier, le BTP accélère au printemps et les remplacements de congés d'été se préparent dès mai-juin. Inscrivez-vous dans plusieurs agences, idéalement spécialisées dans votre secteur, et tenez votre profil à jour : une mission se pourvoit parfois en moins d'une heure, et c'est le candidat joignable et disponible qui l'obtient. Les applications mobiles des grandes enseignes du travail temporaire permettent désormais de candidater directement aux missions publiées et de signer ses contrats en ligne.
Structurer sa lettre de motivation pour l'intérim
Une page maximum, quatre paragraphes : une accroche annonçant votre disponibilité immédiate et le type de missions recherchées ; un paragraphe sur votre polyvalence, illustrée par des expériences concrètes dans des environnements différents ; un paragraphe sur votre fiabilité (ponctualité, assiduité, flexibilité horaire) ; une conclusion proposant de finaliser l'inscription en agence. Les erreurs les plus fréquentes à éviter :
- envoyer une lettre générique sans préciser les secteurs ou types de postes visés ;
- omettre vos disponibilités, votre périmètre de mobilité ou vos moyens de locomotion ;
- masquer vos contraintes horaires : l'agence doit pouvoir s'appuyer sur des informations exactes pour vous déléguer ;
- oublier de mentionner CACES, permis et habilitations, premiers critères de tri des chargés de recrutement ;
- négliger l'orthographe, qui reste un signal de sérieux même pour des postes manuels.
Réussir l'entretien d'inscription en agence
L'inscription en agence comprend généralement un entretien de vingt à quarante-cinq minutes, des tests de sécurité ou des questionnaires métier, et la vérification de vos documents. Présentez-vous comme pour un entretien d'embauche classique : tenue correcte, CV imprimé, dossier complet. Attendez-vous à des questions sur les raisons de fin de vos précédentes missions et répondez avec honnêteté, y compris sur vos contraintes. Demandez quels types de missions reviennent le plus souvent dans l'agence et quelles formations courtes (CACES, par exemple) pourraient être financées pour élargir votre employabilité. Enfin, relancez l'agence chaque semaine : les chargés de recrutement délèguent en priorité les candidats qui se manifestent.