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Auto-entrepreneur : créer, plafonds et charges en 2026

Créer sa micro-entreprise en 2026 : démarches, plafonds CA, cotisations URSSAF, fiscalité. Guide pratique du statut auto-entrepreneur.

Plus de 2,5 millions d'auto-entrepreneurs sont enregistrés en France. Le régime, créé en 2009 et plusieurs fois réformé, reste le plus simple pour tester une activité ou se lancer en solo. Voici les règles applicables en 2026, après les ajustements du PLF.

Création : 100 % en ligne, gratuit, sous 24h

Depuis 2023, la création de la micro-entreprise se fait exclusivement via le Guichet Unique des entreprises géré par l'INPI (procedures.inpi.fr). Étapes :

  1. Création d'un compte sur le portail (5 minutes)
  2. Déclaration de début d'activité avec choix de l'activité (code APE), siège, options sociales (ACRE éventuelle)
  3. Pas de capital social, pas de statuts, pas de frais d'immatriculation
  4. Réception du numéro SIRET sous 2 à 4 semaines
  5. Affiliation automatique à l'URSSAF et à l'administration fiscale

L'activité peut démarrer dès l'envoi de la déclaration (sans attendre le SIRET pour facturer les premiers clients, en précisant « SIRET en cours d'attribution »).

Plafonds de chiffre d'affaires 2026

Le régime micro-entreprise s'applique tant que le CA ne dépasse pas (article 50-0 du CGI, montants 2026) :

  • 188 700 € pour les activités de vente de biens et hébergement
  • 77 700 € pour les prestations de services (BIC ou BNC)
  • 15 000 € pour la location meublée touristique non classée (réforme 2024)

En cas de dépassement sur 1 année, le statut est maintenu si le CA reste sous le plafond l'année N+1. Au 2e dépassement consécutif, basculement automatique au régime réel.

Cotisations sociales : taux 2026

L'auto-entrepreneur paie ses cotisations URSSAF en pourcentage du CA encaissé (pas de CA = pas de cotisations) :

  • Vente de biens : 12,3 % (dont 0,1 % CFP)
  • Prestations BIC (commerciales/artisanales) : 21,2 %
  • Prestations BNC (libérales) : 24,6 %
  • Activités libérales réglementées (CIPAV) : 23,2 %

L'ACRE (Aide à la création/reprise d'entreprise) permet une exonération partielle la 1ère année : 50 % de réduction sur 4 trimestres pour les bénéficiaires (demandeurs d'emploi, jeunes, RSA, ZRR…).

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

Tout auto-entrepreneur est soumis à la CFE à partir de la 2ème année d'activité (article 1447 du CGI). Le montant minimum dépend de la commune et du CA :

  • CA < 5 000 € : exonération totale
  • CA 5 001 € à 10 000 € : cotisation minimum (entre 237 € et 565 €)
  • Au-delà : barème croissant selon le CA et la commune

Régime fiscal : impôt sur le revenu ou versement libératoire

Deux options pour l'imposition des revenus :

  • Régime classique : le CA est intégré aux revenus du foyer fiscal après un abattement forfaitaire pour frais (71 % vente, 50 % services BIC, 34 % BNC). Imposition au barème progressif.
  • Versement libératoire (option) : 1 % vente, 1,7 % BIC, 2,2 % BNC du CA, payés mensuellement ou trimestriellement avec les cotisations. Possible si revenu fiscal de référence N-2 < 27 794 € par part. Plus avantageux pour les tranches d'imposition élevées.

TVA : franchise et seuils

L'auto-entrepreneur est en principe en franchise de TVA tant que son CA reste sous :

  • 91 900 € pour les ventes
  • 36 800 € pour les services

Au-delà du seuil de franchise majoré (101 000 € vente / 39 100 € services), la TVA s'applique dès le 1er jour du mois de dépassement. Important : la franchise ne dispense pas de la facturation, juste de la facturation TTC. Indiquer « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur les factures.

Obligations comptables et déclaratives

Les obligations sont allégées par rapport à un régime classique :

  • Livre des recettes tenu chronologiquement (papier ou numérique)
  • Registre des achats pour les activités de vente
  • Conservation des justificatifs pendant 10 ans
  • Déclaration mensuelle ou trimestrielle du CA sur autoentrepreneur.urssaf.fr (paiement des cotisations simultané)
  • Compte bancaire dédié obligatoire si CA dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives

Cumul avec d'autres statuts

L'auto-entreprise est compatible avec :

  • Salariat : tout salarié peut être auto-entrepreneur à côté (sauf clause d'exclusivité au contrat)
  • Demandeur d'emploi (France Travail) : maintien partiel des allocations possible (ARCE ou maintien ARE)
  • Retraité : cumul possible sans plafonnement
  • Étudiant : très flexible, compatible avec les études

Sortie du régime : volontaire ou automatique

Sortie volontaire : déclaration de cessation sur procedures.inpi.fr, prise d'effet immédiate. Aucun frais.

Sortie automatique : dépassement des plafonds CA pendant 2 années consécutives, ou option pour le régime réel volontaire. Basculement vers le régime de droit commun (BIC réel, BNC réel) avec obligations comptables complètes.

L'auto-entrepreneuriat est un excellent statut de test ou de complément, mais il atteint ses limites au-delà de ~60 000 € de CA pour les services (où les charges réelles deviennent supérieures à l'abattement forfaitaire de 50 %).